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L’Éditorial: Principe de réalité
Publié le dimanche 13 juin 2021  |  DNA
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Quand une guerre ne peut pas être gagnée, il faut au moins savoir ne pas la perdre. Et celle livrée au Sahel ne pouvait plus être gagnée, c’est une évidence. Alors, plus de huit ans après l’intervention militaire française au Mali, il était plus que temps de redéfinir les contours d’une opération qui, sans tourner franchement au fiasco, était en train de s’enliser. Toutes proportions gardées, les derniers présidents américains ont fait le même constat en Afghanistan. Le principe de réalité appliqué à la chose militaire.

La France, elle, ne se retire pas totalement de la région. Elle ne peut pas se le permettre. Sauf à laisser le champ libre à la multitude de groupes djihadistes qui ont progressé comme une gangrène aux confins du Mali, du Burkina Faso et du Niger ; sauf à mettre à terme sa propre sécurité et celle de l’Europe en danger. Car malgré la présence de plus de 5 000 soldats français, malgré les coups portés par Barkhane aux différentes organisations terroristes, la situation s’est considérablement dégradée ces dernières années dans cette zone. Le djihadisme est une hydre et couper une tête revient à en faire émerger d’autres.

La constellation islamiste, mouvante et protéiforme, a ainsi réussi à imposer sa loi dans des territoires que les États faillis et prévaricateurs ont abandonnés il y a des décennies de cela. Et contre cette réalité concrète, une présence militaire étrangère ne peut rien. Elle peut même être un facteur aggravant et contribuer à propager l’incendie.

Aujourd’hui, et ce n’était pas forcément le cas il y a encore cinq ans, les troupes françaises doivent faire face à un terrorisme endogène et, dans le rapport de force, ça change absolument tout. D’autant que l’environnement politique a été rendu plus incertain encore par la disparition du président tchadien Idriss Déby et les coups d’État à répétition au Mali qui redessinent de nouveaux (dés) équilibres.

D’où la décision, déjà ancienne, de l’Élysée de revoir totalement sa stratégie. Pour se concentrer sur des opérations ciblées et des missions d’assistance aux pouvoirs en place qui, eux seuls, ont vraiment les cartes en main…
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