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Lamine Seydou Traoré reconduit au ministre des Mines: Panique dans les rangs des pilleurs des ressources minières du Mali !
Publié le samedi 19 juin 2021  |  L’express de Bamako
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© aBamako.com par AS
Le nouveau gouvernement tient son premier conseil de cabinet à la primature
Bamako, le 6 Octobre 2020. Le nouveau gouvernement de la transition a tenu son premier conseil de cabinet à la primature Photot: Ministre des Mines, de l’Energie et l’eau, M. Lamine Seydou Traoré
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Beaucoup avaient naïvement cru que c’était fini pour le ministre des Mines, de l’Énergie et de l’Eau, Lamine Seydou Traoré, surtout après qu’il a réussi à déjouer un complot tramé contre notre pays au plus haut sommet de l’État par une mafia minière, avec malheureusement la complicité des gens tapis au sein de la 1ère Institution même du pays, à savoir la Présidence de la République, et à la Primature. Le retrait forcé du permis d’exploration d’or de Manankoto et le scandale du vocal qui s’en est suivi sont certainement passés par là !

Un petit rappel des faits
Vous-vous rappeler sans doute que l’actualité dans le Mali de tous les paradoxes avait été un moment dominée par ce que des confrères avaient appelé «scandale au sommet de l’État» en rapport avec l’annulation, alors que le pays était sans gouvernement, de l’Arrêté N°2021-1078/MMEE-SG du 24 Mars 2021 du ministre des Mines portant attribution du permis de recherche d’or et des substances minérales du groupe 2 à la Société Little Big Mining «LB-Mining Sarl» à Manankoto, dans le cercle de Keniéba, par l’ex-Premier ministre Moctar Ouane (qui était le seul en fonction), au profit d’une société étrangère, avec en toile de fond plus d’un (1) milliard de FCFA de pots de vin !

Et comme pour ne rien arranger, un vocal de communication téléphonique entre l’ancien Secrétaire général du Gouvernement et le ministre des Mines sortant, Lamine Seydou Traoré était venu alimenter l’ampleur de ce scandale qui a ému tout un peuple. Le permis de recherche d’or de Manankoto, faut-il le rappeler, avait été attribué à la Société Little Big Mining par Lamine Seydou Traoré, alors ministre des Mines, le 24 mars 2021, et ce conformément aux dispositions pertinentes relatives aux procédures d’attribution des titres miniers de l’Ordonnance n°2019-022/P-RM du 27 septembre 2019 portant Code minier en République du Mali.

Mais selon des confrères très aux faits de cette affaire, la société B2Gold, une société minière canadienne, n’ayant pu obtenir le permis en question serait passé par des procédés portant atteinte aux intérêts de l’Etat malien, avec en toile de fond une corruption à grande échelle, pour parvenir à ses fins. Ainsi avait-on rapporté que la Société B2Gold avait introduit auprès de la Cour Suprême une requête en référé administratif de suspension de l’arrêté du ministre portant attribution du permis de recherche d’or à la société bénéficiaire du permis de Manankoto.
Une requête rejetée par la Cour Suprême du Mali, qui a motivé sa décision par le fait que le permis avait été attribué conformément aux dispositions pertinentes relatives aux procédures d’attribution des titres miniers de l’Ordonnance n°2019-022/P-RM du 27 septembre 2019 portant Code minier en République du Mali. En des termes plus clairs, l’Arrêté du Premier ministre d’alors (il était le seul en fonction au moment des fait) annulant l’Arrêté N°2021-1078/MMEE-SG du 24 Mars 2021 du ministre Lamine Seydou Traoré portant attribution du permis de recherche d’or à la Société Little Big Mining «LB-Mining Sarl» à Manankoto, dans le cercle de Kéniéba, viole tous les textes en vigueur et porte atteinte à la plus haute juridiction du Mali, qui en plus, est une institution de la République !
Et pour comprendre l’urgence évoquée par le Premier ministre d’alors pour motiver sa décision, des confrères s’étaient référés aux textes qui fixent un délai de recours de deux mois à une société demanderesse du permis qui ne serait pas d’accord avec la décision du ministre. Un délai qui expirait à partir du lundi 24 mai 2021: il fallait donc tout faire pour gérer l’«affaire» avant cette date, et le Premier ministre sortant, Moctar Ouane, a donné son va-tout pour ce faire. Sans oublier que la société demanderesse qui protestait, dans le cas qui nous concerne, était la société B2Gold, une société canadienne qui venait d’ailleurs de chasser son Directeur pour corruption, et qui venait, malheureusement, de réussir son coup, et cela sous la plume de l’ancien Premier ministre en personne !

Mais avant, le Secrétaire Général du Gouvernement (remplacé avec l’arrivée de Choguel à la Primature), sur la base d’un ordre venant de Koulouba, selon ses explications, et sur instruction du Premier ministre d’alors, Moctar Ouane, avait voulu faire signer la décision d’annulation du permis de Manankoto, comme nous l’enseigne le vocal polémique, par Lamine Seydou Traoré qui, il faut le dire, en l’absence du gouvernement, n’avait aucune qualité pour ce faire ! On entend d’ailleurs ce dernier, dans le vocal en question, protester énergiquement contre cette peau de banane qu’on voulait lui jeter sous les pieds, non pas sans rappeler qu’il était un Républicain et qu’il n’entrait pas dans des jeux tordus !
En réaction, le désormais ancien Secrétaire général du Gouvernement lui rétorquait qu’ils vont trouver une autre formule. Et cette «autre formule», apparemment, n’était autre que de faire signer la décision par le Premier ministre sortant lui-même ! Selon toujours des confrères, il y avait vraiment de quoi, car la Société B2Gold, pour ce faire, n’aurait pas lésiné sur les moyens. Un premier acompte de 500 millions de FCFA aurait ainsi été mis sur la table, et 500 autres millions, selon des confrères, plus la fourniture en carburant de la mine, devraient être versés, une fois la décision signée !
La question qui se pose est: l’ancien Premier ministre, Moctar Ouane et l’ancien Président de la transition, Bah N’Daw sont-ils trempés dans ce scandale de corruption ou sont-ils plutôt victimes collatérales des sangsues tapis dans l’ombre à la Présidence de la République et à la Primature ? Pour sa part, Moctar Ouane s’était défendu en arguant qu’il avait reçu ses ordres du second, c'est-à-dire de celui qui occupait les fonctions de Président de la Transition au moment des faits ! Vrai ou faux ? Bah N’Daw doit impérativement donner sa version des faits, ce d’autant que c’est lui qui avait promis de faire briller l’or du Mali pour les Maliens !

Et revoilà le ministre Lamine Seydou Traoré !
Comme nous l’avons dit, la mafia qui entend faire main-basse sur les ressources minières du Mali, était partie trop vite en besogne lorsqu’à la formation du gouvernement Moctar Ouane II, Lamine Seydou Traoré, avait été mis à la touche ! La suite est connue: réticents à toute idée de lutte contre la corruption et la délinquance financière, Bah N’DaW et Moctar Ouane ont donc été évincés pour rectifier la Transition au profit de la Refondation du Mali. Le Colonel Assimi Goïta prend les rênes du pays, Choguel Kokalla Maïga est nommé Premier ministre, un gouvernement de rupture est formé, au sein duquel se trouvent des hommes et des femmes de vertu, dont Lamine Seydou Traoré, qui signe son come-back au Ministère des Mines !
Depuis, c’est la panique dans les rangs de la mafia qui entend faire main-basse sur les ressources minières de notre pays, avec en tête la Société B2Gold, qui vient d’ailleurs d’organiser une conférence de presse pour se perdre en conjectures, avec des arguties frisant le chantage contre les autorités de l’État souverain du Mali.
En effet, un certain Bill Lytle, qui serait Vice-président international de B2Gold à Vancouver, au Canada, et qui doit reprendre la Direction de B2Gold Mali, après que le Directeur qui officiait a été chassé pour corruption, a tenté le mieux qu’il pouvait de redorer le blason sa société. Aussi argue-t-il que B2Gold, pour ce qui concerne la réattribution du permis d’exploitation du site de Manankoto, «n’a rien payé pour l’annulation dudit permis».
Et comme pour brouiller les pistes, il déclare: «Nous n’avons aucun problème personnel avec le ministre», avant d’affirmer que le dossier du permis de Manankoto est devant la Cour Suprême, quand bien-même il reconnait que la demande de B2Gold de prendre une décision pour suspendre les travaux du nouvel acquéreur n’a pas été entendue par les membres de la Cour Suprême.
Mais il continue de rêver en indiquant: «Nous attendons le verdict sur le fonds». Mais de quel verdict sur le fond parle-t-il, la Cour Suprême du Mali ayant rejeté la requête dont il fait mention, en déclarant que le permis avait été attribué conformément aux dispositions pertinentes relatives aux procédures d’attribution des titres miniers de l’Ordonnance n°2019-022/P-RM du 27 septembre 2019 portant Code minier en République du Mali.
Mais là où Bill Lytle se plante carrément, c’est de croire qu’il pouvait passer le chantage pour faire pression sur les autorités maliennes, lorsqu’il affirme que sa société n’écarte pas la possibilité d’un recours devant les juridictions internationales si elle n’obtenait pas gain de cause ! C’est vraiment le comble de l’insolence: une société étrangère qui vient chez-nous, qui explique clairement se foutre de la décision de la plus haute juridiction du Mali et qui tente de passer le chantage et l’intimidation contre les autorités de l’État souverain du Mali… sous d’autres cieux, il aurait tout simplement été renvoyé chez-lui !
Que dire de plus Bill Lytle, à part qu’il faudra plus que du chantage pour faire fléchir les nouvelles autorités du Mali dans leur volonté d’assainir le secteur minier malien et lutte contre la corruption et la délinquance financière à tous les niveaux. S’il en doute, qu’il aille demander un certain Emmanuel Macron !
Moussa DIARRA

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