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Vers un organe unique ou inique charge des élections : Juste un duel à distance entre le bandit chef et le cow-boy
Publié le dimanche 18 juillet 2021  |  Mali Tribune
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© aBamako.com par AS
Visite du vice-président de la transition, le colonel Assimi Goïta, au ministère de la Sécurité.
Bamako, le 30 Septembre 2020. Le vice-président de la transition, le colonel Assimi Goïta, a rendu visite au personnel du ministère de la Sécurité.
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Apparu en duo, le couple issu du mariage de raison Choguel Maïga/Assimi Goïta a glissé ces derniers vers un duel ayant comme meneur Abdoulaye Maïga MATD et ses ouailles.
En tout cas, le spectacle auquel nous assistons de la part de ceux qui dirigent et de ceux qui veulent diriger demain ne rassure pas. Finalement, les masquent tombent un à un. Derrière chaque masque se cache une figure hélas. Tantôt oui à l’organe unique, tantôt non au gré du changement des acteurs au sommet de l’Etat.

C’est triste de voir le pays continuer sa chute libre sous forme de querelle de chiffonniers. Aucune conviction, aucun idéal à défendre, juste des positions. Certains commencent même à parler « d’anti choguelisme » primaire.

Au lieu d’être des laboratoires d’éclosion d’idées et de production de pensées, la plupart de nos partis se sont réduits à des rôles de thuriféraires à la recherche de petites positions. L’expérience montre que ces strapontins sont éphémères. Mais les candidats ne manquent jamais. Dans cet univers, la mémoire semble trop courte.

Tout n’est pas sombre dans cette transition qui avance avec peine et qui semble connaitre une brusque accélération avec la formation du gouvernement Choguel Maïga 1 suivi d’un brusque arrêt par le ministre de l’Administration territorial et de la Décentralisation (MATD) qui tance son Premier ministre sur fond de soupçon de manipulation de l’atelier de réflexion organisé par le MATD.

Toute chose qui, si elle est avérée, pose de manière crue la cohésion et la solidarité au sein du gouvernement qui, à cette allure, ne constitue pas encore une équipe. En tous les cas, un ministre fut il colonel, dans une République se soumet au Premier ministre ou se démet. Mais comme dans le Malikura tant chanté, toutes les possibilités sont possibles.

En tous les cas, la situation est inquiétante. Nous avons encore en mémoire les conditions calamiteuses d’organisation des concertations nationales et l’adoption de la charte de la transition sur fond de soupçon de tripatouillage des rapports. Sans oublier la cooptation de Bah Ndaw sorti directement du chapeau de son neveu.

Une chose est plausible, ceux qui ont pris le pouvoir ne l’ont pas capté pour le rétrocéder galamment à la classe politique.

Si le colonel ministre Maïga a osé désavouer son Premier ministre, c’est qu’il a quelqu’un de puissant derrière lui dont il porte la parole. Juste un duel à distance entre le bandit chef et le cow-boy.

Retenez simplement qu’en politique, comme en guerre, les grands ne s’affrontent pas directement. Ils envoient les seconds couteaux provoqués espérant une erreur fatale pour asséner le coup fatal.

Pour Bah Ndaw, l’erreur fatale c’était le remaniement sans au préalable assurer ses bases, la puissance de feu entre les mains de son neveu qui lui a juste délégué son pouvoir. Et qui était en embuscade. Guettant le moment propice pour le reprendre. Mais passons, le film continu.

On peut se réjouir que nos ministres transitaires aient effacé de leur langage des propos ayant eu cours les deux mandats écoulés sans que l’on sache à qui attribuer la paternité. « Sur instruction du Président de la Transition ou à son initiative ». En ajoutant souvent le Premier ministre pour ne pas le frustrer.

Franchement, un ministre doit son poste plus à ses compétences à sa valeur intrinsèque, qu’à des qualités de laudateurs ou de thuriféraires. Le cas échéant, il faut désespérer.

Répéter au quotidien dans tous ses discours et propos ne grandit ni celui qui les prononce ni le destinataire. C’est ainsi que se cultive le culte de la personnalité et l’on s’étonnera plus tard d’avoir des autocrates, voire des dictateurs fabriqués par nous-mêmes. De nos jours, ces propos semblent oubliés ou absents des discours officiels. Tant mieux pour la République.

Pardon un lapsus nous a fait dire gouvernement Choguel Maïga 1, c’est gouvernement Choguel Maïga tout court. Il n’est pas question de Choguel 2. Certaines langues pas très gentilles chuchotent même jamais 2 sans 3. Mais si par malheur les colonels de Kati tentent de mettre Choguel Maïga « hors de ses prérogatives », ce sera simplement un Yabé (but contre leur camp).

Franchement, nous nous serons plus d’accord que Choguel Maïga soit déporté à Kati encore moins mis en observation.

Assimi Goïta et ses amis, entendez-vous, nous sommes fatigués des querelles de ménage.

Nos acteurs politiques sont très féconds dans la création des concepts pour se maintenir au pouvoir, mais stériles dans les stratégies de sortie de crise. Aujourd’hui la trouvaille c’est l’inclusion.

Mais ça n’a pas 3 sens ; inclusion c’est réunir, rassembler tout simplement sans préciser le cadre, participer au débat, à la prise de décision… Mais pour nos chers politiques, c’est se réunir dans le gouvernement. Or on peut servir son pays partout en dehors du gouvernement.

L’impression qu’on a finalement, c’est que les politiques ont la nostalgie du consensus, veulent y retourner sans prononcer le mot. Autrement dit, plonger dans l’eau sans se mouiller, à moins que le tisserand en chef fasse appel à ses ancêtres du Djondjori dans le delta du Niger. Mais la sagesse suggère de laisser le temps à l’équipe conduite par Choguel Maïga d’expérimenter sa science.

En attendant, l’ancienne équipe formée autour du RPM peut se mettre en réserve de la république pour constituer une future probable alternative, en tirant les leçons de sept ans au pouvoir en atelier par exemple sous le thème « Acquis, faiblesse et perspectives d’un parti chassé du pouvoir avec l’appui d’une partie de sa classe dirigeante et le soutiens de ses ex alliés.



Amadou Sankaré
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