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Premier anniversaire du putsch du 18 août 2020 : Assimi Goïta exhorte les Maliens à assumer chacun sa partition pour relever le Mali
Publié le mercredi 25 aout 2021  |  Le Matin
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© Autre presse par DR
Le colonel Assimi Goita s`adressant à la nation malienne.
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La déliquescence de la gouvernance a poussé les Maliens à occuper massivement la rue et à exiger le changement. Face au péril qui menaçait alors la nation, l’armée nationale a pris ses responsabilités pour intervenir et permettre la concrétisation du vœu populaire, le changement. Un an après la chute du régime d’Ibrahim Boubacar Kéita le 18 août 2020, force est de constater que le doute commence à s’installer dans les cœurs par rapport à la satisfaction des fortes et légitimes attentes du peuple. Mais le président de Transition, Colonel Assimi Goïta, s’est voulu rassurant et confiant dans son adresse à la nation à l’occasion de ce premier anniversaire de la prise du pouvoir par le CNSP.




Le président de la Transition, Colonel Assimi Goïta, s’est adressé aux Maliens le mardi 17 août 2021, à la veille de la célébration du premier anniversaire de la chute du régime d’Ibrahim Boubacar Kéita et la prise du pouvoir par le Comité national pour le salut du peuple (CNSP) le 18 août 2020. Dans une brève allocution, il a exhorté ses compatriotes à la mobilisation pour affronter les défis auxquels le pays est confronté. «Conscients de la nécessité de mener une action patriotique, il nous revient de nous mobiliser pour affronter les défis de l’heure au delà de tout esprit d’exclusion et de clivage», a souhaité le chef de l’Etat malien qui s’est dit très attaché à «l’inclusivité» dans toutes les actions à mener durant cette période.

«Nul ne doit exclure les autres et personne ne doit se sentir exclu», a indiqué le Colonel Goïta en conviant les Maliens à «l’unité d’action pour le sursaut national au nom de la Refondation». Selon le chef de l’ex-CNSP, le coup d’Etat du 18 août est «un aboutissement». Et cela d’autant plus que, a-t-il ajouté, «l’effondrement de l’État» survenu le 22 mars 2012 (prise du pouvoir par le Comité national pour le redressement de la démocratie et la restauration de l’État-CNRDRE qui a renversé feu le président Amadou Toumani Touré) aurait dû être «suivi d’un sursaut patriotique».

Malheureusement, a déploré Assimi Goïta, «ce fut une gestion dont l’une des conséquences majeures fut la déliquescence de la gouvernance». C’est pourquoi les Forces armées maliennes (FAMa) ont pris «leurs responsabilités pour intervenir et permettre la concrétisation du vœu populaire, le changement». Bien qu’étant un aboutissement, a souligné le président de transition malien, le 18 août 2020 est également «un nouveau départ» avec «un chantier gigantesque» qui doit aboutir à la refondation de l’État.

Suite à près de 3 mois de crise sociopolitique entretenue par le régime Ibrahim Boubacar Kéita et ses opposants réunis au sein du Mouvement du 5 juin-Rassemblement des forces patriotiques (M5-RFP), une junte militaire a profité d’une mutinerie pour prendre le pouvoir le 18 août 2020. Après des assises nationales et d’âpres négociations avec la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (CEDEAO), il a été convenu d’une transition de 18 mois, à partir du 15 septembre 2020, sous la conduite d’un président civil.

C’est ainsi que l’officier à la retraite Bah N’Daw a prêté serment le 25 septembre dernier devant la cour suprême. Il est arrêté le 24 mai avec son Premier ministre Moctar Ouane par les putschistes d’août 2020 dont le chef, Colonel Assimi Goïta, a été investi président de transition le 7 juin dernier. Dans la foulée, le président du Comité stratégique du M5-RFP, Dr Choguel Kokalla Maïga, est nommé à la Primature.

Articulé autour de quatre axes, son Programme d’action gouvernementale (PAG) est adopté par le Conseil national de transition (CNT) le 2 août 2021. Dans son adresse à la nation, le Colonel Goïta a assuré que «ce programme a été élaboré et a été approuvé par les hommes et les femmes exprimant la volonté du Peuple. Avec son exécution, notre ambition consiste à nous sécuriser pour nous développer, nous doter de textes et d’institutions crédibles pour instaurer une gouvernance vertueuse, réussir des élections transparentes aux résultats incontestables, raffermir la cohésion nationale».

Mais, de nos jours, les forces vives du pays (classe politique, société civile, notabilité, armée…) sont profondément divisées sur des questions comme une éventuelle prolongation de la transition, la création d’un organe unique de gestion des élections… Le doute persiste surtout quant à la faculté des autorités à tenir les échéances dans les sept mois qui leur restent, tant les obstacles à surmonter sont considérables dans ce pays en pleine tourmente depuis des années. Il s’agit notamment de la propagation jihadiste et les violences de toutes sortes qui vont de pair avec de graves crises politiques et sociales.

Faut-il alors prolonger la transition pour prendre le temps nécessaire aux indispensables réformes ? Pourquoi pas ! Seulement il faut toujours avoir à l’esprit qu’on ne va pas efficacement redonder la gouvernance du pays en faisant barrage à certains et un promouvant d’autres. Le Mali n’a plus besoin d’hommes ou de femmes, mais d’un changement de système.

Moussa Bolly

Source : Le Matin
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