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Éditorial : Au nom de la justice !
Publié le lundi 30 aout 2021  |  L’Inter de Bamako
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Instrumentalisation de la justice, manipulation de la justice, justice à double vitesse, justice à la solde des autorités de la transition, règlement de comptes politiques, acharnement contre les anciens dignitaires du régime d’Ibrahim Boubacar Keïta (IBK)… Les mots et les expressions n’ont pas manqué, la semaine dernière, pour qualifier l’arrestation de Soumeylou Boubèye Maïga, ancien ministre de la Défense et président du parti politique l’ASMA-CFP. Que les soutiens de l’ancien ministre sachent que ni l’un ni l’autre ne sauraient justifier les arguments avancés. C’est au nom de la justice qu’il séjourne aujourd’hui à la Maison centrale d’arrêt (MCA) de Bamako. Justice sur laquelle, le peuple malien compte placer tout son espoir pour poser les fondements d’un Etat où il n’y aura plus des femmes et des hommes qui se croiront intouchables et même au-dessus de la loi pour soutirer de l’argent public.
Interpellé, jeudi dernier, dans le cadre de l’affaire de l’achat de l’avion présidentiel et d’équipements militaire, par la Cour suprême et déféré le même jour à la MCA, il est reproché à Soumeylou Boubèye Maïga, ancien ministre de la Défense et des Anciens combattants, cinq (05) chefs d’accusation: faux, corruption, favoritisme, abus de confiance et trafic d’influence.



Quant à Mme Bouaré Fily Sissoko, elle est inculpée d’atteintes aux biens publics, faux et usage de faux, favoritisme, népotisme et corruption. Ces deux affaires ont défrayé la chronique, en 2014 compte tenu de l’ampleur de l’argent siphonné par les membres de ‘‘Ma famille d’abord’’ et certains ministres. Et c’est au nom de la justice que les deux (02) dossiers ont été instruits sous l’ère IBK pour apaiser la colère des Maliens qui avaient cru en lui quand il avait placé l’année 2014 sous le signe de la lutte contre la corruption et la délinquance financière. Mais hélas ! La montagne a accouché d’une souris ridicule quand le même IBK a déclaré qu’il ne peut rien contre ceux qui l’ont aidé, c’est-à-dire les personnes impliquées dans ces deux (02) affaires. Et alors, bonjour les dégâts ! Un pillage systématique du Trésor public a commencé impliquant la famille présidentielle et son clan, les hommes politiques et le milieu d’affaires. Il ne se passait plus de mois sans qu’un scandale politico- financier n’éclate avec les mêmes acteurs qui se tiraient d’affaire avec des milliards. L’affaire des engrais ‘‘frelatés’’ est une des illustrations du gangstérisme politico-affairiste dans notre pays.

S’il est vrai que le peuple malien a chassé le général Moussa Traoré du pouvoir, en mars 1991, pour mauvaise gestion, corruption et détournements de deniers publics pour l’avènement d’une justice sociale sous l’ère démocratique, on ne doit pas s’offusquer de l’incarcération de celles ou de ceux qui ont profité de leur poste de responsabilité dans l’administration pour se servir des caisses de l’État à des fins personnelles. Et c’est au nom de la justice que chacun doit répondre de ses actes s’il est cité dans un dossier de malversations ou de détournements de fonds publics. C’est le cas de Soumeylou Boubèye Maïga et de Mme Bouaré Fily Sissoko, ancienne ministre de l’Économie et des Finances. Ce n’est ni un acharnement, ni une instrumentalisation de la justice contre la personne de M. Maïga, mais sa gestion de l’argent du contribuable malien. Et c’est à lui de se défende devant la justice pour se blanchir.

C’est au nom de la justice que le Mali de demain se construira. Gare à ceux qui veulent se mettre au travers de cette lutte héroïque que le peuple malien attend, depuis 1991. Gare encore à ceux qui veulent entraver ce processus pour des intérêts personnels, égoïstes et haïssables. Ils doivent savoir que l’impunité que les démocrates voleurs ont bénéficié est à la base de la crise que notre pays traverse, depuis 2012. Elle a même abouti à la perte de notre souveraineté par l’occupation de notre territoire par des bandits armés qui pillent, tuent les populations maliennes abandonnées à leur propre sort. Qu’ils sachent encore que sans justice que tout est voué à l’échec. Donc, désarmons nos cœurs et laissons la justice faire son travail. Et si nous voulons un Mali émergent, faisons confiance à la justice pour nettoyer les écuries d’Augias pour le bien-être des Maliens en quête d’une justice sociale depuis des décennies.

C’est au nom de la justice que les États- Unis d’Amérique tirent leur puissance ainsi que d’autres pays de l’Occident. Le Mali, étant un pays de l’Afrique, continent de la répétition et de l’imitation des us et coutumes des Occidentaux, doit emboiter le pays à ces États pour une justice sociale pour tout le monde. Ainsi, au nom de la justice, le Mali rêvé naîtra dans le concert des grandes nations.

Yoro SOW
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