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Éducation nationale: PRODEC : 125 milliards de F CFA dont 90 milliards détournés par les ministres de l’Éducation
Publié le lundi 6 septembre 2021  |  L’Inter de Bamako
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© aBamako.com par FS
Visite du chef de quartier de Daoudabougou dans les écoles privées de son quartier
Bamako, le 25 Janvier 2021, le chef de quartier de Daoudabougou a visité les écoles priées de son quartier afin de constater l`effectivité de la rentrée des classes.
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Alpha Oumar Konaré, ancien professeur, enseignant et fils d’enseignant, a reconnu publiquement son échec lors du colloque international sur la démocratie en Afrique, organisé à Bamako, où il avait déclaré, le 10 juin 2000: «En venant aux affaires, j’étais sûr que j’allais régler la crise scolaire en une année. Mais aujourd’hui, à mon grand regret, je vais partir et la laisser non résolue».

Alors qu’il a adopté, en 1996, le Programme décennal pour l’Éducation et la culture (PRODEC) et l’a rendu officiellement opérationnel en 1998, et Alpha Oumar Konaré a consacré 25,42% du budget national de 2000 à l’éducation (soit 125 milliards de FCFA sur 500 milliards de FCFA), on se demande pourquoi sa politique éducative n’a pas pu empêcher les nombreuses années scolaires tronquées, entre 1994 et 2001, on a enregistré huit (08) années scolaires tronquées, de 5 à 6 mois de cours effectifs sur une année scolaire de neuf (09) mois prévus. Et ce que cette politique a fait des 125 milliards de FCFA (dont 90 milliards effectifs pour le secteur éducatif à supposer que 35 milliards d’aide budgétaire n’avaient pas pu été collectés pour ce secteur).


Assurément, Alpha Oumar Konaré n’a pas été capable de tirer la substantifique moelle des nombreux cadres techniques compétents du secteur éducatif en vue d’assurer le succès total de celui-ci, même si son régime a pu substantiellement accroître le taux de scolarisation, passé de 26% en 1990 à 46% en 1999.


L’insuffisance des classes au Mali (une classe pouvant contenir plus de 100 élèves dans le primaire) a été l’un des grands goulots d’étranglement du secteur éducatif, que le gouvernement a tenté de solutionner par la double vacation (l’instituteur divisant sa classe en deux (02) groupes dont chacun reçoit une demie journée de cours) alors qu’il aurait pu construire plus de classes pour avoir moins de cinquante (50) élèves par classe par exemple, et recruter plus d’enseignants pour ce faire, en transformant les éternels enseignants vacataires en enseignants pleins par exemple. Cela aurait eu l’avantage de former plus d’élèves et améliorer leur niveau éducatif afin qu’ils puissent arriver dans les écoles techniques et professionnelles et à l’université avec un niveau éducatif acceptable.

Délinquance financière et corruption sous ATT

C’est le lieu d’aborder la politique du président ATT en matière d’éradication des pratiques de corruption et de délinquance financière, qui ont eu un impact sur l’Indice de développement humain (IDH) et qui sont endémiques au Mali. Dès 2004, Amadou Toumani Touré (ATT) a fait ratifier par le Mali la Convention de l’Union africaine (UA) sur la prévention et la lutte contre la corruption. Mais depuis 2005, des institutions internationales indépendantes d’évaluation de la corruption ont interpellé le Mali sur son niveau trop élevé de corruption et demandé aux autorités plus de transparence et d’efficience dans la gestion des richesses et des deniers publics.

Transparency International a d’ailleurs classé le Mali au 99ème rang des pays les plus corrompus, en 2006 sur un total de 163 pays notés, alors qu’il était classé au 77ème rang, en 2005 et au 88ème rang, en 2004. De son côté, l’ONG OXFAM America a dénoncé dans son rapport 2006 intitulé: Trésor caché ? À la recherche des revenus de l’exploitation aurifère au Mali, le manque de transparence du gouvernement malien dans la gestion de revenus tirés de l’or, tout en invitant les compagnies d’exploitation de l’or à publier leurs comptes.


ATT a ainsi utilisé deux (02) instruments pour tenter de lutter contre ces fléaux: la Cellule d’appui aux structures de contrôle de l’administration (CASCA) et le Bureau du Vérificateur général (BVG).

CASCA: délinquance financière 48 dossiers remis à la justice

La Cellule d’appui aux structures de contrôle de l’administration (CASCA) était chargée de procéder au contrôle des pratiques administratives et financières des structures de l’État, et à celui des sociétés et entreprises parapubliques et privées qui utilisent l’argent du budget national ou de l’État pour diverses activités de développement.

Dans son rapport 2005- 2006, la CASCA a remis quarante-huit (48) dossiers sur les 176 qu’elle a examinés à la justice, du fait des actes graves de corruption et de délinquance financière décelés (détournement de deniers publics, fractionnement illégal de dossiers d’appel d’offres en violation du Code des marchés publics, argent volatilisé, facturations malhonnêtes.



Bureau du Vérificateur général (BVG) créé en 2004 et la lutte contre la corruption ?

Dans son rapport 2009 (le 5ème du genre), une synthèse de quarante-trois (43) rapports portant sur la vérification de quarante (40) services publics travaillant dans les domaines du développement rural, infrastructures, assiette et recouvrement, santé, solidarité, recherche scientifique, emploi, formation professionnelle, finances publiques, élection et justice publié, en août 2010, le Bureau du Vérificateur bénéral (BVG) a décelé un manque à gagner (détournement) de 112 milliards de FCFA pour l’État, soit 170,743 millions d’euros, qui était un record, depuis 2006 (contre un manque à gagner de 102 milliards de FCFA, en 2006).

Et IBK dans tout ça ?

Le régime Ibrahim Boubacar Kéita a été caractérisé par un manque de vision politique à moyen et long terme pour le Mali exprimé par une trop grande instabilité gouvernementale à travers la nomination successive de six (06) premiers ministres en sept (07) ans (septembre 2013 à décembre 2017: Oumar Tatam Ly, Moussa Mara; Modibo Keïta, Abdoulaye Idrissa Maïga et Soumeylou Boubèye Maïga), 2017-2020 Boubou Cissé .

Le manque de volonté politique de lutter contre la corruption et la délinquance financière; l’incapacité de ramener la paix et la sécurité dans le nord et le centre du pays et l’incapacité de résoudre les problèmes économiques et sociaux des populations et de la jeunesse.




Assimi et la transition

La transition est un pouvoir d’exception à travers laquelle l’audit de la nation est possible. Le népotisme et le clientélisme politico-économique reviennent petit à petit au galop. L’autorité de l’État disparait pour donner naissance à l’anarchie. La corruption et la délinquance sont des maux qui écroulent nos forces armées. Une armée ne peut pas fonctionner sans rigueur, sans discipline. Le chef ne fait pas ce qu’il veut.


À la porte d’entrée d’une université en Afrique du Sud, le message suivant a été posté pour la contemplation: «Détruire un pays ne nécessite pas l’utilisation de bombes atomiques ou l’utilisation de missiles à longue portée».

Il suffit d’abaisser la qualité de l’éducation et de permettre la tricherie dans les examens par les étudiants.

Les patients meurent aux mains de ces médecins.

Les bâtiments s’effondrent aux mains de ces ingénieurs.

L’argent est perdu aux mains des économistes et comptables.

L’humanité meurt aux mains de ces savants religieux.

La justice est perdue entre les mains de ces juges…

«L’effondrement de l’éducation est l’effondrement de la nation.»

Safounè KOUMBA
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