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En visite au Pôle économique et financier de Bamako : Kassogué appelle à « agir sans état d’âme » contre les délinquants financiers !
Publié le jeudi 9 septembre 2021  |  Le Pays
Conférence
© aBamako.com par AS
Conférence de presse du procureur du pôle économique et financier
Mamoudou Kassogué, nouveau procureur de la République près le Tribunal de grande instance de la Commune III et procureur du pôle économique et financier de Bamako, a animé une conférence de presse le Jeudi 22 Août 2019, pour dévoiler sa stratégie de lutte contre la corruption.
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Le ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Garde des Sceaux, Mamoudou Kassogué a profité de sa visite au Pôle économique et financier du district de Bamako pour demander plus célérité dans la lutte contre la corruption et la délinquance économique et financière. Il a demandé à agir comme « un soldat sans état d’âme » contre les délinquants financiers.

La soif de la justice, c’est ce qu’ont des millions de Maliens. Et la transition a promis une distribution équitable de la justice au peuple malien. La lutte contre la corruption et la délinquance financière est l’une des plus grandes attentes du peuple malien envers les autorités transitoires. « Tout le monde a compris que les Maliens ont soif de justice. Ils ont, certes soif de sécurité, ils ont soif de renouveau, ils ont soif de réforme, de changement, mais la soif la plus intense qui tient les Maliens, c’est la soif de justice », a déclaré le ministre de la Justice Mamoudou Kassogué lors de sa visite au pôle économique et financier de Bamako pour apporter le soutien du gouvernement à cette juridiction dans le combat contre les délinquants financiers.

Le rôle historique du pôle économique et financier dans la lutte contre la corruption et la délinquance financière

Pour le ministre Mamoudou Kassogué, le Pôle économique et financier constitue la vitrine de la lutte contre la corruption et la délinquance économique et financière. Il constitue un maillon essentiel dans cette lutte, selon l’ancien procureur anti-corruption. « Les services de contrôle, de vérification et d’inspection produisent, certes, la matière première, mais c’est ici qui se font toutes les transformations. C’est ici que se fait le travail de tri, le travail de renforcement pour que nous puissions avoir des dossiers en état d’être jugés. C’est pour dire quelque part que tout dépend du travail qui est fait ici. Quand l’enquête préliminaire est très bien menée, l’instruction préparatoire très bien menée, au finish, on aura des dossiers faciles à juger. Mais lorsque c’est le contraire, on va forcément à l’échec », a déclaré le ministre Kassogué devant les membres du pôle économique et financier de Bamako.

Kassogué, après salué le pôle économique et financier pour ce qu’ils font, a demandé plus de célérité dans le traitement des dossiers de corruption et de délinquances financière. « Quand des scandales éclatent, les Maliens ont tout de suite envie de savoir quelle sera la suite, quelle est la réaction de la société de la justice. Quand ces affaires trainent six mois, un an, deux ans, finalement la tension baisse, on oublie l’affaire. Et après, même quand elle est jugée, les gens ont l’impression que justice n’a pas été rendue. Ce que les gens aimeraient, c’est une justice pro active, une justice qui agit à chaud dès que les faits sont commis. Je sais que ce n’est pas très facile avec les enquêtes économiques et financières qui sont longues, complexes mais il est possible de faire un peu plus d’efforts pour aller à plus de célérité », a-t-il indiqué. Le ministre de la Justice et des droits de l’homme a donné beaucoup de conseils à ses anciens camarades du Pôle économique et financier. « Certes, il faut progresser dans tous les dossiers mais il y a certains dossiers particuliers compte tenu de leurs spécificités qui méritent d’être sortis le plus tôt possible, qui méritent beaucoup plus d’attention. Il y a donc lieu de concentrer les efforts plus sur ces dossiers et poser tous les actes pouvant permettre de les sortir à temps. Cela est très important et cela va nécessiter que les actes extérieurs soient demandés dès l’entame de la procédure pour qu’après, ce ne soit pas une source de lenteur. Il est aussi important qu’au cours de l’enquête préliminaire, tous les actes soient pris, toutes les investigations soient menées afin qu’au niveau du cabinet, le travail soit facilité », a-t-il conseillé.

Au parquet, à la brigade d’investigation du Pôle économique et financier, Kassogué a fait des propositions. «Au niveau du parquet, il y a déjà une pratique qui consiste à résumer les faits, poser les préventions et transmettre un dossier bien ficelé, bien orienté. C’est une pratique à continuer. Une très bonne pratique qui peut aider à aller de l’avant. Ce travail peut être complété par un travail supplémentaire que la brigade pourrait bien faire : un tableau de synthèse à la fin des investigations pour essayer de faire ressortir, au niveau de la structure, les différentes postes de responsabilité impliquées dans la commission des infractions, les noms des personnes concernées, la nature des actes posés par chacun ainsi que les montants qui peuvent être reprochés à ces différentes personnes », a-t-il proposé. Pour lui, quand on a ce tableau synthétique, en un coup d’œil, on a tout le dossier et cela guide utilement dans la conduite des investigations. « Il serait très bon que ce travail puisse être fait au niveau de la brigade. Et le travail de la brigade aussi peut être rendu efficace à travers l’établissement des mémos par le chef de brigade et ses adjoints. Des memos qui vont permettre, en plus de la lettre d’ouverture d’enquête établie par le procureur, d’orienter utilement les équipes d’enquête pour leur permettre d’aller à l’essentiel », a proposé le ministre Mamoudou Kassogué.

Le ministre de la Justice et des Droits de l’Homme a laissé entendre que les actions du pôle économique et financier sont saluées par pas mal de Maliens. Mais il a invité les membres de cette juridiction à ne pas s’attendre à l’unanime appréciation de leurs actions. « Nous sommes fortement attendus par rapport aux résultats que nous pouvons produire dans la lutte contre la délinquance économique et financière. Des actions sont amorcées, fortement appréciées par la grande majorité de la population », a-t-il déclaré avant d’ajouter : « Ne nous leurrons pas : il n’y aura jamais d’unanimité, parce que celui que vous touchez, à travers vos actions, est le père d’une famille, c’est le frère de quelqu’un, c’est le mari de quelqu’un d’autre, c’est l’épouse de quelqu’un d’autre, c’est l’ami, c’est le proche des gens qui ne seront jamais contents des actions qui seront menées, qui ne seront jamais d’accord avec ce que vous aurez fait. On trouvera toujours à dire et à redire. Mais cela ne doit pas vous décourager dans ce que vous êtes en train de faire : le plus important, c’est d’être en harmonie avec la loi, d’être en harmonie avec sa conscience et se dire qu’on est en train de faire tout cela pour servir le pays ».

Agir sans état d’âme contre les délinquants financiers

L’ancien incorruptible procureur du pôle économique et financier, Mamoudou Kassogué, a invité les membres du pôle économique et financier de Bamako d’agir sans état d’âme dans la lutte contre la corruption. « Je vous invite, dans la lutte contre la corruption, la délinquance économique et financière sous toutes ses formes à être le soldat qui agit sans état d’âme. Sans état d’âme, je reviens là-dessus et j’insiste, parce que ce qui fragilise la justice et la lutte contre la corruption, c’est lorsque les gens ont tendance à penser que certains sont au-dessus des lois, certains sont intouchables ou que la justice est sélective. C’est ce qui peut fragiliser la lutte », a-t-il laissé entendre. A l’entendre, quand on engage des actions au niveau du pôle économique et financier, en phase d’enquête, de poursuite, d’instruction, de jugement, d’exécution des décisions, on doit avoir cette hauteur d’esprit et se dire que l’intérêt commun est au-dessus de tout. « On se bat pour protéger l’intérêt commun. Chaque fois que les faits sont établis ou sont de nature à être établis, c’est sans état d’âme. Quand il y a des gens contre lesquels il n’y a rien ou il y a des charges faibles, on peut comprendre que certaines mesures puissent être aménagées. Cela est humain, c’est normal. Mais chaque fois que les faits semblent établis, ils sont graves, il faudrait que la réaction de la société soit à la hauteur de la gravité des infractions », a indiqué le ministre Kassogué. Pour le garde des Sceaux, « les délinquants économiques et financiers sont des véritables criminels ». Il trouve inadmissible que des individus, eux seuls, bouffent des centaines de millions ou des milliards alors que certains citoyens meurent de faim ou de soif.

Pour le ministre Mamoudou Kassogué, il faut lier la lutte contre la corruption en mettant la corruption en parallèle avec le développement, parce que la corruption est un frein au développement. « Nous devons faire en sorte que cette corruption ne puisse pas hypothéquer l’avenir de nos enfants, qu’elle ne puisse pas hypothéquer le développement de notre pays », plaide-t-il. Donc, selon lui, il faut lutter de façon soutenue, contre la corruption. Ce combat, insiste-t-il, doit se faire sans état d’âme. Il s’agit, pour le ministre Kassogué, d’engager une lutte implacable et sans état d’âme contre la corruption sous toutes ses formes et à tous les niveaux.

L’intégrité demandée dans la justice

Cette visite au Pôle économique et financier a été l’occasion pour le ministre de la Justice et des Droits de l’homme de demander l’intégrité dans la justice. « Que vous puissiez intégrer des valeurs, je ne dirai pas suprahumaines, mais quand même d’intégrité, d’exemplarité, de redevabilité qui vous mettront au-dessus de tout soupçon, parce que quand vous avez la charge de lutter contre les comportements infractionnels des autres dans la gestion, dans la gouvernance, il va de soi que vous-mêmes, dans vos actes de tous les jours, vous donniez le bon exemple. Montrez que vous êtes au-dessus de toutes ces contingences et la redevabilité est là », a prêché le ministre Mamaoudou Kassogué. A l’en croire, si les acteurs de la justice parviennent à avoir adopté un tel comportement, les actes qu’ils poseront seront salués, acceptés, respectés de tous. « Nous avons besoin de cela. On a besoin d’intégrité dans toute la justice, dans tous les services de répression mais particulièrement au pôle économique et financier. Nous devons donner le bon exemple pour avoir une gouvernance vertueuse », a-t-il laissé entendre avant d’indiquer que son objectif est d’inciter : « à rehausser le niveau de conscience professionnelle ». Aussi, le ministre a demandé à ses anciens collègues du pôle économique et financier de faire un plus de sacrifice par rapport au contexte spécial du Mali et la nécessité de refonder pour les générations futures. « Il s’agira, pour nous de créer les conditions d’une gouvernance vertueuse, de mettre en place un système tel que demain, même quand il y aura de nouvelles autorités, quand il y aura de nouvelles personnes, qu’on ne puisse pas changer les règles du jeu, que l’intérêt général soit au-dessus de tout. Il s’agit pour nous de créer ces conditions aujourd’hui pour la postérité. C’est cela toute la signification de la refondation », a précisé le ministre Mamoudou Kassogué.

Boureima Guindo

Source : LE PAYS
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