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Mali: l’ambassadeur de France convoqué par les autorités
Publié le mercredi 6 octobre 2021  |  RFI
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© aBamako.com par S.A
Point de presse animé par le ministre malien des affaires étrangères et de son homologue algérien
Bamako, le 26 août 2021. En fin de mission à Bamako, le ministre algérien des affaires étrangères M. Ramtane LAMAMRA a, conjointement animé un point de presse avec son homologue malien, M. Abdoulaye DIOP.
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Le chef de la force française Barkhane a été reçu, mardi 5 octobre, par le ministre malien de la Défense, le colonel Sadio Camara, pour évoquer la poursuite de l’engagement français au Mali. L’objectif du général français était de rassurer sur la réorganisation du dispositif militaire en cours. Au même moment, dans un autre bureau de la capitale malienne, la tonalité était très différente, puisque le ministre malien des Affaires étrangères Abdoulaye Diop convoquait l’ambassadeur de France, à la suite cette fois de propos tenus le matin même sur France Inter par Emmanuel Macron.

« L'armée française n'a pas à se substituer au non-travail de l'État malien », « il faut que l'État revienne partout avec sa justice, son éducation, sa police »… Les mots d’Emmanuel Macron avaient évidemment de quoi déplaire aux autorités maliennes. Quelques heures plus tard, l’ambassadeur de France dans le pays, Joël Meyer, était donc convoqué par le ministre malien des Affaires étrangères Abdoulaye Diop, qui a dénoncé des propos « inamicaux » et « désobligeants », « de nature à nuire » aux relations entre les deux pays. Abdoulaye Diop a donc appelé la France à « éviter les jugements de valeurs » et à « se concentrer sur l’essentiel : la lutte contre le terrorisme au Sahel ».

Le ministère n’a pas souhaité donner davantage de détails sur la teneur de cette critique, mais c’est là un palier supplémentaire dans l’escalade en cours. Les ministres Florence Parly et Jean-Yves Le Drian côté français, le Premier ministre Choguel Maïga côté malien, avaient déjà eu récemment des mots très virulents. L’arrivée dans l’arène du président français et la réponse du ministre malien des Affaires étrangères marquent une nouvelle étape dans cette brouille qui mêle, depuis des semaines, des questions sécuritaires aux enjeux de coopération multilatérale et de souveraineté nationale.

Pendant que cette bataille diplomatique se poursuit, sur le fond, c’est-à-dire sur les questions de défense, la France continue à jouer l’apaisement. Cette fois, c’est le chef de la force Barkhane qui s’y est collé. Le général Laurent Michon a été reçu par le ministre malien de la Défense, le colonel Sadio Camara. Le général lui a rappelé, encore une fois, que si la réorganisation du dispositif militaire français devait s’achever d’ici à la fin de l’année, les soldats français demeuraient engagés au Mali et dans la région, avec 2 500 à 3 000 hommes.

Les bases qui quittent Barkhane dans le Nord, a-t-il aussi rappelé, font l’objet d’une transmission aux soldats maliens et aux casques bleus de la Minusma. Tous continueront à bénéficier d’un appui aérien et les opérations conjointes se poursuivront, a-t-il assuré également. Bref, la France n’« abandonne » pas le Mali « en plein vol », pour reprendre les termes du Premier ministre Choguel Maïga.

Quant à l’arrivée du groupe privé russe Wagner au Mali, il n’en a officiellement pas été question. Or, c’est précisément cette éventualité – pour le moment rien n’est signé – qui a mis le feu aux poudres, il y a maintenant un peu plus de trois semaines.
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