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Dr. Souleymane Berthé, directeur général de l’AER-Mali : « Notre ambition, c’est de faire de cette Agence un centre régional… »
Publié le mercredi 13 octobre 2021  |  zireinfo
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L’invité de cette semaine de votre hebdomadaire préféré d’analyses, d’enquêtes et d’informations générales, ‘’Ziré’’, est Dr. Souleymane Berthé, directeur général de l’Agence des Energies Renouvelables du Mali (AER-MALI). Avec lui, le 8 octobre 2021, nous avons abordé des questions relatives à la promotion des énergies renouvelables, particulièrement la deuxième édition de la Semaine des Energies renouvelables (SemR) qui se déroule du 15 au 16 octobre 2021 à Abidjan en Côte d’Ivoire.




M. le directeur, présentez-vous à nos fidèles lecteurs.

Je suis Dr. Souleymane Berthé, directeur général de l’Agence des Energies Renouvelables du Mali (AER-MALI). Je suis diplômé de l’Ecole centrale de Lille et de l’Institut énergétique de Moscou. Je suis également le point focal de l’Agence internationale des Energies renouvelables (IRENA) au Mali ; celui de l’Alliance solaire internationale (ISA) et du Centre régional des Energies renouvelables et de l’Efficacité énergétique de la CEDEAO (ECREEE).

Parlez-nous de l’Agence des Energies renouvelables (AER-MALI).

L’Agence des Energies renouvelables du Mali (AER-MALI) est un établissement public à caractère scientifique et technologique, doté de la personnalité morale et de l’autonomie financière. Créée par l’Ordonnance N°2014-012 /P-RM du 1er octobre 2014, elle a pour mission principale de promouvoir l’utilisation à grande échelle des énergies renouvelables. A ce titre, elle est chargée d’inventorier et d’évaluer le potentiel du pays en Ressources d’énergies renouvelables; de contribuer à la définition des stratégies nationales en matière d’énergies renouvelables ; de mener des activités de recherche/développement dans le domaine des énergies renouvelables ; de mener des études et de suivre la mise en œuvre des programmes et projets d’énergies renouvelables au profit des intervenants du secteur ; de contribuer au développement et au renforcement des capacités des artisans, des agents des structures techniques de l’Etat, des collectivités territoriales et des privés, ainsi que ceux des institutions d’énergies renouvelables d’autres pays.

Il s’agit également pour AER-Mali de contribuer à l’information et à la sensibilisation des promoteurs et des utilisateurs d’équipements d’énergies renouvelables ; de procéder aux tests, au contrôle de qualité et la labellisation des équipements d’énergies renouvelables au profit des promoteurs ; de rechercher et de mettre en place des mécanismes de financement durables et adaptés des projets et programmes d’énergies renouvelables dans un cadre de partenariat public/privé ; de participer aux actions de coopération internationale dans le domaine des énergies renouvelables.

Aujourd’hui, l’AER-Mali est composé de quatre départements, à savoir : le département Solaire ; le département Microcentrale hydroélectrique et Energie éolienne ; le département Promotion des Investissements et Etudes stratégiques ; le département Promotion technologique et Vulgarisation-Efficacité énergétique et le Département Gestion-Finance.

Parlons de la Semaine des Energies renouvelables (SemR). De quoi s’agit-t-il ?

En 2019, avec l’appui de la Banque africaine de Développement (BAD), l’Agence des Energies renouvelables du Mali a organisé la première Semaine des Energies renouvelables (SemR) au Mali. Il ressort des recommandations de cette première semaine de perpétuer l’activité.

En 2020, compte tenu de la situation sanitaire, l’évènement a été reporté en 2021. On a fait toutes les démarches, au moment de la validation du budget, nos partenaires, principalement la BAD, ont fait savoir que la situation sécuritaire du Mali ne permettait pas la tenue de la deuxième édition. Donc, pour ne pas perdre le financement, nous avons décidé avec les partenaires de trouver un autre pays où l’on peut tenir l’événement. Comme la BAD a son siège à Abidjan, nous avons donc proposé la Côte d’Ivoire et cette proposition a été acceptée par les partenaires. Au même moment, il y avait un autre événement sur les énergies renouvelables qui était en gestation qu’on appelle Salon de l’Energie et du Développement durable (SEDD). Alors, nous avons dit qu’il était mieux de coupler les deux activités.

Autrement dit, cette deuxième édition de la Semaine des Energies renouvelables délocalisée à Abidjan en Côte d’Ivoire du 15 au 16 octobre 2021, sera couplé avec le Salon de l’Energie et du Développement durable (SEDD), sous le thème : « L’innovation au service de l’énergie pour améliorer les conditions de vie des populations ».

Les différentes thématiques de cette semaine sont relatives à l’énergie et au développement durable en Afrique de l’Ouest. Il faut dire que cet évènement permettra de mieux dynamiser le sous-secteur des Energies renouvelables au Mali, à travers la promotion des opportunités d’affaires pour le secteur privé national et étranger ; la durabilité des initiatives et les spécificités locales dans les politiques sectorielles.

Quels sont les objectifs de cette deuxième édition de la Semaine des Energies renouvelables ?

La Semaine, en général, c’est pour faire la promotion ou la vulgarisation de notre potentialité en matière d’énergies renouvelables. Aussi, c’est un espace d’échanges entre les partenaires ; un espace pour nouer des contacts avec d’autres partenaires. Ce sont aussi des conférences sur des thématiques visant à promouvoir le sous-secteur des énergies renouvelables.

Cette rencontre à Abidjan permet également au Mali de confirmer son rôle de pionnier dans le domaine des Energies renouvelables et aussi à l’AER-Mali d’avoir un rayonnement en dehors des frontières du Mali. Il faut aussi comprendre que la délocalisation de cette deuxième édition permet à l’AER-Mali d’atteindre sa nouvelle ambition qui n’est autre que d’être un centre régional et de référence dans l’espace UEMOA, comme en témoigne la dernière formation des formateurs de l’espace UEMOA qui s’est déroulée en juin 2021 à l’AER-Mali, dans le complexe de l’EX-CRES. Tout cela va nous amener à l’installation du laboratoire d’efficacité énergétique à vocation régionale. Donc, notre ambition, c’est de faire de cette agence un centre régional et de référence dans l’espace UEMOA.

La particularité de cette deuxième édition est surtout sa délocalisation dans un pays étranger et pour nous, c’est une opportunité pour les participants maliens de mieux exposer leur savoir-faire aux visiteurs. Je pense que c’est une occasion que les opérateurs maliens doivent saisir afin de nouer de nouveaux contacts, de nouveaux partenariats avec les entreprises de Côte d’Ivoire, mais surtout pour explorer le marché ivoirien avec comme objectif de créer la différence.

Aussi, au cours de cette deuxième édition, un concours d’innovation dans les applications des Energies renouvelables entre les startups de l’espace UEMOA sera organisé et quatre startups maliennes participent à ce concours.

Monsieur le directeur, parlez-nous de la participation de la partie ou de l’équipe malienne.

La partie malienne est composée d’une équipe institutionnelle (le cabinet du ministère des Mines, de l’Energie et de l’Eau ; la direction nationale de l’Energie ; l’Agence des Energies renouvelables ; L’Agence malienne pour le Développement de l’Energie domestique et de l’Electrification rurale ; la direction de l’Energie du Mali) et d’une équipe du secteur privé (la Fédération malienne des énergies renouvelables ; l’Association des Professionnelles des Energies solaires…). Aujourd’hui, nous avons déjà quinze entreprises qui ont confirmé leurs présences.

En résumé, il y aura des décideurs, des partenaires techniques et financiers, des acteurs non étatiques, des entreprises… Ces opérateurs auront le privilège d’exposer leurs équipements dans les stands, de participer aux rencontres B2B et à des diners de Gala.

Quelles sont les attentes pour le Mali durant cette Semaine ?

Comme je le disais, c’est dans un pays étranger se tient cette Semaine des énergies renouvelables. Donc, les entreprises maliennes pourraient tisser des collaborations ou partenariats avec des entreprises ivoiriennes ou d’autres pays d’Afrique et d’ailleurs. Au niveau institutionnel, nous allons discuter des grands projets et des initiatives qui sont au niveau de la BAD. Ainsi, on va discuter sur l’initiative Desert to Power qui englobe tous les projets des énergies renouvelables des pays du G5 Sahel. On va parler de cette initiative et d’autres projets du secteur de l’énergie. Avec les partenaires, il va y avoir également des échanges directs en vue d’accélérer les dossiers en cours de traitement et d’engager d’autres projets salutaires pour nos populations.

Un message à l’endroit des participants.

Je vais dire que cette Semaine est très bénéfique pour nous les structures publiques et pour le secteur privé. Elle permet à chacun de nous de rayonner au niveau sous-régional et international. Donc, j’invite les partenaires nationaux et internationaux à nous accompagner pour la réussite de cet événement.

Entretien réalisé par Ousmane BALLO

Source : Ziré
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