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Les couleuvres que la France a avalées au Mali
Publié le mardi 18 janvier 2022  |  mondafrique.com
Grand
© Autre presse par AS
Grand rassemblement de soutien aux autorités de la transition face aux sanctions de la CEDEAO et l`Uemoa
Bamako, le 14 janvier 2022 des millions de maliens se sont rassemblés à la place de l`indépendance pour soutenir les autorités de la transition
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Le vendredi 14 janvier au Mali, des manifestations populaires ont dénoncé les sanctions adoptées par la Cédéao contre la junte militaire et le soutien français à l’organisation. Niagalé Bagayoko, chercheuse en sciences politiques et présidente de l’African Security Sector Network, répond à TV5Monde sur les enjeux et les impasses de la présence française dans le pays.
En 2013, François Hollande salue « le plus beau jour de sa vie politique » en mettant un pied sur le sol malien

TV5Monde : Le ministre des Affaires Étrangères français Jean-Yves Le Drian a déclaré vendredi 14 janvier : « Si nous sommes au Mali, nous y restons, mais pas dans n’importe quelles conditions ». Que peut-on comprendre de cette affirmation, dans un contexte de plus en plus tendu ?

Niagalé Bagayoko, politologue et présidente de l’African Security Sector Network : Ce type de déclaration se révèle tout d’abord en contradiction avec les nombreuses lignes rouges qui ont été fixées par les autorités françaises. Lignes rouges qui ont toutes été franchies, non pas uniquement par la junte, mais par l’ensemble des dirigeants maliens qui ont accédé au pouvoir au cours des deux dernières années.
La première ligne rouge, c’était le refus catégorique de la France de voir engager des négociations avec les groupes djihadistes. On se souvient de la fameuse conférence de presse en 2020 au cours de laquelle le Premier ministre malien Moctar Ouane répondait à Jean-Yves Le Drian qu’il appartenait aux Maliens de prendre une décision, et qu’ils entendaient engager des pourparlers avec tous les groupes du pays, quelle que soit la position de la France sur cette question.

Deuxième ligne rouge : la date d’organisation des élections, fixée comme un élément qui, en cas de non-respect, pouvait amener à la remise en cause de la présence française. On voit très bien que cela n’a pas été le casu

Troisième élément, l’arrivée potentielle de la société russe Wagner. La France avait déclaré que la présence de Wagner était incompatible avec sa propre présence militaire. Or, le 23 décembre, l’adoption du communiqué faisant état de l’arrivée de Wagner au Mali et la condamnant, expose explicitement le fait que les partenaires européens, dont la France, resteront malgré tout engagés. Donc cette diplomatie des lignes rouges s’est trouvée prise en défaut par la façon dont les autorités maliennes ont franchi le Rubicon à chaque fois.

Par ailleurs, la façon dont l’opération Barkhane a communiqué ces derniers mois, en insistant sur l’efficacité, le progrès du partenariat militaire de combat et du partenariat militaire opérationnel français avec les Fama (Forces armées maliennes, NDLR) me semble en décalage total avec la détérioration très grave des relations politico-diplomatiques entre la France et le Mali.
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