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Querelles de leadership à l’URD : Gouagnon Coulibaly remporte une première victoire
Publié le mercredi 6 avril 2022  |  L’Informateur
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Lui et ses lieutenants n’auront pas le temps de sabrer longtemps le champagne. Les partisans de Salikou Sanogo ont annoncé leur intention de faire appel du verdict du Tribunal de la Commune V
L’URD est minée par des querelles internes causées par une crise de leadership. Deux tendances se sont dessinées et le contrôle de l’instance dirigeante du parti a aiguisé des appétits. Cette situation a même fait naître un sentiment de révolte chez certains responsables et militants qui ont bravé l’autorité politique du président par intérim, Salikou Sanogo. A l’image de Janus, le dieu à deux faces, l’URD a deux visages – opposées du réel et, dans l’image, à opposer deux orientations dans la latéralité de l’espace plan – incarnés par Salikou Sanogo et Gouagnon Coulibaly.
Dans une tourmente exacerbée par les démons de la division et de la discorde, la bataille relative au choix ou au maintien d’un capitaine pour conduire le navire a pris une tournure judiciaire. Deux crocodiles mâles dans un même marigot, un devait disparaitre ! Salikou Sanogo en est sorti perdant. Victoire par contre pour son rival. Qui a sollicité et obtenu de la cour «la validation du congrès et la passation du pouvoir». En effet, le Tribunal de grande instance de la commune V a ordonné à Sanogo de passer le témoin à Coulibaly, élu lors du congrès extraordinaire de mi-janvier 2022, dans les 72 heures qui suivent sous astreinte d’une amende de 500 000 FCFA par jour.

Soumaïla Cissé a laissé un grand vide

Mais, ce dernier et ses lieutenants n’auront pas le temps de sabrer longtemps le champagne. Le camp de Salikou Sanogo a annoncé son intention de faire appel de ce verdict. Au motif que leurs adversaires ne sont pas habilités à convoquer un congrès. L’appel constitue la voie de recours ordinaire permettant de faire réformer ou annuler par une juridiction de second degré la décision rendue par une juridiction de première instance. La cour d’appel est chargée de juger une seconde fois le litige.
La disparition le 25 décembre 2020 à Paris de Soumaïla Cissé, leader de l’opposition malienne a laissé un grand vide au sein de l’URD, sa famille politique. Sa disparition soudaine a redistribué les cartes et soulevé la question cruciale de la survie ou non de son parti qu’il a créé en 2003 après son départ de l’Adema-PASJ. Mamadou Igor Diarra, banquier, ancien ministre de l’Énergie, des Mines et de l’Eau (2008-2011), puis de l’Économie et des Finances (2015-2016), a sauté dans le wagon Urd avec son mouvement Mali En Action et fait figure de potentiel candidat.

Introuvable consensus

En dépit de la précision apportée par la formation que son adhésion « sans conditions » obéissait à « une promesse faite du vivant de Soumaïla Cissé ». Deux autres noms ont circulé sur les lèvres : l’ancien Premier ministre Boubou Cissé qui a rejoint les rangs du parti et l’ancien ministre Me Demba Traoré qui a bénéficié du soutien d’une frange des jeunes. Mais pas les reins assez solides financièrement pour battre campagne à la différence de ses deux autres concurrents.
Possible que Gouagnon Coulibaly, s’il est confirmé dans son fauteuil de président au terme de cette bataille judiciaire qui promet d’être longue, pourrait jouer les troubles–fêtes en s’alignant sur le starting-block des prétendants à la candidature du parti à l’élection présidentielle dont la date n’est pas fixée. Le plus dur serait de rassembler derrière son nom. Facile de sortir un dromadaire par le chat d’une aiguille que d’arriver à trouver ce consensus.
Georges François Traoré

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