Accueil    Shopping    Sports    Business    News    Femmes    Pratique    Le Mali    Publicité
NEWS


Accueil
News
Politique
Article



Dernières dépêches


Comment

Politique

Réfugiés Maliens de Mentao : Un chapelet de difficultés
Publié le mercredi 27 juin 2012   |  lefaso.net




Vos outils
height=28

PARTAGEZ

A l’initiative du Service d’information du gouvernement, une vingtaine de journalistes des médias publics et prives séjournent au Sahel pour découvrir les conditions de vie des réfugiés maliens sur les sites de Mentao et de Gandafabou. Dans le premier site visité, le 25 juin 2012, les occupants des lieux égrènent un chapelet de difficultés liées à l’insuffisance de tentes, de nourriture, de médicaments, de manque de cadre pour la poursuite de la scolarisation des enfants, etc.


Mentao, site de réfugies maliens, situé à environ de 200 km au Nord de Ouagadougou. Il est environ 10 heures 30 minutes, lorsque la caravane de presse, composée d’une dizaine de véhicules s’immobilise a cet endroit où l’on ne voit que des tentes qui servent d’abris aux infortunés maliens qui ont fui la crise qui déchire leur pays depuis le début de l’année 2012. L’entrée du convoi sur le site provoque un attroupement. Une fois, l’objet de la visite décliné, le vice-président du comité de gestion du site, Almahil Ag Almouwak, se prête volontiers aux préoccupations des journalistes.

Entouré d’autres réfugiés, celui-ci explique que sur le site, se trouvent plus de 2000 familles, avec au total environ 7000 personnes composées d’Arabes et de Touaregs. Lui et ses compagnons d’infortune se sont retrouvés à Mentao depuis janvier 2012. Et des vagues d’autres réfugiés continuent d’affluer. Ce qui n’est pas sans poser de difficultés.’’ Les conditions de vie ici, sont difficiles. Il y a manque d’habits, de nourriture, de produits de santé’’, indique amer, le vice- président du comite de gestion du site. Idem pour la scolarisation des enfants qui se trouve aujourd’hui stoppée. Selon le responsable du site, une initiative des refugiés, eux-mêmes, d’ériger une école au profit de leurs enfants élèves réfugiés, a tourné court par manque de matériel didactique.

L’un des problèmes majeurs évoqués aussi réside dans l’insuffisance de tentes qui servent d’abris. Selon Ag Almouwak, nombre de réfugiés qui sont arrivés en mars ne disposent toujours pas de tentes. Ceux qui en disposent ont vu leurs tentes emportées par les vents et les eaux de pluies. Si le porte-voix des réfugiés maliens de Mentao salue l’existence de postes de santé sur le site, entretenus par l’ONG Médecins du monde, il déplore cependant, le manque de médicaments et les difficultés d’accès aux médicaments, puisqu’il faut souvent se déplacer à Djibo, située à une dizaine de km du site pour se procurer les produits prescrits. Et des fois, le médicament sollicité n’est tout simplement pas disponible.

La vie est tout de même belle

Et Ag Almouwak de confier que juste avant l’arrivée du convoi des journalistes, une vieille personne décédée venait d’être enterrée. Hormis ces difficultés, le vice-président du comité de gestion du site, a indiqué que la communauté des refugiés n’a aucun problème, ni avec les autochtones, ni avec les autorités burkinabè. Et le plus grand souhait de Almahil Ag Almouwak et de ses compatriotes réfugiés au Burkina est le retour de la paix dans leur pays, afin qu’ils puissent y retourner. Kadidia Cissé, jeune mère arabe de trois enfants, au début réticente à parler parce qu’estimant que son français n’est pas à la hauteur, a fini par dire, pointant du doigt son habitat précaire ‘’Vois toi-même, l’eau est rentrée’’.

Et de dénoncer l’alimentation insuffisante pour elle et ses enfants. A la question de savoir où était son mari, elle a tout simplement répondu ‘’il est parti a l’Azawad…’’ Barka Arbi, autre refugiée arabe, quinquagénaire, s’exprimant en bambana, langue nationale du Mali, est restée dans la même dynamique, estimant que la nourriture est insuffisante pour les femmes, enfants et vielles personnes. Elle trouve que le HCR devrait les traiter avec plus d’égard. Au sujet de son conjoint, la plaignante dit ne pas avoir de nouvelles de celui-ci, car il est resté au Mali. Elle ne sait pas s’il est vivant ou mort. Concernant les plaintes de certains réfugies des soins fournis par Médecins du monde, Dr Yacouba Zoungrana, membre de cette organisation, a confié que les réfugiés ont été pourtant impliqués dans la prise en charge de leur propre santé.

Et de préciser que les cas rencontrés où des soins ne pouvant pas être administrés sur place, sont transférés à l’hôpital de Djibo pour de meilleurs soins. Selon le médecin, les pathologies les plus fréquentes sont les infections respiratoires, les parasitoses intestinales qui témoignent de l’insuffisance d’hygiène des populations refugiées et les infections de la peau. Quatre décès ont été enregistrés et Dr Zougrana d’expliquer qu’ils sont intervenus, après évacuation a l’Hôpital de Djibo. Au sujet de l’insuffisance des vivres servis, plainte récurrente des refugiés, Dr Zoungrana pense tout simplement que cette nourriture ne correspond certainement pas à leurs habitudes alimentaires.

Gabriel SAMA

Sidwaya

LIENS PROMOTIONNELS