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Occupation anarchique de la voie publique : La cote d’alerte dépassée
Publié le samedi 30 avril 2022  |  Autre presse
Evacuation
© aBamako.com par FS
Evacuation des tas d`ordures de Daoudabougou et Bacodjicoroni
La mairie de la commune V de Bamako a procédé le Lundi 9 Janvier 2017 à l`évacuation des tas d`ordures de Daoudabougou et de Bacodjicoroni.
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Construites à coup de plusieurs milliards de F CFA, les routes, échangeurs et ponts de la capitale ne sont plus que l’ombre d’eux-mêmes à cause du manque d’entretien, mais surtout de l’occupation anarchique. Y a-t-il encore un pilote dans l’avion ?



Bamako, il est fréquent de voir des véhicules bloquer le passage des usagers. De vieux véhicules garés depuis des années, d’autres en déchargement ; des transports en commun, qui embarquent ou débarquent des clients à tout bout de champ… noircissent davantage le tableau. En outre, nos voies publiques servent de garages. Et comme si tout cela ne suffisait pas, des vendeurs ambulants s’en mêlent et les transforment en marchés… dans l’indifférence de tous. L’occupation anarchique de la voie publique dans la capitale est un casse-tête chinois pour les citadins. Aucun boulevard ou échangeur, aucune avenue ou rue n’échappe plus à la prolifération du commerce ambulant ou le stationnement indu de véhicules. Un fléau que les populations dénoncent, estimant qu’il résulte de l’indiscipline des conducteurs, des vendeurs d’articles divers, mais aussi de l’indifférence de ceux qui sont chargés d’appliquer la loi.

Ouvert à la circulation le lundi 15 novembre 2021, l’échangeur de Yirimadio a été construit à hauteur de 40 milliards de F CFA sur le budget d’Etat. Après plus de 3 ans de travaux, cet échangeur, mesurant 196 m, était censé améliorer la mobilité urbaine. Mais, au lieu du ouf de soulagement attendu, les populations de la Commune VI et tous ceux qui empruntent cette voie déchantent. Ils semblent dire qu’ils ne sont pas encore sortis de l’auberge.

La raison de ce revers de fortune n’est autre que l’occupation anarchique de la voie. Un marché se trouve juste au bord de la route. Les usagers embarquent ou débarquent à tue-tête des Sotrama. Tout comme les passagers de cars interurbains. Le lundi 25 avril 2022, entre 8 h-9 h, ce fut le calvaire pour les usagers. Et sans l’intervention des agents de la circulation routière, il était quasi-impossible de se sortir du tohu-bohu.

Les opérations de déguerpissement sont les seuls moyens pour faire libérer les voies publiques. Mais aussitôt libérés, aussitôt les espaces sont réoccupés, faute de suivi et de sanction. Sinon les opérations menées par le gouverneur du district de Bamako Amy Kane à l’approche du Sommet Afrique-France, ont été appréciées par les Bamakois.

Une passante déclare que la problématique demeurera parce que chacun a sa part de responsabilité. Une autre d’ajouter : “D’habitude, je quitte chez moi à 6 h pour pouvoir déposer les enfants à l’école et être à l’heure au boulot. Je suis sortie aujourd’hui à 7 h parce qu’ils sont en congé et me voilà bloquée ici depuis une demi-heure”.

Fatoumata Niaré est vendeuse de légumes près du nouvel échangeur de Yirimadio. Elle jure qu’elle ne cherche que son pain quotidien et qu’il n’y a pas de magasin dans ce marché pour nous convaincre. Face à notre scepticisme, elle finit par lâcher le morceau : avouant que même s’il y en avait, elle ne serait pas prête à en louer parce qu’ils ne sont pas à portée de tous. “Nous avons beaucoup plus de clients au bord du goudron ici qu’à l’intérieur du marché parce que les gens s’arrêtent avec leurs engins et s’approvisionnent directement”, se défend une interlocutrice.

Même constat au marché de Médine où les camions remorques déchargent toutes sortes de marchandises. Ces camions s’alignent sur des centaines de mètres, bloquant complètement la circulation. Du stade Omnisports jusqu’à “Sikasso Plassi”. Tout est bloqué. Sur cette voie, existe un site dédié aux fruits. Les remorques se déchargent souvent en plein milieu du goudron laissant les revendeuses s’approvisionner. Aux marchés “Ouolofogoubou” et “Wonida”, même spectacle désolant.

La construction ou réhabilitation des routes coûte des milliards de F CFA à l’Etat, qui les laisse ensuite à la merci des occupants anarchiques sans aucune disposition. Les départements des Infrastructures, de la Sécurité et les services municipaux sont interpellés pour éradiquer ce phénomène.

Marie Dembélé

Source: Aujourd’hui-Mali
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