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La justice malienne acculée par Mali Jolies Dew : Deux filles du Général Ismaëla Cissé détenues pour « une affaire banale »
Publié le jeudi 7 juillet 2022  |  Le Républicain
Procès
© aBamako.com par A S
Procès du journaliste Boukary Daou
Bamako, le 23 avril 2013 au tribunal de la commune VI de la cour d`appel de Bamako. Le journaliste Boukary Daou a connu le délibéré de son procès.
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Depuis plus d’un mois, les filles du Général Ismaëla Cissé, Faty dite Dèdè Poulo et Aminata Cissé, sont incarcérées au Centre de détention de rééducation et de réinsertion des femmes et filles de Bollé (prison pour femme à Bamako) par la justice malienne dans l’affaire dite « Mali Jolies Dew ». Les « sœurs Cissé », interpellées parce que soupçonnées par le Procureur de la Commune IV, de collaboration dans les publications de la page facebook, ‘’Mali Jolies Dew’’, ont été inculpées et placées sous mandat de dépôt pour « crime transfrontalier, terrorisme et blanchiment d’argent… ». Hier, mercredi 06 juillet 2022, le Général Ismaëla Cissé s’est confié aux journalistes. Il avait à ses côtés, son beau fils Moussa Kondo, époux de Aminata Cissé. Les deux demandent avec insistance, la libération des « sœurs Cissé », sobriquet par lequel la justice elle-même les nomme, puisqu’aucune preuve n’a été trouvée contre elles dans cette ténébreuse affaire.



Selon le général Cissé, Faty dite Dèdè Poulo et Aminata Cissé avaient bénéficié de la liberté, le vendredi 1er juillet 2022 à 17 heures et avaient même commencé à rassembler leurs bagages pour regagner la famille. Mais, à 19 heures, un peloton de la garde se présente à la porte pour s’opposer à leur sortie de prison. Pour cause, le procureur général près la cour d’appel de Bamako avait fait appel de la décision de liberté accordée par le juge du tribunal spécialisé (Pôle anti-terroriste et de la lutte contre le blanchiment d’argent du tribunal de la Commune VI de Bamako) qui a instruit le dossier et conclu qu’il n’y avait pas matière à continuer de retenir les prévenues, en l’occurrence les sœurs Cissé (Faty et Aminata). Mais cette opposition du procureur général par intérim près la cour d’Appel, Ladji Sara (avocat général), est venue remettre en cause la décision de libération du juge du pôle spécialisé. « C’est l’indignation face à cette situation d’injustice. On ne présente aucune preuve. Tout le monde dit que le dossier est vide, alors pourquoi détenir des épouses et mères dont les enfants ont deux, quatre et huit ans ? C’est moi qui suis certainement visé, et non les enfants. Si c’est le cas, qu’on vienne me chercher, je suis là et je serai à l’aise d’aller en prison. En ce moment, on nous dira ce qui m’est reproché et on devra présenter les preuves des fautes pour lesquelles on me cherche. Je ne peux pas manquer de confiance en la justice de mon pays, mais je suis déçu par le comportement de certains acteurs », a déclaré le général Ismaëla Cissé, qui déplore qu’avec l’appel du Procureur général, la cour d’appel devra statuer là-dessus, et cela va prendre des mois encore pour « une affaire banale ». Faute de preuve, le général Cissé réclame la libération de ses filles (Faty et Aminata Cissé).

Pour sa part, Moussa Kondo, époux de Aminata Cissé, excédé par cette détention prolongée (50 jours) de son épouse, en l’absence de preuve, vient de rendre sa démission du poste de conseiller spécial du président de la transition. « Une enquête de cybercriminalité n’est pas n’importe qu’elle affaire, il faut des preuves. Il ya eu des irrégularités dans la procédure. Elles (Faty et Aminata Cissé) devraient être en liberté provisoire. On attend avec impatience l’issue de cette affaire », a indiqué Moussa Konda, qui affirme s’être réservé de parler de ce dossier jusqu’à ce qu’une décision de justice soit rendue. Ce qui est le cas avec la liberté accordée à son épouse et ensuite remise en cause par l’appel du procureur général. Il a déploré l’opposition du Procureur général près la cour d’appel à la libération des sœurs Cissé, étant donné qu’il n’y a rien dans le dossier qui puisse dénier à son épouse de jouir de ses droits à la liberté, malgré la possibilité de poursuite de la procédure jusqu’à une décision finale.

Selon lui, le droit n’a pas été dit quand on s’oppose à la liberté de son épouse, la réalité des motifs de la détention des sœurs Cissé doit être recherchée ailleurs que ceux évoqués par la justice. Il a invité la justice à s’assumer. Aux dires de Moussa Kondo, la justice soupçonne les sœurs Cissé d’être des collaboratrices de la page Facebook Mali Jolies Dew. « Nous voulons que l’instruction aboutisse dans la plus grande sérénité. Mais la liberté provisoire est un droit de la défense », a-t-il dit. Enfin, s’étonne-t-il de voir que certaines personnes impliquées dans la même affaire, ont bénéficié de la liberté, mais pas d’autres.

A noter que le Parquet du tribunal de la Commune IV du district de Bamako a été dessaisi du dossier concernant la page Facebook “Mali Jolies Den” et le site “Djiarabi.Com” au profit du Pôle anti-terroriste et de la lutte contre le blanchiment d’argent du tribunal de la Commune VI de Bamako. C’est le 12 mai 2022, que le Parquet du tribunal de Commune IV du district de Bamako informait de l’ouverture d’une enquête judiciaire contre une page Facebook dénommée « Mali jolies den -mjd » derrière laquelle se cachent des individus qui, associés en malfaiteurs pour se faire de l’argent, évoluent dans le chantage, l’atteinte à la vie privée, la diffamation, l’injure, l’usurpation d’identité numérique et le proxénétisme à travers le site web : djiarabi.com, indique le communiqué.

Sogodogo/ B. Daou

Source : Le Républicain
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