Accueil    MonKiosk.com    Sports    Business    News    Annonces    Femmes    Nécrologie    Publicité
NEWS
Comment

Accueil
News
Politique
Article
Politique

Jean-Pierre Lacroix à la Primature : «Une opportunité de mettre les choses à plat»
Publié le mercredi 27 juillet 2022  |  L’Essor
Comment


Dr Choguel Kokalla Maïga a réitéré la position de notre pays sur certains aspects de la résolution de l’ONU
 
 
Le Premier ministre, Choguel Kokalla Maïga, a présidé, hier à la Primature, une séance de travail avec une importante délégation des Nations unies conduite par le secrétaire général adjoint, chef des opérations de maintien de la paix, Jean-Pierre Lacroix. La rencontre était élargie à plusieurs membres du gouvernement, dont le ministre des Affaires étrangères et de Coopération internationale, Abdoulaye Diop. 


C’était également en présence du représentant permanent de notre pays auprès de l’Onu, Issa Konfourou. La délégation onusienne comprenait aussi le chargé des questions humanitaires, Alain Noudéhou, le chef de la Minusma, El-Ghassim Wane et bien d’autres responsables onusiens.


Dans son intervention liminaire, le Premier ministre a rappelé que depuis l’installation de la Minusma dans notre pays en 2013, le gouvernement a toujours entretenu un dialogue dynamique avec les Nations unies dans le cadre de la mise en œuvre efficace et efficiente de son mandat. C’est dans cette dynamique, soulignera Dr Choguel Kokalla Maïga, que la présence de cette mission dans notre pays offre l’opportunité aux deux parties de renforcer ce dialogue. Ce, en passant en revue, sans complaisance, les sujets de préoccupations, et en explorant, ensemble, les voies et moyens pour trouver les compromis dynamiques nécessaires et une compréhension partagée sur les enjeux et les attentes de part et d’autre.


 Saluant les efforts de stabilisation de la Minusma, qui opère dans un environnement particulièrement difficile, le chef du gouvernement s’est incliné devant la mémoire de toutes les victimes de la crise multidimensionnelle que traverse le Mali, depuis plus d’une décennie. À ce sujet, il indiquera que le plus grand hommage que l’on rendra aux victimes de cette crise est, assurément, de donner du sens à l’investissement tant humain, matériel, que financier consenti par la communauté internationale pour la stabilisation de notre pays. Pour Dr Choguel Kokalla Maïga, cela requiert indubitablement un changement de paradigme et une évolution de la doctrine des Nations unies.
 
L’UTILITÉ ET LA PERTINENCE- «Comme je l’ai dit le 25 septembre 2021 à la tribune des Nations unies, il n’existe pas de sentiment anti-Minusma au Mali», a rappelé le Premier ministre en relativisant toutefois qu’aussi longtemps que les raisons pour lesquelles la Mission a été déployée ne sont pas comprises et satisfaites, les interrogations sur l’utilité et la pertinence de la présence internationale constitueront des sujets de préoccupation. Des questions qu’il faut savoir aborder avec courage et lucidité et non chercher à éluder avec malice, a-t-il conseillé.


Ainsi, de son point de vue, la crédibilité de toute action de l’Onu sur le territoire malien se jugera à l’aune de notre capacité collective, gouvernement et Minusma, à assurer la protection des populations civiles, lutter contre l’insécurité et le terrorisme. Mais aussi à aider au redéploiement de l’État, au rétablissement de sa souveraineté sur l’ensemble du territoire. Le locataire de la Primature a réitéré la position du gouvernement sur certains aspects de la résolution 2640 du 29 juin 2022 du Conseil de sécurité renouvelant le mandat de la Minusma. « Je vous réitère, ici et solennellement, les fortes réserves exprimées par l’État du Mali, quant au mécanisme des droits de l’Homme, sans notre implication », a-t-il fait savoir.


Il est impératif de renforcer la coordination et de continuer étroitement à travailler ensemble, y compris sur les questions de droits de l’Homme, dont le gouvernement et l’Armée sont à la fois soucieux et respectueux, en vertu de notre culture ancestrale et aussi en vertu de nos engagements internationaux. Le gouvernement a convié la Minusma à des échanges pour clarifier certains aspects de notre coopération afin de créer les conditions propices à la levée de la mesure suspensive de la rotation des contingents de la Mission.
 
SITUATION DES 49 MILITAIRES IVOIRIENS- S’exprimant sur la situation spécifique des 49 éléments de l’armée ivoirienne, Dr Choguel Kokalla Maïga a réitéré à ses interlocuteurs la demande de clarification du gouvernement, des liens légaux ou contractuels entre les militaires ivoiriens concernés, Sahel Aviation Service et le contingent allemand de la Minusma. 

Sur la question se rapportant à la situation des Éléments nationaux de soutien (NSE) des pays contributeurs de troupes, le Premier ministre a souligné la nécessité pour le gouvernement d’une plus grande transparence de la part de la Minusma en ce qui concerne ses effectifs en activité sur le sol malien. De même, que sur les conditions de déploiement et de rotations de contingents militaires et civils et des NSE.


Au terme de la rencontre, le secrétaire général adjoint de l’Onu s’est dit satisfait de cette dynamique positive qui offre l’opportunité pour les deux parties de mettre les «choses à plat» afin de redéfinir la manière de travailler ensemble. Pour que la Minusma soit en mesure d’appuyer les objectifs fondamentaux des autorités, au nombre desquels le retour de l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire.


 À ce propos, Jean-Pierre Lacroix a rappelé que lors du renouvèlement du mandat de la Minusma, il a été demandé par le Conseil de sécurité de procéder à une revue stratégique de la Mission. Cette revue qui tombe au parfait moment permettra de mettre tous les sujets sur la table, de manière à ce que nous puissions identifier des objectifs communs avec les autorités pour en déduire un certain nombre de recommandations « que nous pourrions soumettre au Conseil de sécurité et aux États membres dont le soutien est évidemment indispensable ». 


Le chef des opérations de maintien de la paix a également évoqué la suspension temporaire des rotations de la Minusma. à ce propos, il a souligné que ces rotations sont « sont vitales » en ce sens qu’elles sont indispensables pour que la Minusma puisse travailler. Il s’est réjoui ensuite de la perspective de la rencontre prévue entre les parties pour résoudre cette situation.
Commentaires