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Konimba Sidibé, président du Comité stratégique du M5-RFP Mali Kura : « Choguel K. Maïga s’est adonné aux mauvaises pratiques de gouvernance que nous avions dénoncées…»
Publié le jeudi 11 aout 2022  |  Le Wagadu
Conférence
© aBamako.com par AS
Conférence de presse du M5 RFP Mali Koura
Bamako, le 03 août 2022. Le M5 RFP Mali Koura a tenu une conférence de presse à la Maison de la presse sur la situation actuelle du pays
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Dans un entretien accordé le samedi le 06 août à la chaîne web Neka TV, Konimba Sidibé, président du Comité stratégique du M5-Rfp Mali Kura, a promis de mettre le mouvement de contestation contre le régime IBK sur les rails de la rupture avec la mauvaise gouvernance. Le président du parti Modec a profité de l’occasion pour charger le Premier ministre, Dr. Choguel K Maïga, qu’il accuse de perpétuer les mauvaises pratiques comme le népotisme et le clientélisme.

Cette sortie de l’ancien député de Dioïla intervient quelques jours après le lancement du Comité stratégique M5-Rfp Mali Kura, le mercredi 03 août, à la Maison de la presse. Elle confirme la partition du mouvement qui a été à la base du coup d’Etat contre le régime d’Ibrahim Boubacar Kéïta.

Monsieur le président, quel est votre état d’esprit, après tout ce silence, toutes ces réactions ?

Konimba Sidibé : Mon état d’esprit c’est l’encouragement. Tout ce que nous avons reçu comme retour à notre première sortie médiatique, c’est beaucoup d’encouragement ! Et surtout un immense espoir que nous allons y arriver ; que nous allons pouvoir remettre le M5-RFP sur les rails de la rupture avec la mauvaise gouvernance ; que nous allons arriver à sauver notre pays et à refonder notre pays à aller vers le Mali kura.

D’où provient cette initiative de créer ce nouveau comité stratégique de M5-RFP ?

K Sidibé : Cette initiative s’est imposée à nous, au fait. Nous n’avons pas choisi de la prendre, elle s’est imposée à nous. Pourquoi ? Parce que tout simplement, nous avons constitué le M5-RFP pour combattre des mauvaises pratiques de gouvernance, pour sauver notre pays qui était dans une situation extrêmement difficile et pour aller vers le Mali kura. Il se trouve qu’après avoir été écarté du gouvernement pendant 9 mois, le M5-RFP s’est vu confier le poste de chef de l’exécutif, occupé par son président.

Nous avons tous pensé que l’occasion était venue de mettre en place notre feuille de route. Il se trouve que dès son accession à la primature, notre président du M5, Choguel Kokala Maïga, a immédiatement tourné le dos au mouvement. Comme, pour le répéter lui-même, il a abandonné le M5 en plein vol. En quoi faisant ? En s’adonnant aux mauvaises pratiques de gouvernance que nous avions dénoncées et qui justifiaient la mise en place du gouvernement.

Et pour que cela puisse se faire, il a transformé le comité stratégique du M5-RFP en une caisse de résonnance à son service. Et il se trouvait que les gens à l’intérieur de ce comité stratégique n’étaient pas d’accord avec cette orientation du mouvement, ni avec ce comportement de sa direction, et qui ont tout fait pour ramener le comité stratégique à son esprit initial, originel, pour ramener le gouvernement à l’abandon effectif avec les mauvaises pratiques de gouvernance.

Tout a été fait mais cela n’a pas marché. Donc vous voyez que le conflit qui va aboutir à la création d’une nouvelle direction, est en fait un conflit politique. Loin d’être quelque chose contre la personne de Choguel, c’est vraiment un conflit politique.

Lui, il veut un M5-RFP caisse de résonnance pour l’aider à appliquer ses mauvaises pratiques de gouvernance, donc, pour son agenda personnel. Nous, nous voulons un M5-RFP qui soit un organe de veille, un organe de soutien critique, un organe de proposition d’actions pour faire avancer notre projet Mali kura.

Donc, il a exclu des membres du comité stratégique, illégalement, parce qu’il n’en a pas le pouvoir ; le comité stratégique est constitué des représentants des entités désignés par les entités. Et il a pris plusieurs autres mesures qui, pour les gens, sont les causes de la divergence. Mais non ! Celles-là ne sont que l’expression de la volonté de Choguel K. Maïga d’écarter la partie du comité stratégique qui n’est pas d’accord avec lui, donc de diviser le comité stratégique.

Tout a été essayé pour mettre fin à cela, il n’est pas revenu en arrière. Alors, on avait deux choses, soit on s’en lave les mains, on dit Mali kura c’est fini, ça y est, mais pour qui connaît les auteurs de cette initiative, c’est inimaginable. L’autre solution c’était de dire : on met en place une nouvelle direction puisque l’autre direction a failli, pour reprendre les choses en main.

Quels sont les acteurs qui forment ce nouveau comité stratégique ?K Sidibé : Les acteurs qui en ont pris l’initiative et qui sont dans ce nouveau comité à ce stade, ce sont les dirigeants de l’entité Espoir Mali Kura dirigée par Cheick Oumar Sissoko. Et je vais vous dire, le M5-RFP a été créé par trois entités : la CMAS, le FSD dont je suis membre, et Espoir Mali Kura dont Cheick Oumar est membre.

La CMAS est partie il y a longtemps, vous êtes au courant ; Espoir Mali Kura a écrit pour dire qu’ils ne reconnaissent plus l’autorité du comité stratégique suite aux différentes déviations du comité stratégique.

Vous voyez, parmi les créateurs originels du mouvement, il ne reste plus qu’un seul, le FSD. Donc, il y a Espoir Mali Kura, An Ko Mali Doron de Mme Sy Kadiatou Sow et du Premier ministre Modibo Sidibé, le Modec -que je dirige personnellement-, et plusieurs autres partis qui m’ont rejoint pour créer une entité appelée « Engagé Mali ». Cette entité est aussi membre du comité stratégique. Il y a aussi la plateforme Fa So De de Maître Aly Bathily qui est aussi l’un des ténors du M5-RFP.

Il y a dans ce nouveau comité stratégique une entité formée par un certain nombre de jeunes qui ont été chassés du comité stratégique par Choguel K. Maïga, qui sont aussi des dirigeants d’associations. Et en plus de tout cela, le M5-RFP comprend aussi la diaspora et une grande frange de cette diaspora nous a manifesté son soutien et est avec nous dans cette initiative.

Donc, comprenez qu’une grande frange du M5-RFP a déjà entendu notre message ; elle nous soutient et nous sommes en train de travailler pour rassembler le M5-RFP autour de cette orientation que je viens de vous expliquer.

Si je comprends bien, ce n’est pas le M5-RFP qui vient d’être créé, c’est plutôt le comité stratégique.

K Sidibé: C’est sa direction qui a changé. Une nouvelle direction a été créée.

Pouvez-vous nous faire la différence entre le comité stratégique du M5-RFP dirigé par Choguel Kokala Maïga et celui de Mali kura ?

K Sidibé : Le comité stratégique M5 Mali kura est différent du comité M5 Mali Kɔrɔ en cela que nous, notre comité stratégique est dédié à la réalisation du Mali kura. L’autre comité stratégique a choisi la voie de faire d’IBK sans IBK, c’est-à-dire le Mali Kɔrɔ. Je ne vais pas vous faire mille démonstrations, tout le monde est au courant de ses mauvaises pratiques, le problème des logements sociaux, le recrutement etc.

Nous avons dit à nos camarades, nous n’avons pas lutté contre IBK pour faire ce qui est en train de se faire en ce moment. Le M5-RFP ne sera jamais la caisse de résonnance de quelque dirigeant que ce soit ; il sera un organe de veille, de soutien critique, de proposition d’actions, de manière à ce qu’on abandonne effectivement dans la réalité les mauvaises pratiques de gouvernance, de manière à ce que la sécurité revienne dans ce pays et que l’État soit redéployé partout pour assurer les services publics auxquels tous les Maliens ont droit.

Ce comité stratégique M5 Mali kura a donc l’ambition, non seulement de se battre pour sécuriser, pour refonder, pour rompre avec les mauvaises pratiques, mais surtout construire le Mali Kura après les élections.

Parce que vous savez, si un président élu n’est pas avec cette vision, mais il va immédiatement mettre fin à tout ce qui a été fait comme acquis pendant la transition ! Nous ne voulons pas de ça ! Nous voulons être une force qui compte après la transition pour préserver les acquis de la transition mais aussi surtout pour continuer le chantier Mali kura.

Justement, en parlant des projets d’avenir, est-ce que vous avez déjà un plan d’action pour cette lutte qui est en train de s’amplifier ?

Bon, je commencerai par la feuille de route. Notre feuille de route est celle du M5-RFP qui a été abandonnée par Choguel K. Maïga.

Que vous allez reprendre ?

K. Sidibé : Que nous allons reprendre parce que tout ce que je viens de vous dire fait partie de l’agenda du M5-RFP. La feuille de route qui a été élaborée en 10 points et 17 mesures. Donc si Choguel K. Maïga ne s’était pas tourné vers son agenda personnel, s’il n’avait pas commencé à casser le M5-RFP, s’il avait appliqué notre feuille de route, je crois que ce qui est là aujourd’hui ne serait pas arrivé.

Et ceux qui peuvent être tentés de croire que c’est une question de personne, je rappelle simplement que j’ai été l’un des meilleurs défenseurs du gouvernement de transition de Choguel K. Maïga à ses débuts, parce que je ne savais pas qu’il allait faire ce qu’il a fait.

Au point que lui-même m’a appelé dans son bureau un jour pour me dire : « Konimba, franchement, si tout le monde défendait la transition comme tu le fais, je crois que l’on s’en sortira. » Ça, c’était après plusieurs débats que j’avais animés dont le fameux débat contre mon ami Maître Kassoum Tapo.

Nous tendons déjà vers la fin de cet entretien, alors dites-nous, un seul bateau pour deux capitaines, est-ce que cela pourrait bien marcher ?

Sidibé : Non, il n’y aura pas un bateau pour deux capitaines. La nouvelle direction est celle aujourd’hui qui est dans la démarche originelle du M5-RFP, qui est dans la fidélité aux idéaux du M5-RFP.
Donc, tous les peuples M5 qui tiennent à ce que nous restions dans cette voie, vont nous suivre. C’est en cela que nous pouvons dire que cette direction est réellement légitime ; ce n’est pas la direction qui a trahi les peuples du M5-RFP.

De mon point de vue, on ne peut parler de deux capitaines dans un seul bateau. Il y a un vrai capitaine qui est la nouvelle direction ; c’est une question de temps simplement pour que tous les peuples M5 comprennent la vérité. Vous savez, les gens ont commencé à se poser des questions.

Depuis 9 mois, an et demi, pratiquement, on se pose la question : qu’est-ce qui a changé concrètement dans la façon de diriger notre pays ? Le clientélisme, le népotisme, la corruption etc. ? Qu’est-ce qui a changé ? C’est ça la question. L’injustice est flagrante ; qu’est-ce qui a changé ? Donc vous comprenez que le débat, il est très simple. Il faut qu’on se donne le temps de se poser les vraies questions.

Ensuite, cette nouvelle direction est composée d’hommes et de femmes qui, de mon point de vue, se sont montrés exemplaires jusqu’à preuve du contraire. Nous n’avons aucune casserole derrière nous.

Moi, j’ai été ministre deux fois, j’ai été député et je pense que beaucoup d’autres personnalités de ce mouvement ont été ministres et autres. Nous n’avons pas de casserole derrière ; ça veut dire que quand nous disons gouvernance vertueuse, cela est conforme à notre façon de faire. La parole et l’action doivent se marier.

Fadiala N. Dembélé
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