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Edito : L’AIGE ou la bombe à retardement
Publié le lundi 29 aout 2022  |  L'Alternance
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© aBamako.com par DR
Tirage au sort des représentants des partis politiques et organisations de la société civile au collège de l`AIGE
Bamako, le 22 août 2022. Le tirage au sort des représentants des partis politiques et organisations de la société civile au collège de l`Autorité Indépendante de Gestion des Elections (AIGE) a été effectué au Centre des Conférences de Bamako (CICB).
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On peut affirmer sans risque de se tromper que malgré tous les préjugés favorables au Premier ministre par intérim, le Colonel Abdoulaye Maiga, une tache noire a un peu écorné sa brillante gestion du département de l’administration territoriale, c’est d’avoir été complice de la mise en place de cette Autorité Indépendante de Gestion des Elections, AIGE. Si l’initiative de sa mise en place est unanimement partagée par l’ensemble des forces vives de la nation, la manière dont elle a été faite a laissé pantois plus d’un observateur, transformant ainsi la belle initiative en une bombe à retardement. Sait-on réellement que l’on ne gère pas un pays par approximation ou par tirage au sort ? On doit être à mesure d’assumer tous les actes qu’on pose. La méthode de désignation des représentants des partis politiques dans une structure aussi importante comme l’AIGE ne doit pas être celle d’un tirage au sort, surtout dans un pays qui a une vieille tradition de démocratie et d’élections depuis 1992. Les partis qui ont été retenus par cette méthode archaïque et anti démocratique, sont loin d’être représentatifs de la classe politique et ne semblent avoir aucune expérience en matière de gestion des élections. Pire rares pour ne pas dire aucun de ces partis n’a eu des élus à l’assemblée nationale.

Comment dans une vieille démocratie comme celle du Mali on n’a pas pu trouver des astuces nécessaires ou tout au moins des critères objectifs pour choisir les représentants des partis politiques dans une structure censée gérer au mieux le processus électoral ? La réponse est que cette méthode résulte non seulement du manque d’expérience des gouvernants, mais aussi et surtout d’une mauvaise foi des partis politiques à transcender leurs clivages et à être objectifs. Le premier critère de choix devrait être l’ancrage national des partis qui doivent concourir, le deuxième devrait être les résultats obtenus lors des dernières élections, législatives et communales, le troisième critère doit être relatif à l’expérience et au savoir-faire des partis en matière d’organisation et de gestion des élections afin de mobiliser pour que les scrutins puissent se dérouler normalement, avec une large participation des électeurs et enfin un quatrième critère pourrait être la compétence et l’intégrité des membres qui doivent siéger à l’AIGE. Car autant on ne vient au sein de l’équipe nationale de foot Ball pour apprendre à jouer, autant on ne doit pas venir à l’AIGE pour apprendre à comment gérer une élection. Donc les membres qui doivent figurer dans cette structure doivent jouir d’un certain nombre de qualités.

En somme, il n’est jamais trop tard pour bien faire. Si les autorités renommassent leur tort, elles peuvent faire marche arrière pour le réparer et mettre les choses en bon ordre au grand bénéfice de la démocratie et de la transition dont l’ultime mission est la bonne organisation des élections pour vaincre enfin le signe indien, celui des conflits permanents soit en amont ou en aval des joutes électorales au Mali, malgré notre vieille tradition d’organisation des élections. Au Mali Election a tout le temps été synonyme de crise, soit pré-électorale, soit post-électorale.

Youssouf Sissoko

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