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Macron à Alger : Le colonel Assimi à l’épreuve des intérêts vitaux de son pays…
Publié le mardi 30 aout 2022  |  La preuve
Cérémonie
© aBamako.com par AS
Cérémonie de remise des aéronefs militaires par le Président Assimi Goïta
Bamako, le 09 août 2022. Le Président de la Transition, le colonel Assimi GOÏTA, a présidé la Cérémonie de remise des aéronefs militaires au pavillon de l`aéroport international Modibo Kéita
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Emmanuel Macron, le président français, en visite officielle de travail en Algérie, durant ces deux jours. Voilà qui ravive une leçon diplomatique, fort judicieusement administrée, par le cynisme des intérêts d’Etat, aux militaires au pouvoir qui a aujourd’hui du mal à entretenir des relations de coopération assainies avec de multiples partenaires, y compris dans le camp du proche voisinage. Comme quoi les Etats roulent forcément pour leurs intérêts. Et non pour le matraquage diplomatique.

Ça vous dit une visite officielle du président français en Algérie dans un tel contexte de brouille diplomatique récente vécue par les deux pays ?

Eh bien ! Rien n’y fait : Emmanuel Macron est à Alger, dans le cadre d’une visite de travail de deux jours, au cours de laquelle des entretiens sont prévus entre lui et son homologue algérien. De plus, comme à l’habitude de l’hôte français, il est également question qu’il rencontre la jeunesse algérienne et procède à des visites mémorables, à Alger et dans certaines villes, à des endroits historiques et culturels, à travers le pays.

C’est aussi acté que l’économie, le nerf de la guerre, ainsi que des questions d’actualités, liées aux aspects bilatéraux de la coopération, seront au cœur de cette visite du président français en Algérie, dont le maître mot, on le sait, est bâti autour de l’avenir entre les deux pays.

Quid de la coopération entre le Mali et la France dans cette nouvelle ère dominée par les militaires au pouvoir ?

Franchement, comme disait l’autre, il faut le dire : les relations ne sont pas au beau fixe entre les deux pays, ces derniers temps. Tout est accusations, dénigrement et dédain entre le Mali et la France, depuis la fameuse sortie du Premier ministre, Choguel Kokalla Maïga, à la tribune des Nations-Unies, où il a accusé la France d’avoir «abandonné le Mali en plein vol».

Depuis tout s’est dégradé entre les deux pays au point de voir la France retirer son fort contingent militaire, stationné au Mali dans le cadre de l’opération Barkhane, engagée dans la lutte contre le terrorisme.

La fronde diplomatique avec les pays européens, mêlée avec les exigences de la Cedeao pour un retour rapide à l’ordre constitutionnel, ont fait que le Mali a connu un isolement diplomatique qui le met en difficulté avec bon nombre de ses anciens partenaires traditionnels, y compris dans son propre entourage immédiat.

Comparaison n’est pas raison, dit-on. Mais, comme on le voit, la récente visite du président Macron à Alger, dans un contexte de brouille mesurée entre les deux pays, a démontré que le cynisme des intérêts d’Etat prime sur toutes les autres considérations. Ceci est d’autant plus tangible que le président algérien, en dépit de tout, a qualifié les relations entre la France et l’Algérie de « spéciales ».

Et c’est justement à ce niveau que la junte militaire au pouvoir à Bamako doit tirer toutes les leçons diplomatiques de cette visite officielle du président français en Algérie, en un moment où les deux pays ont traversé une sorte de trouble dans leurs relations diplomatiques.

Comme l’Algérie, le Mali, avec les militaires au pouvoir, a connu des tensions dans ses relations avec la France. Mais seulement avec la différence notable que la France n’est pas, en dépit des contraintes du temps, en rupture de banc diplomatique avec l’Algérie.

Les relations entre les Etats sont ainsi faites : même au plus fort des tensions, qui doivent toujours être évaluées à l’aune des intérêts vitaux, les pays sont censés maîtriser leur « colère », toujours forcément conjoncturelle, pour éviter, entre eux, de connaître la rupture.

C’est la préservation des intérêts d’Etat vitaux, imbriqués les uns aux autres, qui l’impose, au-delà de la surenchère propagandiste du contexte diplomatique, peu productive et toujours stérile devant la sensibilité et la complexité des relations internationales.

A cause du caractère entremêlé des intérêts vitaux du Mali avec les pays, à travers le monde, et par la nature à la fois très sensible et hautement stratégique des relations internationales, les autorités de Bamako sont amenés à désamorcer la tension diplomatique autour du pays, pris aujourd’hui dans des tourmentes de toutes sortes.

Il y va de l’intérêt vital du pays…

Oumar KONATE/La Preuve

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