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Mahamat Saleh Annadif : « Il faut trouver une solution à l’affaire des 46 soldats ivoiriens détenus au Mali »
Publié le mardi 27 septembre 2022  |  Jeune Afrique
16eme
© aBamako.com par Momo
16eme édition du Forum de Bamako
Bamako, le 18 février 2016 le premier ministre Modibo Keita a présidé le 16eme édition du Forum de Bamako au CICB. Photo: Mahamat Saleh Annadif
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Présent à New York la semaine dernière pour l’Assemblée générale des Nations unies, le représentant spécial de l’ONU pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel y a suivi de près les différents dossiers régionaux. En particulier les transitions au Mali, en Guinée et au Burkina Faso. Interview.

C’est un vieil habitué des Assemblées générales des Nations unies, dont il arpente les couloirs depuis des décennies. Mahamat Saleh Annadif a encore participé à l’une d’elles cette année, en tant que représentant spécial de l’ONU pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel.

L’ancien ministre des Affaires étrangères d’Idriss Déby Itno (1997-2003), qui a ensuite dirigé la Minusma, la mission de l’ONU au Mali (2015-2021), y a multiplié les entretiens et les réunions, prenant notamment part au sommet extraordinaire de la Cedeao consacré aux transitions au Mali et en Guinée.

De passage à Paris après le grand raout annuel onusien, le diplomate tchadien a répondu aux questions de JA.

Jeune Afrique : À la tribune de l’Assemblée générale des Nations unies, le colonel Abdoulaye Maïga, le Premier ministre malien, a eu des mots très durs contre les présidents Mohamed Bazoum, Alassane Ouattara et Umaro Sissoco Embaló, mais aussi contre les autorités françaises ou encore contre votre patron, António Guterres… Qu’avez-vous pensé de son discours ?

Mahamat Saleh Annadif : Je préfère ne pas commenter.

Une mission de haut niveau, menée par les présidents Macky Sall, Faure Essozimna Gnassingbé et Nana Akufo-Addo, est attendue en fin de semaine à Bamako pour tenter de régler l’affaire des 46 soldats ivoiriens détenus au Mali. Si aucune solution n’est trouvée à cette occasion, faudra-t-il durcir le ton et envisager des sanctions contre les autorités maliennes ?

Il faut toujours espérer trouver des solutions. Aux Nations unies, notre engagement pour régler cette affaire a été total dès le départ. Le Mali et la Côte d’Ivoire sont des pays importants pour nous : nous sommes déployés dans le premier et le second est un partenaire qui fournit des soldats à la Minusma. Nous encourageons les deux parties à s’entendre et nous soutenons l’engagement de la Cedeao sur cette question.

Et si aucune solution n’est trouvée à l’issue de cette mission de haut niveau ?

Je ne privilégie pas cette hypothèse. Je crois toujours que la sagesse africaine permettra de régler le problème. Ces deux pays ont le même destin.

Estimez-vous, comme certains, que les autorités maliennes pratiquent une forme de chantage dans ce dossier ?

Je n’entre pas dans ce débat. Je dis simplement que pour les Nations unies, il faut trouver une solution à cette affaire. Nous travaillons étroitement avec la Cedeao [Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest]. Tout ce qui handicape son action nous handicape. Nous encourageons donc toute initiative de l’organisation en faveur d’une solution et souhaitons éviter toute mésentente entre les pays de la sous-région.


António Guterres a déclaré la semaine dernière que des « solutions nouvelles » s’imposaient pour la Minusma. Quelles pistes peuvent être envisagées ?

Ces solutions seront décidées après une revue stratégique de la présence de la Minusma. Et c’est le Conseil de sécurité des Nations unies qui est maître en la matière.

Faites-vous confiance aux autorités de transition maliennes pour tenir le calendrier qu’elles ont présenté en juin, avec une élection présidentielle prévue au premier trimestre 2024 ? Selon vous, les militaires qui gouvernent actuellement le pays sont-ils légitimes pour s’y présenter ?

Nous avons toujours dit que nous accompagnions la Cedeao. Tout accord que la communauté économique signe avec tel ou tel pays, nous l’appuyons. Sur cette question du retour à l’ordre constitutionnel, l’interlocuteur du Mali est la Cedeao.

En Guinée, aucun calendrier n’a en revanche été fixé, plus d’un an après le putsch du colonel Mamadi Doumbouya. Lors de leur sommet extraordinaire, la semaine dernière à New York, les chefs d’État de la Cedeao ont décidé de prendre des « sanctions graduelles » contre les autorités de transition guinéennes. Est-ce suffisant ?

Après ce changement de régime à Conakry, il y a eu de très bons contacts avec les nouvelles autorités guinéennes. Puis nous avons basculé dans une sorte de dialogue de sourds. Mais depuis le sommet de la Cedeao du 3 juillet, les contacts ont repris. Un nouveau médiateur a été désigné en la personne de l’ancien président béninois Thomas Boni Yayi. Il a effectué deux missions là-bas.

Par ailleurs, il ne faut pas dire que les autorités guinéennes n’ont pas proposé de calendrier. Elles en ont proposé un, étendu sur trente-six mois. La Cedeao leur a dit que ce délai n’était pas acceptable. À l’issue du sommet du 3 juillet, elle a donné un mois aux autorités guinéennes pour proposer un autre calendrier consensuel et raisonnable, accepté par les différents acteurs guinéens.


Nous sommes le 26 septembre et aucun calendrier n’a été proposé…

Effectivement. C’est pour cela que le sommet de la Cedeao de la semaine dernière, à New York, a enclenché ce processus de « sanctions graduelles ». Le dialogue existe. Et tant qu’il y a dialogue, il y a possibilité d’accéder à un compromis.

Qu’est-ce qui vous paraît être un calendrier raisonnable en Guinée ?

Je l’ai dit dès le 13 septembre 2021, quelques jours après le coup d’État contre Alpha Condé : un calendrier raisonnable, c’est un calendrier consensuel entre les acteurs guinéens et accepté par la Cedeao.

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