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Entre Nous : H o n t e u x ! ! ! : La Tunisie en mode Kaïs-Le Pen–Zemmour
Publié le lundi 27 fevrier 2023  |  Le challenger
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«Il existe un plan criminel pour changer la composition du paysage démographique en Tunisie et certains individus ont reçu de grosses sommes d’argent pour donner la résidence à des migrants subsahariens». Ces propos du Président tunisien, Kaïs Saïed, sont extraits d’un récent communiqué revêtant le cachet de la Présidence de la République, première institution du pays. Pouaahh !!

Ainsi le Chef de l’Etat tunisien s’insurge contre les «hordes de migrants clandestins» qui seraient à la base de «violences, crimes et actes inacceptables». Il ose insister sur «la nécessité de mettre rapidement fin» à cette immigration. Car il voit là «une volonté de faire de la Tunisie seulement un pays d’Afrique et non pas un membre du monde arabe et islamique» !!!

Les réactions n’ont pas tardé à tomber. A commencer par les Tunisiens eux-mêmes.

Ainsi le Porte-parole du Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux, Romdhane Ben Amor, a fait part de son indignation : «Nous avons honte du discours du Président. Nous protestons contre les mots utilisés qui stigmatisent et discriminent les migrants subsahariens».

Ensuite, celles en série des ONG tunisiennes, au nombre d’une vingtaine : « l’Etat tunisien fait la sourde oreille sur la montée du discours haineux et raciste sur les réseaux sociaux et dans certains médias. Ce discours est même porté par certains partis politiques qui mènent des actions de propagande sur le terrain, facilitées par les autorités régionales.»

« Les propos très durs du président tunisien sur les migrants subsahariens ont choqué une grande partie de l’opinion et réveillé de vieux démons. Les immigrés vivent désormais dans l’angoisse, tandis que la société civile a trouvé une nouvelle raison de se déchirer», a écrit Jeune Afrique dans un article mis en ligne le 23 février 2023 sous le titre : «Pourquoi Kaïs Saïed a réveillé les démons du racisme anti-subsaharien».

Dans les colonnes du journal «Le Figaro», l’anthropologue Kenza Ben Azouz, spécialiste du racisme en Tunisie, évoque une logique populiste et opportuniste. «Kaïs Saïed s’approprie un discours d’extrême droite sur la migration qu’il n’aurait jamais toléré si celui-ci avait été prononcé en Europe sur la migration irrégulière des Tunisiens…. En prenant pour bouc émissaire la communauté subsaharienne sans s’attaquer de fond à la question migratoire, il s’ancre dans une logique populiste et opportuniste», a-t-il déclaré.

Selon un communiqué de la Commission de l’Union Africaine, « Moussa Faki MAHAMAT, condamne fermement les déclarations choquantes faites par les autorités Tunisiennes contre des compatriotes Africains, qui vont à l’encontre de la lettre et de l’esprit de notre Organisation et de nos principes fondateurs ». « Au nom du Président, la Vice-Présidente, Dr Monique Nsanzabaganwa, et la Commissaire de l’UA pour la Santé, les Affaires Humanitaires et le Développement Social, Amb. Minata Samate, ont reçu le Représentant Permanent de la Tunisie accrédité auprès de l’Union Africaine afin d’exprimer les vives préoccupations de l’Union Africaine quant à la forme et le fond de la déclaration ciblant des compatriotes Africains, nonobstant leur statut légal dans le pays », détaille le texte.

Les propos du Président tunisien sont à la fois condamnables et haïssables. Des propos racistes et haineux qui livrent les ressortissants d’Afrique subsaharienne à la vindicte populaire. Kaïs Saïed marche sur les plates bandes de Marine Le Pen et Eric Zemmour. Vraiment, ceux dont le seul tort est d’être des noirs souffrent de la montée des extrêmes.

Les migrants subsahariens doivent cesser d’être des boucs émissaires ou des fonds de commerce pour des autorités à l’image du Président Kaïs Saïed et son gouvernement dont les dérives autoritaires plombent depuis quelques années la démocratie tunisienne.

Les réactions de l’Union européenne et des Nations Unies sont vivement attendues sur les actes en cours contre les «migrants noirs» en Tunisie.

Par Chiaka Doumbia
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