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Restauration de la démocratie au Mali : Le temps est venu de faire le grand ménage
Publié le vendredi 11 octobre 2013  |  Le Zenith Bale


© Autre presse
Karim Keita, fils de Ibk


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Depuis quelques jours, la rumeur colportait que le fils du nouveau Président de la République du nom de Karim Keïta ambitionne d’être candidat aux prochaines élections législatives. A présent, sa candidature se précise de plus en plus. Il s’apprête à se lancer dans la bataille en commune II du District de Bamako.

Pour donner plus de crédibilité à sa candidature, les gens indiquent çà et là que ses descendants sont issus de ladite commune. Je n’ai rien contre sa prétention à vouloir se lancer dans la course. Après tout, il jouit de la nationalité malienne en plus il est majeur. A ce titre, il peut se le permettre, je ne vois aucune raison de l’en empêcher. Au cas où il souhaite aller au bout de ses ambitions, les résultats issus des urnes l’aideront à cerner davantage la cruauté du monde politique. Ce qui importe pour les habitants de cette localité demeure sa capacité à bâtir un projet concret, bien ficelé pour le bien-être des habitants des premiers quartiers de Bamako.


Le plus choquant dans ce pays se situe à un autre niveau. J’estime que lorsqu’on veut devenir candidat dans une localité on doit se battre pour le mériter et non d’être parachuté au sein de la population comme on le remarque le plus souvent dans nos communes. Notre pays ferait mieux de s’inspirer du modèle occidental pour restaurer sa démocratie. Si nous voulons que le Mali s’achemine vers le changement, un grand chamboulement mériterait de se concrétiser ayant trait aux critères d’élection des Députés de l’Assemblée Nationale. Cette nécessité s’impose désormais. Un candidat à la députation doit résider dans la localité et vivre en symbiose avec ses électeurs avant de faire acte de candidature. Au nom de quoi veulent-ils faire la chasse aux voix des électeurs sans pour autant connaître leur quotidien ? N’y'a-t-il pas de ce point de vue la convoitise d’intérêt personnel plutôt que celui du collectif en jeu ? Tel n’est malheureusement pas le cas depuis l’avènement de la démocratie au Mali. Il y’a lieu de mettre un peu plus d’ordre dans nos habitudes avant d’aller aux urnes pour ne pas se mordre les doigts plus tard. Voilà pourquoi, il serait mieux que les futurs Députés s’installent et vivent dans la commune dont ils sont les ressortissants. Une des conditions de devenir Député doit être liée forcement à son lieu de résidence et une parfaite connaissance de terrain. Les enjeux de la localité doivent être vécus, connus et maitrisés par le candidat à la députation ou à la mairie.

Un député de la commune II doit résider en commune II. Tout comme le Député de la commune V élira domicile en commune V. Elire domicile ne veut pas dire de souscrire à une adresse fantaisiste ou de complaisance, le candidat doit élire domicile et résider dans sa circonscription électorale. Pour mieux servir sa circonscription rien n’empêche de vivre au milieu de ses électeurs et s’imprégner des dures réalités que de vouloir les résoudre à distance. De nos jours, une majorité de maliens pensent que devenir maire se résume à morceler et vendre les terres. Faisons attention à l’effet entrainé par la députation pour ne pas croire qu’on peut être domicilié à Kidal et devenir député de Yelimané. Le Député de Yelimané doit s’implanter dans sa circonscription mais pas à Bamako encore moins à Kidal. Combien de Députés maliens dans l’hémicycle sont-ils dans ce cas de figure ? L’organe en charge de valider les candidatures doit travailler dans le respect de ses droits et légalités autour de la question de la recevabilité des demandes de candidatures. C’est un mal qui gangrène les jeunes démocraties en Afrique.


A ce rythme, Yacouba devenu locataire de l’hémicycle, résident à l’ACI 2000 pourrait se pavaner à Bamako avec les honneurs dus à son rang et se taper fièrement la poitrine en vociférant à tout bout de chemin qu’il est le Député de Tessalit.


J’estime que dans la foulée de l’élection présidentielle il serait merveilleux que nos plus hautes autorités s’activent à mettre de l’ordre dans les jeux politiques. On ne peut pas courir et se gratter le pied en même temps. Un Député doit élire domicile dans la circonscription de ses électeurs. Fini le temps des élus coupés de leurs bases, ces députés qu’on ne voit qu’au moment des élections. Il est temps que le peuple se réapproprie sa démocratie. La démocratie n’est-elle pas le pouvoir du peuple ? Que le peuple puisse demander des comptes aux élus, ces députés alimentaires, insouciants du devenir du peuple, de l’électorat. Il faut demander des comptes sur base de leur programme, qu’ont-ils fait ? Comment où et pour qui ? Qu’est-ce qu’ils n’ont pas fait ? Que reste-t-il à faire ? Etc.


Par ailleurs, ce ne sont pas les moyens qui manquent aux Députés pour rallier l’Assemblée Nationale à savoir de grosses cylindrées. Ils disposent des moyens conséquents dans le contexte malien pour se déplacer et des bons d’essence qui vont avec. Sans compter l’obtention de la retraite parlementaire pendant leurs vieux jours. Rien n’empêche ceux d’entre eux qui veulent vivre dans la capitale de s’installer à Bamako et de battre campagne dans une des six communes de leur choix. Il convient également de rappeler que le rôle dévolu à un Député ne se résume pas qu’à lever le petit doigt pour ensuite aller dormir les poings fermés. Les citoyens attendent beaucoup d’eux. Docteur Oumar Mariko saura mieux que moi vous l’indiquer en toute franchise…


Des meilleures dispositions devaient être prises pour éradiquer l’achat des voix. Celui qui veut devenir Maire ou Député ferait mieux de creuser la tête et faire preuve d’imagination autant que d’innovation pour sa circonscription que de vouloir s’accaparer d’un pouvoir qu’il ne mérite point. Aujourd’hui beaucoup trop de Maires et de Députés sont installés sur des fauteuils éjectables. Les élections législatives à venir nous le démontreront sans faute. Méfiance aux papillons politiques sans conviction ni scrupule qui virevoltent sans cesse entre les partis politiques. Tout comme les fourmis dénommées en langue Bambara : » Kolokoloba » ils veulent sans cesse patauger puis rendre l’âme dans le doux miel. Ne vous en faites pas, bientôt ils seront démasqués les uns après les autres.


Aboubacar Eros SISSOKO

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