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Mali: plus de 20 civils tués dans une attaque imputée aux jihadistes
Publié le mercredi 3 juillet 2024  |  AFP
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© Autre presse par DR
Le Gouverneur de la Région de Mopti et la Cheffe du Bureau régional de la MINUSMA en visite de soutien dans le village de Peh
Suite à une attaque perpétrée, dans la nuit du 13 au 14 novembre 2019 contre le village de Peh, dans la région de Mopti, le 18 novembre dernier, le Gouverneur de la Région, Abdoulaye Cissé et Fatou Dieng Thiam, la Cheffe du Bureau régional de la MINUSMA, y ont effectué une visite.
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Plus de vingt civils ont été tués dans un village du centre du Mali lundi lors d'une violente attaque imputée aux jihadistes actifs dans la région, un des foyers de la violence au Sahel, ont annoncé des responsables locaux.

"Au moins 21 civils ont été tués" dans le village de Djiguibombo, à quelques dizaines de kilomètres de Bandiagara, en pays dogon, a dit un responsables du gouvernorat tôt mercredi, en attribuant l'attaque à des jihadistes.

Un autre responsable a fait état plus tôt dans la nuit d'une vingtaine de morts et indiqué que la situation sécuritaire avait empêché les autorités de se rendre sur place. Un représentant local des jeunes a cependant rapporté la venue de l'armée après coup.

Les deux responsables du gouvernorat s'exprimaient sous le couvert de l'anonymat compte tenu de leurs fonctions et du silence instauré sur de tels évènements sous la junte au pouvoir depuis 2020.

L’attaque, lancée avant la tombée de la nuit, "a duré environ trois heures", a dit le représentant local des jeunes, qui tient lui aussi à garder son identité secrète pour sa sécurité. "Vingt personnes ont été tuées. Plus de la moitié sont des jeunes. Certaines victimes ont été égorgées", a-t-il dit.

"Beaucoup d’habitants ont fui vers Bandiagara. Ceux qui sont restés n’ont même pas pu enterrer correctement les morts", a-t-il déclaré.

Les exactions attribuées aux groupes armés jihadistes afiliés à Al-Qaïda ou à l'organisation Etat islamique, aux milices et même aux forces régulières prennent communément beaucoup de temps pour être rapportées ou corroborées dans un contexte sécuritaire dégradé et en l'absence de relais d'information rapide et fiable dans des zones aussi reculées.

- Rupture stratégique -

Le centre du Mali est l'un des principaux foyers de la violence déclenchée en 2012 par des insurrections indépendantiste et salafiste dans le nord et qui s'est étendue à de vastes zones ainsi qu'aux pays sahéliens voisins, Burkina Faso et Niger.

Les violences ont fait des milliers de morts et des centaines de milliers de déplacés. Les civils en sont les premières victimes, rappellent régulièrement les défenseurs des droits humains qui dénoncent une grande impunité.

Le centre est en proie aux abus jihadistes et aux représailles entre communautés depuis l'installation en 2015 de la Katiba Macina, afiliée à Al-Qaïda et dont l'émergence a ranimé ou avivé les vieilles rivalités locales autour de l'accès aux ressources.

Les groupes islamistes radicaux imposent aux populations des pactes aux termes desquels ils les laissent relativement vaquer à leurs occupations en échange du paiement d'un impôt, de l'acceptation des règles islamiques et de la non-collaboration avec l'armée malienne ou d'autres groupes armés.

Les populations risquent des mesures de rétorsion en cas de non-respect.

Les colonels qui ont pris le pouvoir par la force à Bamako en 2020 assurent régulièrement avoir repris l'initiative face aux jihadistes, mais aussi aux indépendantistes dans le nord.

Rompant l'alliance militaire avec la France, la junte s'est rapprochée de la Russie et associée à des éléments qu'elle a présentés comme des instructeurs de l'armée russe mais qui sont, selon une multitude d'experts et d'observateurs, des mercenaires de la société privée russe Wagner ou de ce qu'elle est devenue.

Le bilan sécuritaire de cette rupture stratégique malienne est controversé, en raison notamment de la poursuite des violences sur le terrain.

bur-lal/emd
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