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Mouvement «Nous sommes la solution» : Quand la propriété foncière des femmes devient un enjeu de souveraineté alimentaire
Publié le jeudi 25 juillet 2024  |  Le Matin
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Présidente de l’Ong «Nous sommes la solution» (NSS), Mariama Sonko œuvre à révolutionner l’agriculture grâce à l’agro-écologie durable. Son mouvement revendique aujourd’hui 175 000 membres dans 8 pays de l’Afrique de l’ouest, dont plus de 10 000 femmes au Sénégal, qui valorisent les savoirs et pratiques traditionnels afin de garantir la souveraineté alimentaire.

Suite à la disparition tragique de son père durant son enfance, Mariam Sonko a dû faire face à des défis considérables avec sa mère pour subvenir aux besoins de sa famille. Comme de nombreuses femmes au Sénégal et en Afrique de l’ouest, elle a été confrontée à l’inégalité foncière qui prive les femmes de leur droit à la propriété terrienne, les obligeant souvent à quitter leur communauté lorsqu’elles se marient.


Mais Mariam Sonko était déterminée à écrire sa propre histoire en s’attaquant aux préjugés. Après avoir déménagé dans la ville de son mari, elle a rapidement pris l’initiative de louer une petite parcelle de terre pour créer un jardin fruitier et maraîcher avec un groupe de femmes. Malheureusement, après cinq années de travail acharné, elles ont été expulsées par le propriétaire foncier. C’est à ce moment-là que Mariam Sonko a décidé de prendre les choses en main pour qu’une telle mésaventure ne se reproduise plus Aujourd’hui, elle est la présidente d’un mouvement de défense des droits des femmes rurales de 175 000 membres en Afrique de l’ouest. Dénommé «Nous sommes la Solution» (NSS), il a été lancé en 2011 par douze organisations de femmes rurales du Burkina Faso, du Ghana, de la Guinée, du Mali et du Sénégal sous la conduite de leurs leaders. Plus de 500 Associations de femmes rurales (AFR) y ont adhéré depuis. Ce qui ne surprend guère puisque l’objectif est d’assurer l’autonomisation des femmes rurales en leur fournissant une formation agricole, en les informant de leurs droits et en finançant des projets agricoles en leur faveur.

Grâce à son centre de formation, Mariam Sonko a formé des centaines de femmes de différents pays (Sénégal, Guinée-Bissau, Gambie, Mali) aux pratiques agricoles durables telles que l’agroforesterie et le micro-jardinage. Ce centre emploie désormais plus de 20 personnes et bénéficie du soutien de petites organisations telles que le Fonds d’agro-écologie et le Fonds climat. Malgré l’immensité des défis, Mariam Sonko est fermement déterminée à faire de la souveraineté alimentaire une réalité en Afrique avec surtout l’implication des femmes. «Mon grand combat au sein du mouvement est de faire comprendre à l’humanité l’importance des femmes», rappelle-t-elle fréquemment dans ses entretiens avec la presse.

A travers son leadership inspirant, Mariam Sonko incarne la résilience et la détermination des femmes rurales du Sénégal et d’Afrique face aux défis sociaux et environnementaux. Son histoire rappelle que «les femmes sont non seulement des agents de changement, mais aussi des piliers essentiels pour bâtir un avenir plus durable et équitable pour tous».

Moussa Bolly

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