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Coup d’Etat du 22 mars 2012 : « Gros foulard » défend la junte
Publié le mercredi 4 juillet 2012   |  Le 26 Mars


Madame
© Autre presse par DR
Madame Aminata Dramane Traoré , ex ministre malienne de la Culture


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Il y a quelques jours, Madame Aminata Dramane Traoré ex ministre malienne de la Culture, Opératrice économique, alter mondialiste et écrivain entre autres participait à un débat (« Situation politique et sociale au Mali ») sur une chaîne de télévision française.

Madame « Gros foulard » soutenait que, si il n’y avait pas eu de coup d’Etat le 22 mars 2012 « il y aurait eu de toutes les manières un coup d’Etat un autre jour ». Cela, parce que, disait-elle, les maliens ont vécu pendant 20 ans dans la misère, alors que les dirigeants politiques élus avec un taux de participation de 30% se sont enrichis sur leur dos.

Madame Aminata D. Traoré a cependant omis de préciser qu’elle même a été ministre durant ces 20 dernières années et qu’elle s’est bougrement enrichie. De quelle manière ?
L’artisanat est un des piliers du secteur informel dans la plupart des pays en développement, notamment en Afrique. Mais, très souvent, des artisans très qualifiés et doués, sont contraints dans nos pays, d’abandonner leur métier au profit d’autres activités, en raison de facteurs socio-économiques dont ils n’ont point la maîtrise.

Entre autres, on peut citer la pénurie de capitaux, le manque de services sociaux, juridiques, l’inaccessibilité au crédit, la rareté des matières premières et surtout, l’absence de commercialisation et la concurrence des produits manufacturés.

Et, c’est pour freiner le phénomène, surtout dans les pays où la qualité des tissus fabriqués à la main constitue un des socles de l’économie et pour aider les tisserands à avoir des revenus durables, que l’UNESCO a mis en place un programme dénommé « Mode au service du développement ». Ce programme a pour but de faire connaître le travail des tisserands traditionnels et de créer des liens entre artisans, stylistes et acheteurs.
« Mode au service du développement », ouvre également des débouchés aux produits de l’artisanat textile, réunit les principaux éléments dont le savoir-faire, l’assistance technique et commerciale afin d’aider les tisserands à établir des micro-entreprises viables.
Dans ce cadre, l’UNESCO avait organisé du 28 Septembre au 7 Octobre 1999 à son siège à Paris, une manifestation dénommée « Magiciens du fil », à l’intention des tisserands d’Afrique.
Des artisans du Bénin, du Cameroun, de la Côté d’Ivoire, du Gabon, du Ghana, de Madagascar, de la Mauritanie, du Niger, de l’Ouganda, du Sénégal et du Mali, ont pris part à la grande rencontre.

Les représentants des pays cités ci-dessus, devaient exposer toutes sortes de textiles et d’accessoires faits à la main, disponibles à la vente et effectuer des démonstrations sur des matières à tisser, aussi bien traditionnels que modernes. Il s’agissait aussi et surtout, pour les tisserands d’Afrique de s’exprimer sur leurs difficultés économiques et la précarité de leur avenir.
Comme tout le monde au Mali le savait, à l’époque, le tissage et les autres formes d’artisanat avaient un département de tutelle qui était le Ministère des industries, du Commerce et de l’Artisanat.

Tout le monde ? Sauf, Mme Aminata D. Traoré Ministre de la culture.
Première informée (relations et créneaux sont toujours utiles), Mme la Ministre en avait fait sa chose personnelle et entreprit de gérer la participation « malienne en dehors du Gouvernement dont elle est censée être membre. » « Out » donc le Ministère de l’Artisanat et place à la famille !
Notre pays sera donc représenté par la mère, la fille, et le majordome. Mais, pour le malheur de notre Ministre, le département de l’Artisanat avait fini par recevoir une invitation officielle de l’UNESCO.

Ainsi, une délégation de six personnes conduite par une responsable du Ministre de l’Artisanat s’était retrouvée à Paris face à la délégation de… « Mme Culture ».
Cette dernière dirigée par la propre fille du Ministre de la Culture Madame Aminata D. Traoré et résidant à Paris. Un tour de passe passe peu honorable, mais qui aurait pu payer.
En effet, la fille de Mme la Ministre Aminata Dramane Traoré avait été élogieusement et abusivement présentée alors que « Dou Couture » qui est honorablement connue à Bamako et à l’extérieur avait été mise en instance.

La délégation du Ministère de l’Industrie, du Commerce et de l’Artisanat, s’adressa alors aux organisateurs pour leur prise en charge. La révélation avait été foudroyante : l’UNESCO avait alloué 60 millions en Fcfa pour la prise en charge de la délégation malienne et la somme avait été entièrement versée au Ministère de la Culture.

La seule solution qui restait à la délégation du Ministère de Madame Fatou Haïdara, était de se prendre elle-même en charge. Six millions ont été payés à cet effet.
La délégation du Ministère de l’Industrie, du Commerce et l’Artisanat, devait alors prendre part à la rencontre comme simple figurante.
Les tisserands qui prenaient part à la délégation ne purent réaliser leur exposition que dans les couloirs de l’UNESCO à Paris.
Que s’était-il passé avec les 60 millions versés au compte du Ministère de la Culture pour la prise en charge de la délégation malienne ?
A ce jour encore, on n’en sait rien.
Ce cas malheureusement de magouille à un haut niveau, venait s’ajouter à des précédents encore frais dans les mémoires.

Une autre magouille !
En effet, la direction générale du célèbre hôtel Kanaga de Mopti, décidait en 1999, après réconfection du complexe, de s’octroyer les services d’un atelier de décoration.
Les responsables de l’hôtel Kanaga s’apprêtaient ainsi, à faire un appel d’offres, avec tous les avantages que le genre d’opération offrait non seulement au complexe hôtelier, mais aussi aux différents artistes maliens de concourir légalement et à chance égale à l’offre.
Peine perdue. Pour le malheur des responsables du Kanaga, mais aussi des autres artistes maliens. Madame Aminata Dramane Traoré, Ministre de la Culture et du Tourisme, et surtout hôtelière, artiste, tisserand et autre… de profession, au parfum des intentions des responsables du Kanaga, avait cogné sur la table quand bien même, l’hôtel Kanaga est privatisé. Point d’appel d’offres ! Car Madame était intéressée par le marché et disposait d’un atelier de décoration à Bamako.
On ne contrarie pas un Ministre de la culture et du Tourisme, surtout quand on relève de son département.
Seule, à défaut de concurrents, le « Gros foulard » avait imposé le prix à payer. On parlait de plusieurs millions.
« Madame Culture », agile comme une aiguille, le flair exceptionnel, n’en restera par là. Elle tentera un autre coup à Djenné.

Dans cette petite ville touristique, l’Administration qui dispose d’un pied-à-terre insalubre et délabré, décidait de donner le local en gérance privée.

Vite informée, Madame Aminata Dramane Traoré se rendit aussitôt sur les lieux, se proposa acquéreur et demanda que l’offre ne soit pas diffusée. Mais, cette fois, le « Gros foulard » devait retourner bredouille à Bamako. Car, indignés, les responsables de la localité s’étaient opposés à son entreprise.

Le commun des Maliens avait du mal à admettre qu’à un si haut niveau de responsabilité, il y avait des magouilleurs. Hélas, la réalité était bien là.
Alors, comment peut-on comprendre qu’aujourd’hui, Madame Aminata D. Traoré s’exprime au nom des Maliens « victimes depuis plus de 20 ans de corruption et vivant dans la misère » ?
Si le ridicule pouvait… tuer.

Boubacar Sankaré

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