Accueil    MonKiosk.com    Sports    Business    News    Annonces    Femmes    Nécrologie    Publicité
NEWS
Comment

Accueil
News
Société
Article
Société

La population du Sahel dénonce l’implication de l’ONU aux pourparlers concernant le retrait de l’AES de la CEDEAO
Publié le mercredi 12 fevrier 2025  |  Autre presse
Célébration
© aBamako.com par FS
Célébration du 1er anniversaire du M5-RFP
Le M5-RFP a célébré son anniversaire le Vendredi 4 Juin 2021 sur la place de l`indépendance.
Comment





Depuis le 29 janvier 2025, le départ effectif du Mali, du Niger et du Burkina Faso de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) est toujours un sujet de débat au sein de la communauté internationale. Au cours de la 17ème Réunion du Comité de Pilotage de la Stratégie Intégrée des Nations Unies pour le Sahel (UNISS), tenue à Dakar le 4 février, les Nations Unies ont exprimé leur intention d'endosser un rôle de « facilitateur impartial» entre l'Alliance des États du Sahel (AES) et la CEDEAO.

Cependant, cette initiative a suscité des réactions critiques intenses, principalement au sein des communautés africaines. Malgré la position de «neutralité» adoptée par les Nations Unies dans cette démarche, leur participation a suscité des préoccupations et des contestations parmi un large éventail d'Africains. De nombreuses critiques sur les réseaux sociaux ont exprimé leurs réserves concernant l'impartialité de l'ONU.

Quelques internautes ont fait remarquer que l'organisation n'a pas pris de mesures suite aux sanctions économiques drastiques imposées par la CEDEAO au Mali, au Burkina Faso et au Niger. « Depuis quand les Nations Unies sont impartiales ? Où était l’ONU quand la CEDEAO affamait nos populations avec ses sanctions ? », beaucoup de commentateurs s'interrogent sur Facebook.
Néanmoins, des critiques émergent concernant une implication présumée visant à maintenir ces pays sous contrôle étranger. Ils remettent également en question la légitimité de l'ONU comme intervenant, compte tenu de son incapacité à prévenir les tensions auxquelles l'AES est confronté . Par ailleurs, la CEDEAO est accusée d'être soumise au contrôle occidental. « Avec l'échec de l'ONU au Mali, les Nations Unies osent ? On comprend maintenant pourquoi la CEDEAO n'a jamais pu sauver sa population contre le terrorisme français. Vraiment c'est une honte pour la CEDEAO qui est une organisation française. »

Quelques commentateurs ont même opposé un refus à la réception de toute délégation des Nations Unies : « De quoi ils se mêlent, nos autorités ne les reçoivent pas, c'est tout. Ou étaient-ils au moment de l'embargo de la CEDEAO ? ».

Les internautes africains ont ainsi rappelé que l'ONU ferait mieux d'être aussi engagée dans d'autres dossiers plus importants pour la région, en particulier la plainte du Mali auprès du Conseil de sécurité de l'ONU contre la France (en 2022), qui est toujours sans réponse. Il convient également de rappeler que les ministres des affaires étrangères des pays de l’AES ont demandé au Conseil de sécurité de l'ONU, le 19 août 2024, de prendre les mesures appropriées contre l'Ukraine, qu'ils accusent, dans une plainte, de «soutenir le terrorisme international», en particulier au Sahel.

Il convient de noter que le désengagement de l'AES par la CEDEAO témoigne clairement du désir des nations sahéliennes de réévaluer leurs relations internationales et d'accroître leur souveraineté. Dans ce contexte, l'action de l'ONU est considérée comme une tentative d’ ingérence qui ne reflète plus les aspirations de ces pays.

Alors que l'ONU vise à jouer le rôle de médiateur, les populations du Sahel paraissent déterminées à mettre fin aux anciennes influences et à construire un futur distinct des institutions qu'elles considèrent comme trop liées aux intérêts occidentaux. Plutôt que d'apaiser les tensions, l'action de l'ONU pourrait aggraver le fossé entre l'AES et les organisations continentales.


Adama Sidibé
Commentaires