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La menace jihadiste s’étend vers le Sénégal et la Mauritanie, selon un rapport du Timbuktu Institute
Publié le mercredi 30 avril 2025  |  Guineematin.com
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© Autre presse par DR
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Les jihadistes du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (Jnim), affilié à al-Qaïda, renforcent leur présence dans l’ouest malien et inquiètent désormais les pays voisins. Un rapport du Timbuktu Institute publié hier, lundi 28 avril 2025, tire la sonnette d’alarme.

Le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (Jnim) intensifie ses actions dans la région de Kayes, à l’ouest du Mali. Selon les conclusions du Timbuktu Institute, un centre de recherche basé au Sénégal, ces activités jihadistes ont connu une progression « exponentielle », au point de représenter aujourd’hui une menace grandissante pour la Mauritanie et le Sénégal, deux pays voisins du Mali.

Le rapport, qui s’appuie notamment sur les données de l’ONG Acled, révèle une multiplication par sept du nombre d’attaques dans la région de Kayes entre 2021 et 2024. Ces attaques, qui prennent la forme d’embuscades, de poses de mines artisanales ou d’autres actes violents, ciblent essentiellement les forces de sécurité maliennes. Mais certains civils sont aussi touchés : en décembre dernier, Thierno Hady Tall, un prêcheur malien soupçonné de connivence avec les autorités militaires, a lui aussi été visé.

Au cœur de cette stratégie se trouve la route reliant Bamako à Kayes, puis au Sénégal. « Cette stratégie vise à isoler, à moyen ou long terme, Bamako de sa principale voie d’approvisionnement », selon le Timbuktu Institute, tout en visant à « disperser les efforts des forces de sécurité » afin d’« encercler Bamako ».

Le rapport évoque également l’expansion des pratiques jihadistes dans l’ouest malien, déjà bien ancrées dans le centre du pays : multiplication des prêches, prélèvements de taxes sur les populations locales, et contrôle accru sur certaines zones économiques.

Plus préoccupant encore, le Timbuktu Institute avertit que le Jnim « se prépare à pénétrer le Sénégal et la Mauritanie ». Le groupe jihadiste s’y immisce progressivement à travers divers « secteurs et circuits économiques », notamment le trafic de bétail et celui de bois.

Bien qu’il ne contrôle pour l’instant aucun territoire ni ne dispose de base fixe dans ces deux pays, le Jnim parvient à « s’y implanter par des circuits commerciaux », lit-on dans le rapport. Des animaux volés sont revendus sur les marchés sénégalais et mauritaniens, et certaines zones forestières côté malien, sous influence jihadiste, alimentent ces trafics. Résultat : « certains commerçants [sénégalais ou mauritaniens] étant contraints de collaborer indirectement » avec lui.

Le groupe extrémiste pourrait aussi chercher à élargir son influence par le biais du recrutement local, en profitant de la précarité sociale et économique dans les zones frontalières. Chômage élevé des jeunes, frustrations liées aux systèmes de castes ou à l’exclusion de certaines communautés sont identifiés comme des failles potentielles.

Les chercheurs évoquent des « tentatives pour l’heure infructueuses », mais appellent les États concernés à la vigilance. Le rapport recommande ainsi de « renforcer davantage » la présence militaire dans les zones frontalières et d’« améliorer la collaboration et le partage d’informations » entre les services de sécurité des différents pays.

Alpha Fafaya Diallo pour Guineematin.com
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