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LA Paix et la réconciliation au Mali passent par  : Le Dialogue, la libération des prisonniers d’opinion et le retour des exilés
Publié le lundi 15 septembre 2025  |  Infosept
Evasion
© aBamako.com par mouhamar
Evasion de à la Maison Centrale d`Arrêt de Bamako
Bamako, le 16 juin 2014. Un certains nombres de détenus s` est évadé à la suite d` un échange de tire.
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La transition malienne a soufflé sa cinquième bougie le 20 Août 2025. Que de chemin parcouru pendant cinq ans, que d’épreuves endurées par le résilient peuple malien, que d’occasions ratées pour une paix durable, que d’attentes déçues pour la réalisation du rêve d’un Mali uni et prospère, mais aussi et surtout que d’espoirs déçus pour un avenir radieux. Loin de manquer de ressources humaines compétentes capables de sortir le Mali de cette crise multidimensionnelle, le régime, après s’être engagé dans une répression aveugle, peine toujours à proposer une alternative crédible à la guerre qui nous a certes été imposée , mais qui semble également nourrir les ambitions pouvoiristes de certains. Le régime va-t-il faire de ces trois éléments, à savoir le dialogue, la libération des prisonniers d’opinion et le retour des exilés politiques, son cheval de bataille pour une paix durable et une réconciliation des cœurs et des esprits ? Les autorités sont-elles conscientes des conséquences d’un statu quo avec son corolaire d’enlisement de la crise ? Le Mali ne mérite-t-il pas mieux que ce sort qui lui a été infligé ? 
En effet embourbé dans une crise multidimensionnelle, à la fois sécuritaire et sociopolitique, le Mali est aujourd’hui à la croisée des chemins. A cheval entre deux visions celle de la génération de 1991, génitrice de la démocratie, qui est aujourd’hui vouée aux gémonies et qualifiée comme étant à la base de tous les malheurs des maliens par ceux qui gouvernent. Et pourtant longtemps porteuse d’espoirs, la révolution de 91 est en passe d’être renvoyée aux oubliettes par ses détracteurs. Elle a été tellement galvaudée, diabolisée et en déphasage total avec la réalité du moment, par les tenants actuels du pouvoir et leurs partisans que l’on se pose la juste question de savoir si la démocratie a servi à quelque chose au Mali. Donc l’ancienne grille de lecture ou celle de la vieille garde a été balayée d’un revers de main par la génération post révolution plus portée par le changement de paradigme, mais moins regardant vis-à-vis des valeurs de travail, de rigueur voir de morale. Nous assistons à une campagne de déconstruction, de dénigrement et de rejet total du passé récent. En temps normal ce conflit de génération supposé, inhérent à tous les âges, loin d’être un obstacle, devrait plutôt être une source d’inspiration pour la nouvelle génération afin d’éviter les errements du passé. Les dirigeants actuels sont-ils dans cette prédisposition, celle de ne pas rejeter le passé afin de rassembler les filles et les fils du Mali ? La réponse semble être non dans la mesure où la posture dans laquelle ils se sont mis ne facilite non seulement pas le rassemblement, mais aussi et surtout ne présage pas d’un lendemain enchanteur pour le Mali.
Le régime va-t-il faire de ces trois éléments, à savoir le dialogue inclusif, la libération des prisonniers d’opinion et le retour des exilés politiques, son cheval de bataille pour une paix durable et une réconciliation des cœurs et des esprits ? Le Mali a besoin d’un large rassemblement de tous ses enfants au-delà des divergences et des contingences du moment afin de sauver le pays des grands conquérants du naufrage. Pour ce faire trois solutions idoines s’offrent à nos autorités à savoir le dialogue franc, inclusif et sincère entre toutes les filles et tous les fils du Mali, ensuite la libération de tous les prisonniers d’opinion qu’ils soient de la société civile ou de la classe politique et enfin créer les conditions pour un retour au bercail de tous les exilés politiques afin qu’ils participent tous à l’œuvre de construction nationale. Cette solution, loin d’être de la mer à boire pour les autorités maliennes, doit plutôt être une alternative crédible à la guerre et une base solide sur laquelle le processus de paix pourrait reposer. La question que l’on est en droit de se poser est celle de savoir si les autorités sont dans des bonnes prédispositions pour enclencher ce processus de dialogue inclusif. Cette question est d’autant plus cruciale qu’elle mérite d’être posée eu égard à l’état de fébrilité des institutions et à la posture belliciste dans laquelle les autorités semblent s’engager. En effet, le processus de paix et de réconciliation, s’il venait à être initié par les autorités, ne pourra réussir que si elles posent au préalable trois actes majeurs, à savoir l’abrogation du décret de dissolution des partis politiques et des associations à caractère politique, la libération de tous les prisonniers d’opinion et le tout couronné par le retour des exilés politiques, le troisième acte majeur et de bravoure attendu des autorités serait une invitation aux groupes armés qu’ils soient indépendantistes ou djihadistes, à prendre part au grand rassemblement national pour jeter les bases d’un nouveau contrat social inclusif. Cependant, le seul appel au rassemblement ne suffirait pas il faudrait plutôt des garanties et créer les conditions favorables pour que ce forum soit une occasion idoine permettant d’impliquer les groupes armés au processus de paix et de réconciliation. En effet Pour impliquer les groupes armés, les autorités maliennes doivent harmoniser leurs relations avec les autorités des pays voisins en général et celles de la Mauritanie et de l’Algérie, en particulier, pour leur proximité avérée ou supposée avec certains groupes armés et pour la grande expérience de l’Algérie dans le combat contre les terroristes. Si la paix n’a pas de prix, aucun sacrifice ne sera de trop pour y parvenir.
Les autorités sont-elles conscientes des conséquences d’un statu quo avec son corolaire d’enlisement de la crise ?
Après cinq ans de combat mené avec tenacité contre les terroristes avec un bilan très mitigé pour ne dire pas reluisant, l’heure est à l’évaluation et à un changement de paradigme. Le tout militaire semble montrer ses limites. Donc il conviendrait d’adjoindre à cette stratégie d’autres comme le dialogue inclusif et la réconciliation pour une paix durable. Ce dialogue devrait regrouper toutes les forces vives de la nation, comme entre autres les leaders politiques et d’opinion, les légitimités traditionnelles, les groupes armés indépendantistes et djihadistes et surtout une implication des pays voisins afin qu’ils apportent leur expertise pour une résolution efficiente de la crise qui sévit au sahel. En effet, il revient aux autorités d’agir rapidement pour éviter que la crise ne s’enlise dangereusement. Pour ce faire elles doivent libérer immédiatement tous les détenus d’opinion comme Rose la vie chère, l’ancien PM Moussa Mara, le chroniqueur Youssouf Mohamed Bathily, alias Ras Bath, des leaders politiques comme Mamadou Clément Dembélé, Adama Ben Diarra dit Ben le Cerveau et Mamadou Traoré dit le roi, pour ne citer que ces quelques têtes de proue, ensuite créer les conditions pour un retour de tous les exilés politiques et enfin tendre la main à tous les protagonistes du conflit. Si tant est que le bien être de la population est la première priorité des autorités, elles ne doivent ménager aucun effort pour parvenir à la paix et la réconciliation.
Le Mali ne mérite-t-il pas mieux que ce sort qu’on lui a infligé ? 
Pays de vieilles civilisations séculaires ayant brillé de mille feux au firmament du monde entier, pays cité comme modèle de démocratie dans la sous-région ouest africaine dans les années 2000, le Mali est en train de s’effondrer, car tous les ressorts sont presque sur le point de se casser. Depuis le coup d’Etat de 2020 le Mali est sur une courbe descendante sur tous les plans et son résilient peuple qui a tenu, ne peut plus tenir encore car il est acculé jusqu’à son dernier retranchement, dépouillé de toutes ses richesses et privé de ses ressources. Cet état de fait est d’autant plus critique qu’il urge de trouver des solutions aux menaces nos Etats jusque dans leurs fondements. Ce tableau alarmant voir sombre qu’on peut dresser de notre Maliba doit interpeller en premier lieu les autorités. La crise que nous connaissons est-elle une fatalité ? La réponse est sans nul doute non, elle est le fait d’une démission collective, d’une résignation stérile et d’un manque de courage à dire non quand on n’est pas d’accord. Le Mali mérite mieux que ce sort qu’on est en train de lui infliger. Ce vaillant peuple est loin de se laisser condamner dans un carcan, car il a plus d’un tour dans son sac. Il revient aux autorités de mesurer la portée de la gravissime situation afin d’apporter au plus vite la thérapie nécessaire avant qu’il ne soit trop tard. Le dialogue inclusif avec tous les acteurs qu’ils soient sociopolitiques ou militaro-indépendato-djihadistes, la libération sans délai de tous les prisonniers d’opinion, le retour de tous les exilés politiques seraient le préalable à toute œuvre de réconciliation et de paix.
Youssouf Sissoko

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