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Décès de l’ancien premier ministre, Dr Soumana Sako : Le héraut de la transparence dans la gouvernance a déposé les armes
Publié le jeudi 23 octobre 2025  |  Le Matin
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L’ancien Premier ministre du Mali, Dr Soumana Sako, est décédé mercredi dernier (15 octobre 2025) à l’âge de 75 ans.

Ses obsèques ont lieu samedi dernier (18 octobre 2025) devant une immense foule de proches, d’amis, de collaborateurs, d’admirateurs… Comme tous les grands hommes de sa carrure, « Zou » a disparu physiquement, mais il n’est pas mort parce qu’immortalisé par les valeurs qu’il a toujours incarné au yeux du Malien lambda.

Icône du Kokadjè (transparence), cadre compétent et intègre à cheval sur l’honneur et la dignité, Dr Soumana Sako alias « Zou » suscitait à la fois admiration, estime et crainte. Il était admiré par grande partie de l’opinion nationale qui voyait en lui le chantre de la gouvernance vertueuse dont elle rêvait et rêve encore pour le pays. Il était aussi craint par les éternels pêcheurs en eau trouve, aux pantalons assez troués pour oser grimper sur l’arbre de la transparence et toujours en quête de compromis sauvegardant leurs intérêts particuliers. Zou était assez clean et d’une probité morale rare pour se compromettre ou s’engager dans des compromis qui ne garantissent pas le respect strict de l’intérêt général, celui de la patrie. Une ligne de conduite à laquelle il n’a jamais dérogé au point d’être traité par ses détracteurs « d’extrémiste » ou de quelqu’un de « trop compliqué ».


Formé à l’École nationale d’administration du Mali (ENA), Soumana Sako a poursuivi ses études aux États-Unis où il a obtenu un Master en planification et gestion de projets, puis un Ph.D. en économie du développement à l’Université de Pittsburgh, en Pennsylvanie. Éphémère ministre des Finances sous le régime de feu le Général Moussa Traoré entre 1986 et 1987, il avait démissionné avec fracas pour ensuite mener une carrière au Programme des Nations unies pour le développement (PNUD). Avec l’avènement de la démocratie en mars 1991, Soumana Sako est nommé Premier ministre par Amadou Toumani Touré dit ATT. Il a ainsi dirigé le gouvernement de transition jusqu’à l’investiture (le 8 juin 1992) d’Alpha Oumar Konaré comme premier président élu du Mali.

Engagé en politique, il est resté « une figure respectée de l’opposition ». Candidat à l’élection présidentielle de 1997, il s’est retiré à l’instar d’autres responsables politiques pour dénoncer « les irrégularités du scrutin ». Lors des présidentielles de 2002 et 2007, il a soutenu Amadou Toumani Touré. En 2011, il a fondé la Convention nationale pour une Afrique solidaire (CNAS-Faso Hèrè), qui va l’investir candidat à la présidentielle de 2013. Il faut souligner que la CNAS-Faso Hèrè se considère comme étant « l'avant-garde militante et révolutionnaire du peuple Malien », poursuivant ainsi « le combat patriotique et panafricain » de feu le président Modibo Keïta.


Selon de nombreuses réactions à sa disparition, « le Mali a perdu l’une de ses grandes figures politiques et intellectuelles ». Ainsi pour Dramane Diarra, un jeune magistrat qui était très proche du défunt, « la plupart de la génération des lycéens et étudiants de 1991 (la mienne) avait pour idole Soumana Sacko dit Zou. Et cela au regard de ses qualités intellectuelles exceptionnelles, de ses qualités morales irréprochables, mais aussi de sa capacité à poser des actes courageux et mémorables, donc historiques, envers tout par moment ».

L’ancien chef de gouvernement de transition laisse donc derrière lui l’image « d’un homme intègre, brillant et profondément engagé pour le développement de son pays ». Homme de convictions, Dr Soumana Sako était en effet reconnu pour son intégrité, sa rigueur intellectuelle et son engagement constant pour une gouvernance fondée sur la justice sociale et la solidarité africaine. Il demeurera toujours celui que ses anciens collaborateurs décrivent comme « un illustre fils du Mali, un économiste émérite, un homme d’État intègre et un serviteur infatigable de la nation ».

« Le Mali perd l’un de ses plus éminents serviteurs », ont unanimement témoigné plusieurs personnalités sur les réseaux sociaux. Comme tous les grands hommes de sa carrure, « Zou » ou « Monsieur salaires » a disparu physiquement, mais cet « intellectuel engagé » et « grand serviteur de l’Etat » n’est pas mort parce qu’immortalisé par les valeurs qu’il a toujours incarné au yeux du commun des Maliens !


Moussa Bolly

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