Au Mali, le blocus des hydrocarbures imposé par le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (GSIM ou JNIM), et l'escalade des menaces contre les infrastructures vitales, révèlent l'hypocrisie cinglante d'un combat qui prétend se mener au nom de la religion. En ciblant l'électricité, les transports, et désormais les ponts essentiels à la survie des populations (Kadiana, Zégoua), ces groupes armés jettent le pays dans le chaos économique et humanitaire, violant délibérément les principes fondamentaux de l'Islam qui protègent la vie civile, le commerce et les infrastructures. La crise énergétique et alimentaire actuelle n'est pas un acte de foi, mais un aveu de faiblesse tactique, alors que la pression militaire des FAMa (Forces armées maliennes) les pousse à des actes de désespoir aux conséquences dévastatrices pour des millions de musulmans maliens.
● L’invasion du chaos:
Pénurie et paralysie économique
L'impact de la stratégie du «jihad économique» est dévastateur, ciblant délibérément le quotidien des civils.
L'asphyxie énergétique et le silence des villes
La dépendance structurelle de la Société énergie du Mali (EDM-SA) aux centrales thermiques (gazole) a transformé la pénurie en une crise électrique nationale:
● Délestages incontrôlables: L'arrêt des centrales thermiques, faute de carburant sécurisé, provoque des délestages prolongés, plongeant Bamako et les grandes villes dans l'obscurité.
● Paralysie des services: Les hôpitaux, les boulangeries, les pompes à eau et les services essentiels dépendent des générateurs, désormais à l'arrêt ou fonctionnant avec du gazole au prix du marché noir, menaçant la santé publique.
● Éducation sacrifiée: La crise a contraint à la fermeture des écoles et universités, car le transport et l'électricité ne peuvent plus être assurés, privant l'avenir du pays de son fondement: l'éducation.
Le blocus du commerce et la faim comme arme
La pénurie frappe directement la chaîne d'approvisionnement en pleine saison post-récolte:
- Coût de la faim: Le manque de gazole paralyse le transport des récoltes agricoles (céréales, produits frais) vers les marchés. Le coût du fret augmente de manière exponentielle, se répercutant directement sur les prix des denrées de première nécessité.
- Insécurité alimentaire: Cette flambée des prix précipite des millions de Maliens, majoritairement musulmans, dans une insécurité alimentaire critique. La stratégie vise à créer le chaos social par la faim, non pas à instaurer un ordre juste.
L'hypocrisie théologique: Une trahison des principes islamiques
Les actions du JNIM, destruction d'infrastructures et blocus du commerce, constituent une violation flagrante des préceptes de l'Islam et de la moralité qu'ils prétendent défendre.
Protection de la vie civile et des biens
L'Islam établit des règles strictes en temps de guerre, interdisant le ciblage des civils et de leurs moyens de subsistance:
● Interdiction de la destruction:
Les écoles, les lieux de culte, les champs et les arbres sont traditionnellement protégés. Le ciblage des ponts de Kadiana et Zégoua, essentiels au commerce et à l'aide humanitaire, contrevient directement à la protection des infrastructures qui profitent à la communauté (la Ummah).
● Sécurité des personnes: Affamer ou paralyser la vie civile est contraire au concept de Maqasid al-Shari'a (les finalités de la Loi islamique), dont le premier objectif est la préservation de la vie (Hifdh an-Nafs).
Justice et commerce
● Protection du commerce: Les érudits musulmans ont toujours souligné la nécessité de protéger les routes et le commerce (tijara) comme moyen de subsistance légal. Le «jihad économique» du Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (GSIM ou JNIM), en empêchant le flux des marchandises et en faisant flamber les prix, est un acte d'oppression économique contre les plus vulnérables.
Le message est clair: un combat mené au nom de l'Islam ne peut justifier la famine, le black-out, et la destruction des fondations d'une société.
● L'aveu de faiblesse:
Une réponse au succès militaire des FAMa
La montée en puissance des menaces contre les infrastructures vitales est l'indicateur d'une situation militaire critique pour les groupes armés.
● Supériorité militaire écrasante: L'escalade des actions de guérilla économique et des menaces de sabotage (ponts de Kadiana/Zégoua) est une tentative de diversion et de riposte face à la pression militaire écrasante des FAMa (Forces armées maliennes). Les défaites et les pertes lourdes subies par les terroristes les obligent à chercher des leviers asymétriques en dehors du champ de bataille conventionnel.
● Ciblage des axes logistiques: La menace sur les ponts d'accès à la frontière ivoirienne (Kadiana et Zégoua) vise à asphyxier les convois militaires et les camions-citernes qui tentent de rétablir l'approvisionnement. En cherchant à isoler et à affamer la capitale, les groupes armés trahissent leur objectif: il ne s'agit plus de justice religieuse, mais de terrorisme et de guerre totale contre l'État et ses citoyens.
Le Mali est pris au piège non seulement d'une crise sécuritaire, mais aussi d'une crise de l'intelligence stratégique de ses élites passées, qui n'ont pas su construire une résilience énergétique. Cependant, la tactique des groupes armés, faire souffrir les populations au nom d'une cause, est un échec moral et religieux, car elle contraint la population civile à payer le prix fort de la guerre. Face à cela, la véritable bataille du Mali est celle de la résilience et de la souveraineté énergétique, afin de rendre vaine toute tentative d'asphyxie économique.
A.K.D