La pénurie de carburant qui frappe le Mali depuis plusieurs jours perturbe profondément le quotidien des citoyens.
Parmi les secteurs touchés, l’éducation subit de plein fouet les conséquences, avec plusieurs établissements privés contraints de suspendre temporairement leurs activités.
À Bamako, les files d’attente devant les stations-service s’allongent, tandis que certaines pompes sont totalement à sec. D’autres rationnent le carburant, aggravant les tensions et paralysant une partie des services essentiels. Cette crise, liée à des blocus imposés par les djihadistes sur les corridors d’approvisionnement, affecte désormais le fonctionnement des écoles.
Dans ce contexte, plusieurs établissements, dont Techno-Lab ISTA, ont annoncé la suspension des cours. Le manque de carburant empêche le transport des élèves, le fonctionnement des groupes électrogènes et compromet le bon déroulement des activités pédagogiques.
Les parents, eux aussi confrontés à la rareté du carburant, peinent à assurer les trajets scolaires. Si certains établissements envisagent des cours en ligne, la fracture numérique rend cette alternative difficilement accessible pour une majorité d’élèves.
La pénurie actuelle met en lumière la dépendance énergétique du Mali, largement tributaire des importations via les ports de Dakar et d’Abidjan aujourd’hui des routes sous le contrôle des djihadistes. L’insécurité sur les axes routiers, combinée à notre faible capacité de stockage, expose le pays à des ruptures récurrentes d’approvisionnement.
Les répercussions immédiates sur l’éducation, les transports et l’activité économique sont déjà visibles et préoccupantes.
Ousmane Mahamane
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Pénurie de carburant :
Les banques aussi
Alors que la pénurie de carburant continue de paralyser une partie du Mali, les établissements bancaires de Bamako enregistrent une baisse notable de fréquentation. Une situation révélatrice des effets en cascade de la crise énergétique sur les services essentiels.
En sillonnant les rues de la capitale, le constat est frappant : les longues files habituelles devant les agences bancaires ont disparu. Devant des établissements comme la BMS, la BNDA ou Ecobank, l’affluence est nettement en recul. Les clients se font rares, les guichets sont moins sollicités, et certaines agences ont même réduit leurs horaires d’ouverture.
Cette baisse d’engouement s’explique en grande partie par les difficultés de mobilité liées à la pénurie de carburant. De nombreux usagers, contraints de limiter leurs déplacements, reportent leurs opérations bancaires ou privilégient les services en ligne, quand ils y ont accès. Les taxis et motos, eux aussi touchés par le manque de carburant, réduisent leurs trajets, rendant l’accès aux agences plus difficile pour une large frange de la population.
Au-delà de la sphère énergétique, cette situation met en lumière la fragilité des chaînes de services dans un contexte de crise. Les banques, bien qu’opérationnelles, voient leur rôle de proximité affaibli. Les commerçants, les fonctionnaires et les familles qui dépendent des retraits physiques ou des opérations en agence se retrouvent pénalisés.
Certains établissements bancaires envisagent des mesures d’adaptation : renforcement des services mobiles, extension des délais de traitement, ou mise en place de guichets itinérants. Mais ces solutions restent limitées face à l’ampleur du problème.