formes indispensables à une gouvernance vertueuse. La transition est tout, sauf une navigation à vue.
Quant à la sécurisation, les résultats sont appréciables. L’expansion du terrorisme à tout le pays n’est pas le fruit d’un échec stratégique de la hiérarchie militaire. Bien au contraire, elle (stratégie) l’a imposé aux Groupes armés terroristes (GAT) qui ne peuvent plus disposer de bases sûres dans le nord et le centre du Mali. Ils ont donc opté pour une politique de harcèlement en s’attaquant aux civils et à des cibles économiques. Sinon, si on fait un bilan chiffré des affrontements de ces dernières semaines sur l’ensemble du pays, on verra bien.
Ce que l’islamiste appelle isolement diplomatique est un choix souverain dans lequel se reconnaît le peuple. Le Mali est loin d’être un pays isolé avec le soutien non négligeable des BRICS… Nouveaux ambassadeurs. Sans compter que le pays se dit toujours ouvert au partenariat avec tous les pays, pourvu que ce soit dans le respect des nouveaux principes fixés. Est-ce un crime de fixer une ligne rouge à ne pas franchir dans une coopération ?
Dans sa feuille de route, il est question de négociation, de dialogue… Qu’est-ce que les Maliens vont encore négocier ou vont-ils dialoguer autour de quoi après tant de fora ? Tout ce autour qu’on peut négocier ou autour duquel on peut dialogue est déjà pris en charge par la Charte nationale pour la paix et la réconciliation, dont une disposition exclut toute partition du pays en proie à un séparatisme touareg.
Quelle peut être « la légitimité morale » de diriger une nouvelle transition pour quelqu’un qui a pactisé avec le diable, pardon, avec un ennemi qui ne cache plus ses intentions de déstabiliser notre pays juste parce que ses protégés ont été mis hors circuit le 14 novembre 2025 et leur vrai visage montré au monde entier ? Pour le commun des Maliens, l’Imam réfugié en Algérie est un allié de la première heure de ceux par la faute de qui « les populations maliennes continuent de subir la terreur et la cohésion nationale ». Nous avons toutes les raisons de croire qu’Alger veut profiter de sa mégalomanie pour reprendre pied au Mali, pour porter son manteau de « Médiateur incontournable ».
Le document conclut en rappelant que « le Mali attend un guide, pas un chef; un homme de foi, pas un homme de pouvoir… » ! Exact ! Sauf que l’Imam n’est ni l’un ni l’autre. Bien au contraire, il s’apparente à un « homme de pouvoir » assez compromis pour « incarner l'espoir d'un Mali réconcilié, juste et souverain » !