Mercredi 20 novembre 2024, le premier ministre Choguel Kokala Maïga fut demis de ses fonctions par le chef de l’état, depuis son départ de la Primature, le paysage politique malien a connu une évolution marquée par des tensions, des incertitudes et un débat de plus en plus présent : le Mali aurait-il connu une trajectoire différente si l’ancien Premier ministre était resté aux commandes ?
Alors que la situation sociale et économique se dégrade selon plusieurs indicateurs, montée des prix,
difficultés de gouvernance, climat politique moribond marqué par la dissolution des partis politiques et une crise économique multi sectorielle et sans précédent, plusieurs observateurs de la vie politique
de notre pays estiment que le pays traverse aujourd’hui une période plus difficile que celle
observée durant le passage du porteur de grand boubou à la tête du gouvernement.
Un héritage séduisant
Pour de nombreux observateurs, Choguel Kokalla Maïga aura été l’un des Premiers ministres les plus marquants de notre pays.
Son style direct, sa communication forte et sa volonté affirmée de défendre non seulement les recommandations du M5 RFP mais aussi et surtout la souveraineté nationale ont laissé une empreinte
durable. L’enfant de Tabango avait su instaurer une cohésion sociale interne, de la levé du mot d’ordre de grève illimitée de l’UNTM en passant par l’uniformisation du salaire des fonctionnaires a la signature
du pacte de stabilité sociale. La montée en puissance de l’armée, la reconquête de Kidal, la moralisation des examens et concours ont été réalisés sous ses magistères. Une diplomatie offensive assumée marquée par des discours poignants du Mali vis-à-vis des partenaires extérieurs. L’organisation très
remarquable du référendum constitutionnel de 2023 et l’operationnalisation des nouvelles régions administratives et le cas spécifique de Bamako.
L’amélioration des plateaux sanitaires et des infrastructures sportives.
Selon plusieurs observateurs, malgré les difficultés toujours présentes, Choguel avait réussi à maintenir un certain équilibre interne et à préserver une dynamique politique plus lisible. Pour ne citer que ceux-ci.
Choguel manque à la transition
Depuis la fin du séjour primatorial, Choguel Maiga a laissé derrière lui un grand vide qui se manifeste par plusieurs signaux d’alerte. De l’aggravation de la crise économique et énergétique, de l’avènement de la crise de carburant, des critiques sur la gestion administrative, des préoccupations concernant les libertés publiques et les défis persistants sur le front sécuritaire.
D’aucuns pensent que, ces difficultés actuelles démontrent que « la ligne de stabilité » qu’il tentait de maintenir a été rompue. Certains estiment même qu’il avait une capacité de mobilisation politique et sociale que les équipes actuelles n’ont pas réussi à reproduire.
Un débat qui reflète les inquiétudes nationales
L’opinion publique reste divisée. Mais un constat s’impose
: le débat autour de « l’après Choguel » traduit surtout une inquiétude grandissante face à la situation du pays. Son nom revient comme celui d’un repère politique, symbole pour certains d’une période jugée
plus stable et plus cohérente.
Alors que le Mali traverse une étape décisive et le peuple malien fait face à une période très difficile de son existence, cette nostalgie exprimée par une partie de la population illustre la recherche d’un leadership politique civile aux côtés des militaires capables de répondre aux défis multiples du moment.
Entre temps, depuis 93 jours sois un an jour pour jour, Choguel Maiga est sous mandat de dépôt à la maison d’arrêt de Koulikoro.
YOUSSOUF COULIBALY