Le Général de division Abdoulaye Maiga a soufflé sa première bougie comme premier ministre de transition au Mali, ce 21 novembre 2025. Pour rappel sa nomination, faudrait-il le rappeler, bien qu’ayant été faite à la suite d’une crise entre les deux têtes de l’exécutif, à savoir le Président de la transition Assimi Goita et le premier ministre Choguel K Maiga, avait suscité d’immenses espoirs. Espoirs d’un grand rassemblement de toutes les filles et de tous les fils du Mali, puis que n’étant pas clivant comme son prédécesseur, espoirs d’une résolution durable de la crise sécuritaire surtout avec son statut de général, espoirs d’une sortie heureuse de transition avec l’organisation d’élections crédibles et transparentes surtout ayant gardé le poste de ministre de l’administration Territoriale et de la décentralisation. Enfin espoirs d’un dialogue et d’une réconciliation des maliens du nord au sud, d’Est en Ouest. Beaucoup de maliens se demandent un an après ce qu’il faut retenir d’un bilan qui a laissé perplexe plus d’un malien. En toute objectivité, Abdoulaye Maiga a-t-il réellement fait mieux que son prédécesseur Choguel K Maiga? Le Général Maiga n’a-t-il pas véritablement échoué dans la résolution des crises majeures qui secouent le Mali ?
Et pourtant après sa nomination il avait bien débuté par la visite de certaines structures comme l’EDM et par une certaine prise de contact avec la base ce qui lui a conduit dans beaucoup d’endroits, mais après c’est le retour à la case départ. Le Général de division Abdoulaye Maiga comme premier ministre bien qu’ayant fait l’objet de critiques souvent acerbes et donné lieu à une supputation relative à la militarisation à outrance de la transition, avait été perçue par beaucoup de maliens comme une voie toute trouvée pour rassembler les maliens autour du Mali. Elle a suscité un grand espoir quant à la résolution des crises majeures qu’elles soient sociopolitique, sécuritaire, voire diplomatico-économique. Un an après si nous devrons évaluer sans passion son bilan, il est largement en deçà des immenses attentes auxquelles le vaillant et résilient peuple avait espéré. Il est même chaotique au regard de l’exacerbation de toutes les crises, qu’elle soit institutionnelle avec des mandats présidentiels et législatifs sans fin et sans base légitime, qu’elle soit politique avec l’exacerbation de la crise politique ayant engendré la dissolution des partis et associations à caractère politique, qu’elle soit sécuritaire avec l’aggravation de la situation sécuritaire, qui s’étend aujourd’hui sur l’ensemble du territoire national, avec comme conséquences l’asphyxie économique et financière, ou encore sociale avec une crise sociale angoissante et sans précédent. Quid de la diplomatie malienne; Elle se porte également très mal, car au lieu d’être une diplomatie préventive ou au moins curative, elle est plutôt devenue une diplomatie va-t’en guerre faisant feu de tout bois dans les foras et autres assemblées générales, isolant partiellement le Mali sur la scène internationale. Le bilan du Général Abdoulaye Maiga c’est aussi l’exacerbation de la crise énergétique avec six ou cinq heures de desserte par jour. Comme si cela ne suffisait pas la crise du carburant s’est invitée dans la danse élargissant le cercle des crises au Mali. En effet, pour avoir cette précieuse et indispensable énergie pour la vie qu’est le carburant, il faut un parcours de combattant avec des jours et de nuits de files d’attentes devant les stations-services. En évaluant le bilan d’un an du Général Abdoulaye Maiga à la primature nous pouvons affirmer sans ambages que les fruits n’ont pas respecté la promesse des fleurs et que l’immense espoir que sa nomination avait suscité est allé à vau l’eau tant les crises se sont exacerbées et les solutions presqu’inexistantes.
En toute objectivité, Abdoulaye Maiga a-t-il réellement fait mieux que son prédécesseur Choguel K Maiga ?
Si Choguel K Maiga endosse l’entière responsabilité politique d’avoir mené le bateau Mali à mauvais port et cela de sa nomination jusqu’à son limogeage, avec des réformes bidon dans le seul dessein de pouvoir se maintenir aussi longtemps au pouvoir, le PM Abdoulaye Maiga n’a ni rectifié encore moins redressé les maladroits tirs de son prédécesseur, il en a même rajouté. Pour rappel les Assises Nationales de la Refondation, ANR, loin de jeter les bases d’un « Mali Koura », ou Nouveau Mali, ont plutôt ouvert la boite de pandore car elles sont à la base de toutes ces désastreuses situations dans lesquelles s’embourbe le Mali. Elles ont contribué à exacerber les tensions politiques en prolongeant la durée de la transition sans aucune base légale encore moins légitime. Les Assisses Nationales dites de la Refondation de Choguel K Maiga loin de coudre le tissu social, ont contribué à diviser voir stigmatiser les maliens en bons et mauvais patriotes. Le Général Abdoulaye Maiga avait été appelé à la rescousse pour redresser la barre largement tordue par Choguel K Maiga, mais le constat est que Choguel et Abdoulaye c’est blanc bonnet, bonnet blanc. Le premier endosse la responsabilité politique d’avoir entrainé le Mali dans une aventure sans issue et le second endosse la responsabilité historique d’avoir donné le dernier coup de massue à la démocratie par la dissolution des partis politiques, l’exacerbation de la crise sécuritaire et surtout par le non rassemblement les maliens autour du Mali. Donc l’unité nationale et la cohésion sociale semblent prendre un énorme coup.
Le Général Maiga n’a-t-il pas véritablement échoué dans la résolution des crises majeures qui secouent le Mali ?
Au regard de la situation globale du pays, on peut affirmer sans risque de se tromper que le premier Ministre Abdoulaye Maiga a échoué à redonner espoir au peuple malien. Les crises majeures loin de connaitre un début de solution, se sont véritablement exacerbées. Qu’elles soient sécuritaires, sociopolitiques, voire économico-diplomatiques, aucune n’a connu son épilogue, au point que le gouvernement est obligé aujourd’hui de faire appel à la solidarité internationale. Un rétropédalage ? Sans nul doute que oui car cet appel à la solidarité internationale est en contradiction flagrante des actes souverainement posés il y a deux ans et qui ont consisté à éconduire à la porte cette même communauté internationale. De la MINUSMA aux forces Barkhanes en passant par la CEDEAO, toutes ces organisations étaient indésirables un moment donné. Elles semblent être désirables aujourd’hui au point de leur faire appel. La question que beaucoup d’observateurs de la scène politique se posent est celle de savoir si la militarisation à outrance de l’administration a servi à grand-chose. L’heure est venue de faire une évaluation afin d’apporter les rectificatifs nécessaires. Il y a à coup sûr nécessité pour le Président de la Transition de revoir sa copie afin de rectifier certains tirs avant qu’il ne soit trop tard.
En définitive, il ne faut pas se voiler la face le bateau Mali navigue à vue et le gouvernement est à court de solutions, il faut alors un changement de cap en faisant une ouverture à toutes les forces sociopolitiques compétentes et intègres pour sauver le bateau d’un chavirement.
Youssouf Sissoko