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Viralité de l’information et vérité absolue: Comment préserver la nuance dans un monde polarisé ?
Publié le lundi 1 decembre 2025  |  L'Alternance
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À l’heure où les flux informationnels gagnent de plus en plus en complexité, les notions de nuance, subtilité et équilibre perdent en présence. Et pour cause, une certaine sensibilité commune doit être prise en compte. Aux champs de bataille conventionnels connus de tous, s’ajoutent aussi celui de la pensée. Car oui, celui qui contrôle la pensée, contrôle aussi l’émotion, et celui qui contrôle l’émotion, tient dans la paume de sa main une arme redoutable. Guerre cognitive, ça s’appelle !
La vérité absolue serait, aujourd’hui, cette énorme couronne dont la paternité est réclamée par plusieurs blocs épars. Elle n’est pas toujours convoitée de la voix, mais aussi souvent par le geste et le comportement. L’Information, chose d’une grande complexité depuis la nuit des temps, est devenue avec le boom du numérique, une entité insaisissable, difficile à déchiffrer, avec une bonne dose de sensibilité. De nos jours, l’information tombe, assez souvent, dans le bain toxique de la viralité. Dès lors, il est important de saisir sa complexité, de prendre le temps de la contempler, de prendre en compte les différentes sensibilités impliquées et enfin d’adopter la posture qui sied le mieux.
Le Sahel est de plain-pied dans ce tourbillon médiatique pris dans les flots incessants de la désinformation, d’une mise en scène médiatique peu professionnelle, d’un accès domestique innocent aux réseaux sociaux ; le tout baillant dans une configuration géopolitique international dont les ramifications ont de quoi blanchir de réflexion les experts les plus aguerris.
Le retour aux fondamentaux, suffisant ?
Un des symptômes de la désinformation au sein d’une société, c’est la polarisation. Très peu de place est laissée à la Nuance. Soit vous êtes pour, soit vous êtes contre. La cohésion sociale s’en retrouve effritée et le débat des idées disparait au profit des procès d’intention. Polarisation rime aussi avec Radicalisation. Emportés dans leur prise de position, beaucoup se retrouvent dans un état émotionnel fort entamé. Tout est forcément tout noir, ou tout blanc.
Dès lors, le journaliste, scientifique de l’information mais aussi sociologue, a un rôle éminent à jouer. Les faits, rien que les faits, choix de thème pertinent à traiter pour le grand public et abstinence de communiquer sur des sujets portant atteinte aux points sensibles d’un État, démuni et en guerre à la fois. Ingrédients clairs à première vue d’œil. Sauf que le mélange risque de ne pas prendre. Désormais, sur la grande toile de l’information, de nombreuses zones grises subsistent. Une certaine logique voudrait que l’équilibre soit le sacrosaint principe à respecter dans le traitement de l’information. Mais plus l’on se plonge dans l’analyse, plus l’on se rend compte qu’il s’agit bien plus d’un exercice d’équilibrisme. Oui, les thématiques sont complexes et il ne s’agit pas de les ranger dans des cases. Le clivage Communication/Journalisme est, de ce fait, compréhensible. Et encore, dans le contexte du Sahel, la frontière semble bien mince.
Sensibilité, part importante de l’information à l’ère du numérique
Toute analyse, aussi froide soit-elle, obéît à une certaine sensibilité. Peut-on être Rédacteur en chef à Al Jazeera et épargner « la part coupable et criminelle » d’Israël dans le conflit palestinien, Reporter à Fox News et avoir un penchant dans le traitement et la rédaction pro-immigration ou encore éditorialiste sur CNEWS et ne pas faire d’un sondage soulignant la « montée du radicalisme » chez les jeunes musulmans de France un sujet de débat à une heure de grande audience ? Dans la majorité des cas, les faits sont bien réels. La justesse de l’information résidera dans l’analyse, résultat d’une bonne harmonie émotionnelle, une connaissance approfondie du sujet et aussi d’une intuition saine. Car, il est scientifiquement prouvé que l’émotion fait partie de l’intelligence.
Faire le jeu du débat et de la libre expression
Le Sahel ne saurait être en marge du jeu du débat et de la libre expression des opinions. De plus en plus, au niveau du paysage médiatique local, appel devra être fait à un large éventail d’experts, de journalistes et aussi de simples citoyens afin qu’ils fassent part de leur ressenti par rapport à un sujet donné. La méfiance ne saurait avoir sa place sur la scène médiatique dans un monde où tout est ouvert à l’outrance. Plus à l’interne le jeu sera ouvert, moins les citoyens seront exposés à des traitements de l’actualité de leurs pays sous le prisme de l’exagération, de l’alarmisme, et de l’approximation. Ils seront aussi moins vulnérables aux assauts prémédités et coordonnés de multiples pourvoyeurs en masse de fausses informations.
La bataille ou plutôt le défi est ailleurs. C’est de permettre au citoyen lambda de se construire une sorte d’ « immunité informationnelle » loin des interférences nocives des récits internationaux et de la désinformation.
Il ne serait pas exagéré de dire que l’aspect cognitif de la pensée individuelle et commune est devenu, au 21ème siècle, un enjeu de souveraineté, qu’il faut protéger et renforcer, à coups de nuance et de liberté médiatique.
Ahmed M. Thiam

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