Cher grand-père, Bientôt, l’année 2025 tirera sa révérence pour céder la place à 2026. Et nous aussi, à notre manière, nous avançons. Oui, grand-père, nous avançons… A grands pas dans la recrudescence des choses. Nous avançons, comme seuls les Maliens savent le faire.
Depuis 2020 jusqu’à ce jour, le calendrier a changé cinq fois. Un bon mandat démocratique, dit-on… Mais bon.
Cher grand-père, j’aurais tant voulu t’informer pleinement de la situation du pays. Te dire tout, exactement tout. Mais, par « patriotisme », je remettrai cela à une autre fois. Pourtant, je brûle d’envie de te faire le bilan de ces années, de te raconter ce que les Maliens ont vécu hier et ce qu’ils vivent encore aujourd’hui. Mais bon…
Te souviens-tu, grand-père, de la situation sociopolitique du pays ? Cette crise tendue entre le pouvoir et les acteurs politiques. La crise postélectorale. Les quarante députés spoliés. Ces députés à qui l’on avait retiré, presque par décret moral, le droit à l’électricité, au carburant, et même à l’existence politique et démocratique. Oui, nos valeureux députés spoliés… mais bon.
Je me rappelle encore, grand-père, ces moments de désolation où le vaillant peuple du M5-RFP se voyait contraint de gagner le boulevard de l’Indépendance, affrontant soleil brûlant, vents et pluies. Officiellement pour la tête du président, pardon, pour leurs droits, devrais-je dire. Le droit à la sécurité, à l’électricité, à la liberté. Des meetings interminables, des marches éprouvantes, des sorties médiatiques à bout de souffle.
J’aurais voulu te décrire la situation sécuritaire. Te dire, sans détour, où nous en sommes aujourd’hui en matière de paix, de sécurité et de développement. J’aurais voulu t’expliquer l’état des réformes politiques, démocratiques et républicaines. J’aurais voulu te faire un dessin clair, précis… mais bon.
Oui, grand-père, si seulement j’avais les mots qu’il faut, sans en subir les maux après, pour t’expliquer nos vécus quotidiens. Nos files d’attente interminables ici et là. Nos courses effrénées dès que l’électricité daigne apparaître. Si j’avais une autre façon de te décrire notre réalité que ces trois mots : du fi, du déni et du pis, je l’aurais fait. Mais bon…