Le procès pour faux, usage de faux et détournement de deniers publics dans l’Affaire dite de Paramount Embraer, relative à l’achat des équipements militaires a repris avec le passage à la barre des nombreux témoins, civils et militaires.
En effet si certains passages n’ont pas pu permettre d’éclairer la lanterne des juges, celui de l’ancien ministre des finances Tiéna Coulibaly semble retenir l’attention des hommes de médias et même de la justice, car il a démonté toutes les allégations contenues dans le rapport d’audit sur la base duquel le procès est organisé. En effet, le rapport confidentiel rédigé par une conseillère et remis au Président de la Transition est à la fois controversé et léger pour constituer une base juridique pouvant permettre au juge chargé du dossier de contribuer à la manifestation de la vérité. Mme Bintou Camara, puis que c’est d’elle qu’il s’agit est l’auteure du désormais controversé rapport qui a été à la base des poursuites contre d’anciens ministres et officiers supérieurs de l’armée au moment des faits. La pertinente question que beaucoup d’experts se posent est celle de savoir si le double sentiment de haine et de vengeance n’a pas pris le dessus sur le souci réel de la manifestation de la vérité. Le premier magistrat de la République va-t-il céder au son de Clarion des revanchards tapis à Koulouba ?
Selon le Consultant Abdala Yattara, l’accusation aurait dû être basée sur le rapport d’audit venant des services de contrôle habilités en la matière comme le Vérificateur Général, le Contrôle Général des services publics, l’inspection des finances et non d’une Conseillère spéciale de la présidence. D’où la légitime question de la fiabilité du rapport qui incrimine anciens ministres et hauts gradés de l’armée dans l’affaire dite de l’achat des équipements militaires. C’est pourquoi après le passage de l’ancien ministre des finances Tiéna Coulibaly les juges en charge du dossier ont jugé opportun d’appeler à la barre Mme Bintou Camara, l’auteure du dit rapport, pour qu’elle explique les méthodologies utilisées afin de parvenir à ces résultats qui semblent aujourd’hui contestés par les accusés. Pour la crédibilité de l’institution judiciaire il sied aujourd’hui d’étendre les enquêtes à d’autres rapports comme l’avait préconisé le consultant Abdala Yattara. Selon M Yattara Mme Bintou Camara a élaboré un rapport hautement confidentiel qui a été soumis à la Présidence de la Transition qui l’a transmis directement aux autorités judiciaires notamment au pôle économique puis à la Cour suprême parce qu’il s’agit d’anciens ministres et de premier ministre, par l’entremise du Ministère de la justice. C’est sur la base de ce rapport, a-t-il martelé, que 19 personnes dont des anciens Ministres et Premier ministre, des anciens chefs d’état-major, des hauts gradés de l’armée et cadres administratifs du Ministère de la Défense ont été inculpés et détenus et non détenus. Pour ceux qui avaient quitté le pays des mandats d’arrêt internationaux ont été émis contre eux. Si nul n’est au-dessus de la loi, nul n’est également censé ignorer la loi et que la présomption d’innocence doit être le crédo de toute accusation. Et pourtant l’impression qu’une certaine opinion se fait déjà et cela sur la base de ce rapport est que les accusés loin d’être innocents sont coupables. En tous les cas ce rapport est loin de contribuer à la manifestation de la vérité, il pourrait même être qualifié de rapport de vengeance, voire de la haine.
Le premier magistrat de la République va-t-il céder au son de Clarion des revanchards tapis à Koulouba ?
Si aucun républicain ne s’accommoderait de la corruption et du détournement des deniers publics, il est également du devoir de tout citoyen de dénoncer les abus quand ils sont dirigés vers des cadres qui ont donné tout à la nation. Certains accusés ne devraient pas figurer sur la liste des accusés car les faits reprochés sont soit antérieurs ou postérieurs à leur prise de service au département des finances. C’est pourquoi il faudrait lancer un appel pressant au premier magistrat de la République, en l’occurrence le Président de la Transition pour qu’il fasse preuve de prudence et de discernement. A la justice de faire preuve de rigueur pour n’est pas condamner des innocents et laisser libres les vrais coupables. Pour ce faire la justice doit aller au-delà du rapport désormais controversé de la Conseillère du Président de la Transition, pour mener des enquêtes approfondies et transparentes afin de contribuer à la manifestation de la vérité, rien que la vérité.
En somme la lutte contre la corruption doit sans nul doute être inscrite en lettre d’or dans le cahier des priorités des autorités de la transition, c’est pourquoi nul ne doit être épargné, mais à ne pas confondre lutte contre la corruption à la chasse aux sorcières contre les anciens dignitaires du régime déchu d’IBK.