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Mali / Affaire Paramount – Embraer : Le cas Mamadou Igor Diarra à l’épreuve du nouveau code de procédure pénale.
Publié le mardi 6 janvier 2026  |  L'Alternance
Conférence
© aBamako.com par momo
Conférence de presse
Bamako le 10 avril le Ministre des finances Français Michel Sapin et Mamadou Igor Diarra ont animés une conférence de presse à l’hôtel Radisson
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La reprise du procès sur le dossier dit « Paramount – Embraer », relatif à l’acquisition d’équipements militaires pour les Forces armées maliennes, marque une étape majeure dans la mise en œuvre du nouveau Code de procédure pénale (CPP) du Mali.

Parmi les personnes poursuivies figure Mamadou Igor DIARRA, ancien ministre de l’Économie et des Finances, cité dans une procédure désormais conduite sous un cadre procédural rénové.

Un dossier ancien, une procédure nouvelle

Les faits reprochés remontent à 2014–2015, période au cours de laquelle l’État malien a conclu plusieurs marchés d’armement, notamment avec la société sud-africaine Paramount Group, pour un montant global estimé à plusieurs dizaines de milliards de francs CFA.

Toutefois, la poursuite judiciaire engagée aujourd’hui obéit exclusivement aux règles du nouveau CPP, entré en vigueur après la réforme profonde de la procédure pénale malienne.

Compétence juridictionnelle clairement établie

Conformément au nouveau Code, l’affaire est instruite et jugée par le Pôle national économique et financier, juridiction spécialisée compétente pour les infractions complexes liées aux finances publiques, à la corruption et aux atteintes aux biens de l’État.

Le nouveau CPP renforce : la spécialisation des magistrats, la collégialité des décisions, et la traçabilité des actes de procédure.

Statut procédural de Mamadou Igor DIARRA

Dans ce cadre, Mamadou Igor DIARRA est poursuivi en qualité d’inculpé, notamment pour : atteinte aux biens publics, faux et usage de faux, complicité, infractions prévues par le Code pénal, mais mises en mouvement selon les règles du nouveau CPP.

Le Code garantit à l’intéressé : la présomption d’innocence, le droit à la défense, l’assistance d’un conseil, et le principe du contradictoire, y compris en cas de poursuites engagées en son absence.

Procédure en l’absence de l’accusé.

Le nouveau CPP encadre strictement les situations où un inculpé se trouve hors du territoire national. Ainsi : la juridiction peut constater l’absence, ordonner, le cas échéant, des mandats d’arrêt, y compris internationaux, et poursuivre la procédure sans jugement définitif, tant que les conditions légales de comparution ne sont pas réunies.

Cette approche vise à éviter l’impunité, tout en respectant les droits fondamentaux de la défense.

Rupture avec l’ancienne pratique

Contrairement à l’ancien Code, le nouveau CPP : limite les procédures excessivement longues, encadre plus strictement la détention provisoire, renforce le contrôle du juge sur l’enquête, et impose une motivation plus rigoureuse des décisions judiciaires.

Dans l’affaire Paramount, cela se traduit par une instruction structurée, des audiences publiques et une meilleure lisibilité pour l’opinion nationale.

Un procès à forte portée institutionnelle.

Au-delà du cas personnel de Mamadou Igor DIARRA, ce dossier constitue un test grandeur nature du nouveau Code de procédure pénale, dans une affaire mêlant : finances publiques, défense nationale, anciens hauts responsables de l’État. Il s’inscrit dans une dynamique de redevabilité des gestionnaires publics, sans préjuger de l’issue judiciaire.

En définitive, L’affaire Paramount, examinée à la lumière du nouveau CPP, illustre la volonté des autorités judiciaires maliennes de rompre avec les pratiques procédurales du passé, en garantissant à la fois l’efficacité de la poursuite pénale et le respect des droits fondamentaux. Mamadou Igor DIARRA demeure, à ce stade, un inculpé présumé innocent, jusqu’à toute décision définitive rendue par une juridiction compétente.



Mohamed Abdéramane SOGODOGO.

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