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Les soliloques d’Angèle : L’argent de l’Etat, du contribuable ou du voleur ?
Publié le mardi 6 janvier 2026  |  Mali Tribune
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Non ! Ce n’est pas le titre d’un roman. C’est une question que certainement beaucoup de personnes se posent.

L’argent de l’État ne tombe ni du ciel, ni de ressources invisibles. Il provient essentiellement de la richesse créée par la société (ménages et entreprises) à travers le travail, la production, la consommation et l’impôt.

Chaque franc payé par un citoyen est un acte de confiance envers l’État, fondé sur l’idée que cet argent servira l’intérêt général. Lorsque cette confiance est trahie par la corruption et le détournement, les conséquences sont profondes et durables.

En Afrique, plusieurs affaires emblématiques ont illustré l’ampleur parfois vertigineuse des détournements de fonds publics. Des fonds, détournés via des contrats publics, placés sur des comptes offshore, qui privent la population d’investissements essentiels en santé, en éducation et en infrastructures ; des fonds difficilement restituables après des années de procédures judiciaires parfois. Les pays sont ainsi entraînés dans une crise économique majeure, avec de possibles suspensions de l’aide internationale, des ONG qui jettent l’éponge, et une dégradation brutale des conditions de vie de la population.

Chaque détournement massif se traduit concrètement par des hôpitaux sans équipements, des écoles surpeuplées, des routes inachevées et une pression fiscale accrue sur des citoyens déjà fragilisés. Pour le contribuable, la corruption est une double injustice : il paie, mais ne reçoit pas en retour les services publics qui lui sont dus.

Au-delà des montants spectaculaires, la corruption détruit le contrat social. Elle décourage le civisme fiscal, affaiblit la confiance dans les institutions et freine l’investissement. L’économie, qui repose sur un cercle vertueux ; la société produit, l’État prélève et redistribue ; se transforme alors en cercle de méfiance et de pauvreté.

Lutter contre le détournement des fonds publics n’est ni un luxe ni un simple slogan politique. Cela repose avant tout sur des procédures claires : qui autorise la dépense, qui paie, qui contrôle ? Une même personne ne doit jamais demander, valider, payer et justifier une dépense. Aucune dépense ne devrait être effectuée sans preuve (facture, reçu, bon de commande ou rapport d’exécution). La numérisation documentaire, même minimale, crée une mémoire qui dissuade les abus et facilite les contrôles, de même réduire la paperasse à l’air de la digitalisation peut s’avérer salutaire.

Des vérifications simples mais régulières — rapprochements caisse-banque, contrôle des stocks, revues aléatoires de dépenses — réduisent fortement les tentations. La transparence est tout aussi essentielle : afficher les budgets, les montants reçus et les réalisations permet de comparer les promesses aux résultats. Des mécanismes d’alerte sécurisés doivent être prévus, et les abus sanctionnés sans complaisance, car l’impunité nourrit la répétition. Enfin, la formation à l’éthique et l’exemplarité des responsables restent des leviers décisifs : lorsque le chef respecte les règles et rend compte, les dérives diminuent durablement.

Lutter contre le détournement des fonds publics est une exigence fondamentale pour protéger l’argent des contribuables, restaurer la crédibilité de l’État et garantir que chaque impôt payé serve réellement au développement et au bien-être collectif, c’est le rôle de chacun.

Parce que c’est notre Mali.


Muriel Jules

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