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3e édition de la Semaine du numérique : Bamako entre ambitions d’e-gouvernement et défis de l’intelligence artificielle
Publié le jeudi 8 janvier 2026  |  aBamako.com
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© aBamako.com par DR
3e édition de la Semaine du numérique : Bamako entre ambitions d’e-gouvernement et défis de l’intelligence artificielle
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Du 29 au 31 janvier 2026, la capitale malienne, Bamako, abritera la troisième édition de la Semaine du numérique, un rendez-vous dédié au e-gouvernement et aux enjeux de l’intelligence artificielle dans le champ culturel et administratif. L’événement se veut un espace de réflexion stratégique sur la modernisation de l’action publique à l’heure des technologies émergentes.

L’annonce officielle a été faite le 6 janvier par le ministre de la Communication, de l’Économie numérique et de la Modernisation de l’administration, dans un contexte marqué par le renforcement de la coopération numérique au sein de l’Alliance des États du Sahel (AES).

Initialement rattachée à l’exercice 2025, cette troisième édition est programmée exceptionnellement en janvier 2026, à la suite d’un réaménagement du calendrier institutionnel, dû à la forte concentration des activités officielles en fin d’année. Portée par le ministère en charge du Numérique, la Semaine du numérique ambitionne d’ouvrir un cadre de dialogue inclusif autour de la digitalisation de l’administration et de l’intégration des outils numériques dans les politiques publiques.

Le thème retenu, axé sur le e-gouvernement à l’ère de l’intelligence artificielle, reflète la volonté des autorités de positionner le numérique comme un levier de transformation de l’État, tout en interrogeant sa capacité réelle à répondre aux besoins des citoyens.

Cette dynamique se heurte toutefois à une réalité nationale marquée par un accès encore limité aux technologies numériques. Selon les données les plus récentes, environ 8,9 millions de Maliens utilisaient Internet fin 2025, soit près de 35 % de la population. Autrement dit, près des deux tiers des habitants restent exclus de l’espace numérique, une contrainte majeure pour le déploiement efficace des services publics dématérialisés.

Les usages numériques demeurent également modestes sur les plateformes sociales, avec environ 2,4 millions d’identités actives, représentant moins de 10 % de la population. Cette faible pénétration interroge la capacité des dispositifs de e-gouvernement à toucher les citoyens, notamment en milieu rural, où persistent des défis liés aux infrastructures, aux coûts d’accès et à la formation.

Sur le plan international, le Mali figure parmi les pays à faible niveau de développement du e-gouvernement. D’après l’Enquête des Nations unies sur l’e-gouvernement publiée en 2024, le pays occupait le 173e rang sur 193 États, avec un indice estimé à environ 0,30. Ces indicateurs traduisent des progrès encore limités en matière d’intégration, d’accessibilité et d’usage des services publics en ligne.

L’introduction de l’intelligence artificielle (IA) dans les politiques publiques suscite à la fois espoirs et réserves. Si les autorités mettent en avant des gains potentiels en efficacité administrative, en gestion des données publiques et en valorisation du patrimoine culturel, plusieurs enjeux demeurent sensibles : protection des données personnelles, transparence des systèmes automatisés et capacités locales de maîtrise technologique.

Le Mali dispose d’un cadre juridique relatif à la protection des données, mais son application effective continue de faire débat parmi les acteurs du numérique et les organisations de la société civile.

Au-delà du cadre national, la Semaine du numérique s’inscrit dans une dynamique régionale impulsée par l’Alliance des États du Sahel. Les pays membres cherchent à renforcer leur coopération numérique, à travers le partage d’expériences, la mutualisation des compétences et l’élaboration de solutions adaptées aux réalités économiques, sociales et sécuritaires de l’espace sahélien.

L’événement réunira responsables publics, experts, universitaires, entrepreneurs et représentants de la société civile. Les débats attendus porteront aussi bien sur les orientations stratégiques que sur les contraintes opérationnelles, notamment les infrastructures, la formation des ressources humaines et le financement des projets numériques.

Dans un contexte national marqué par des défis économiques et sécuritaires persistants, la 3e Semaine du numérique apparaît ainsi comme un test de cohérence entre ambitions politiques et réalités du terrain, à l’heure où le numérique est présenté comme un pilier de la modernisation de l’État malien.


KM

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