Le Mali franchit une nouvelle étape dans sa réforme de la gouvernance locale. Le mercredi 7 janvier 2026, les autorités de Transition ont adopté deux décrets majeurs élargissant les compétences des collectivités territoriales en matière d’assainissement, de lutte contre les pollutions et de gestion des ressources forestières et fauniques.
Réunis en session ordinaire au Palais de Koulouba, sous la présidence du chef de l’État de transition, le général d’armée Assimi Goïta, les membres du Conseil des ministres ont validé ces textes qui s’inscrivent dans une réorganisation administrative de fond engagée depuis 2023.
Les décrets précisent la répartition des compétences entre communes, régions et District de Bamako dans des domaines jusqu’ici largement pilotés par l’administration centrale. Il s’agit notamment de la gestion des déchets, de la prévention et de la lutte contre les nuisances et pollutions, ainsi que de la protection des forêts et de la faune.
L’État central conserve un rôle clé d’appui technique, de conseil et de coordination, à travers les services du ministère en charge de l’Environnement, afin d’accompagner les collectivités dans l’exercice de leurs nouvelles attributions.
Ces mesures découlent directement de la loi du 13 mars 2023, qui a supprimé le niveau intermédiaire du « cercle », obligeant les autorités à revoir l’ensemble du cadre juridique de la décentralisation pour l’adapter à la nouvelle organisation territoriale.
Engagée depuis les années 1990, la décentralisation malienne connaît ainsi un nouvel ajustement, que les autorités présentent comme un moyen de clarifier les responsabilités locales et de rapprocher la gestion environnementale des populations.
Si l’objectif affiché est d’améliorer l’efficacité des politiques environnementales à l’échelle locale, la question des ressources financières et techniques demeure centrale. De nombreuses collectivités restent confrontées à des contraintes budgétaires qui pourraient freiner l’application effective de ces compétences.
Des expériences similaires, en Afrique comme ailleurs, montrent toutefois que la décentralisation peut renforcer la gouvernance environnementale lorsqu’elle est accompagnée de moyens adéquats. Au Mali, cette réforme est suivie de près par les partenaires techniques et financiers, dans un contexte où la gestion durable des ressources naturelles est étroitement liée au développement local et à la stabilité dans la région sahélienne.
Les autorités assurent que la mise en œuvre se fera de manière progressive, sur la base d’une coordination étroite entre l’État et les collectivités, afin de garantir l’effectivité de cette nouvelle étape de la décentralisation environnementale.