Les langues commencent véritablement à se délier et les fervents, voire aveugles soutiens des autorités de la transitions semblent devenir des opposants déguisés. Certains commencent à reconnaitre l’évidence. En effet, comme pour se faire bonne conscience ils s’expriment à visages découverts et tirent sans cesse la sonnette d’alarme pour non seulement dénoncer la délicate situation socio sécuritaire, mais aussi et surtout dire aux autorités qu’il urge de parer au plus pressé afin de trouver des solutions durables aux questions existentielles. Ils poussent désormais l’audace jusqu’au bout en critiquant sans sourciller et en dénonçant sans ambages les tares de la gouvernance .En effet, face à l’insuffisance des solutions appropriées proposées par les autorités pour la résolution des différentes crises, le rang des mécontents et autres blasés de la République ne fait que grossir et la colère monte d’un cran. C’est ainsi que les maliens, dans leur écrasante majorité tirent la sonnette d’alarme en demandant que des solutions urgentes soient trouvées à la crise socio-sécuritaire avant qu’il soit trop tard.
En effet, il ne fait l’ombre d’aucun doute que face à l’exacerbation de la crise socio sécuritaire dont les conséquences sont sans commune mesure dans l’histoire récente du Mali, le peuple commence à perdre espoir et la résilience tant vantée commence à se muer en résignation ou fatalité. Le peuple est désormais, dans son écrasante majorité, balloté entre consternation et colère noire et est sérieusement atteint par le désespoir, car pour lui il a consenti d’énormes sacrifices et a été résilient, malgré tout il peine à voir le bout du tunnel, au point que l’espoir suscité par les autorités commence à se muer en colère noire face à une aggravation inquiétante de la situation. Ainsi de la gravissime crise énergétique avec des heures de desserte variant entre 12- 6- pour n’être qu’à 3 heures par jour, est venue se greffer celle du carburant où les stations sont quasiment à sec. Jamais le Mali n’a fait l’objet, en 66 ans d’indépendance, d’une telle catastrophe socio-sécuritaire touchant tous les fondements de la République. Les légitimes questions que tout bon citoyen est en droit de se poser sont celles de savoir si le vaillant et résilient peuple malien mérite un tel sort et quelles en sont les causes afin de proposer solutions alternatives?
Ne dit-on pas que chaque peuple a le dirigeant qu’il mérite ? Ce qui arrive au peuple malien semble être le fruit de son comportement et surtout de la légèreté de son élite, qu’elle soit politique, socio- professionnelle et économico-financière ou encore militaro-religieuse. Cette élite, dans une hypocrisie aberrante, s’est accommodée, si elle n’est d’ailleurs pas partie prenante, voire conceptrice, de l’imposture, de la falsification de l’histoire et de la violation flagrante de tous les principes qui régissent la République. L’élite, par son manque d’audace et sa fourberie, est sans nul doute la responsable tout trouvée, voire la cause principale de l’effondrement du pays. En effet, par son attitude irresponsable, immorale et peu orthodoxe, l’élite s’est non seulement rendue coupable de tous les maux qui gangrènent la société malienne, mais aussi et surtout de la mauvaise gouvernance, cause principale de l’effondrement du Mali. La mauvaise gouvernance et son lot de corruption, de népotisme, de clientélisme, est sans nul doute le fléau qui désagrège notre société. Aujourd’hui face au chaos engendré par la gouvernance actuelle, elle-même conséquence de la fourberie de l’élite, les autorités n’ont trouvé autre réponse à proposer aux maliens que mépris, indifférence, répression ou simplement silence.
En somme, la crise socio-sécuritaire que vit le Mali ne connaitra son épilogue que quand les autorités actuelles s’engagent résolument dans la voie du dialogue et du rassemblement de toutes les maliennes et de tous les maliens autour du pays. Toute autre voie serait superfétatoire, infructueuse, inopportune voire suicidaire
Youssouf Sissoko
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