Au soir du mardi 6 janvier 2025, le Gouvernement a invité l'opérateur routier à reprendre ses activités après des soupçons de complicité avec les terroristes du JNIM.
Au bout d’une suspension en vigueur depuis le 22 octobre 2025, en effet, le département des transports maliens vient d’autoriser à nouveau la compagnie de transport routier international à réouvrir et à reprendre ses activités, selon plusieurs sources proches de sa direction générale. Une décision qui tombe après plus de 2 mois de pause forcée dans un contexte où les assauts terroristes contre les cars du groupe et le carburant étaient légion. Tout serait parti de l'annonce des activités, qui coïncidait à l'époque avec la déclaration des groupes djihadistes le même jour. Une confusion que le gouvernement ne pouvait admettre, au risque de cautionner la coexistence d’une double autorité et de véhiculer dans l'opinion que le problème sécuritaire peut se résoudre par un deal direct avec les groupes terroristes.
C’est en tout cas la considération ayant prévalu à la tutelle de Diarra Transports, surtout que les djihadistes, qui coupent les axes de desserte en carburant, avaient clairement fait état d’un accord avec la compagnie Diarra Transports pour l’observance de leurs conditions dont le port du voile pour les femmes et la séparation des genres pendant les voyages. De quoi donner l’impression d’une complicité entre elle et les mouvements armés actifs sur les différents trajets, au détriment des pouvoirs en place. Diarra Transports était depuis condamnée à approcher l’Etat avant toute décision de reprise pour tracer ensemble la marche à suivre malgré les difficultés.
Entre temps, beaucoup d’eau a coulé sous le pont. La psychose a perdu du terrain ainsi que les vidéos virales sur le blocus des axes routiers de ravitaillement du pays en carburant et l’armée semble avoir repris du poil de la bête avec un maillage important dans la région de Sikasso et Bougouni, frontalière de la Côte d'Ivoire. Diarra Transport débute donc ses activités dans un contexte où les concurrents de Noor Transport et Sonef ont pris une importante longueur d'avance.