Le financement public des partis politiques est certes temporairement mort suite à leur dissolution et l'abrogation de la charte qui le consacre, mais sa disparition ou suspension n'exonère nullement les autorités de leurs responsabilités antérieures, de même que la dissolution n'a pas exempté les formations politiques d'un audit des ressources déjà consommées. Après le bouclage de ladite vérification par un rapport de la Section des comptes, la polémique enfle à bas-bruit sur la rétention de l'aide aux formations politiques plusieurs années durant, en violation des dispositions légales y afférentes. Avant l'abrogation de la Charte, en effet, le financement sur quatre années budgétaires environ était en souffrance au mépris des textes en vertu desquels 0,25% des recettes fiscales sont annuellement répartis entre les partis politiques éligibles selon des critères de représentativité et de conformité à leur utilité publique. En tant que dépense régulièrement budgétisée chaque année dont la provenance est clairement identifiée, l'exécution des ressources inscrites pour le compte des partis politiques est également passible de contrôle par la Section des comptes au même titre que la gestion comptable des partis politiques récemment audités. Les pouvoirs, à travers la tutelle, n'ont cependant jamais répondu de la destination desdites affectations budgétaires et on ne saura peut-être jamais l'utilisation qui en a été faite pendant les années de leur rétention jalonnées d'autant de lois de règlement budgétaire validées par la même Cour suprême. Idem pour l'aide publique aux organes de presse que les animateurs et responsables de médias n'ont de cesse de réclamer sans succès depuis l'avènement de la transition