La contribution des femmes à l’instauration d’une paix durable était au cœur d’une journée de débat organisée le 3 janvier 2026 à Bamako par la Cellule Genre et Développement du Mali (CELGED-Mali).
Organisée au restaurant « Le Rocher » (N’Tominkorobougou sur l’ancienne route de Kati), la rencontre a réuni vingt-cinq jeunes femmes et hommes engagés dans les initiatives de paix, venus échanger, apprendre et questionner les mécanismes actuels de gouvernance et de sécurité.
Dans un contexte national marqué par des défis sécuritaires persistants, la CELGED-Mali a voulu remettre en lumière un fait souvent reconnu mais encore insuffisamment traduit dans les pratiques : la paix ne se construit pas sans les femmes ! Médiatrices de proximité, actrices communautaires, porteuses de dialogue et de cohésion sociale, elles jouent un rôle déterminant dans la prévention des conflits et la reconstruction du tissu social, mais restent encore largement sous-représentées dans les espaces de décision.
Les discussions ont largement porté sur « l’Agenda Femmes, Paix et Sécurité » fondé sur la Résolution 1325 du Conseil de sécurité des Nations unies. Celle-ci reconnaît, depuis 2000, le rôle central des femmes dans les processus de paix. Le Mali, à l’instar d’autres pays touchés par les conflits, s’est doté dès 2012 d’un Plan d'action national pour sa mise en œuvre. Toutefois, malgré les avancées enregistrées, des écarts de compréhension et d’appropriation persistent, notamment chez les jeunes et les organisations de base.
À travers des échanges interactifs et des supports visuels accessibles, les participantes et participants ont pu renforcer leur compréhension des droits des femmes en matière de participation politique, de gouvernance locale et de prise de décision, tout en identifiant les obstacles culturels, institutionnels, économiques ou sécuritaires qui freinent encore leur leadership. La journée a également été l’occasion de présenter le programme de formation diplômante en Genre et Développement, porté par l’IHEID de Genève, en partenariat avec l’IPD/AOS de Ouagadougou (Burkina Faso). Une expertise encore peu exploitée au Mali, alors même qu’elle pourrait renforcer considérablement les capacités des jeunes femmes engagées dans les dynamiques de paix.
Créée pour fédérer les alumnis de ces formations, la CELGED-Mali entend justement faire le lien entre savoir académique et réalités de terrain, afin que la connaissance produite serve concrètement les initiatives locales de prévention et de résolution des conflits. « Les facilitatrices ont été à la hauteur et tout le monde a participé activement. Je crois qu’elles auront gain de cause parce que j’ai entendu de très bons témoignages. Ce qu’elles ont appris ici, elles pourront bien le restituer. L’attente, c’est précisément la restitution et le changement de comportement, à tous les niveaux », a souligné Mme Djénéba Haïdara, présidente du Collectif des femmes du Mali et trésorière de la CELGED-Mali.
Plus qu’un simple cadre de discussion, cette Journée de débat se voulait un point de départ ; un appel à mieux intégrer les femmes dans les mécanismes de gouvernance ; à reconnaître leur expertise ; et à créer des passerelles durables entre formation, action citoyenne et politiques publiques. Cela d’autant plus que, au Mali comme ailleurs, la paix durable ne se décrète pas. Elle se construit, patiemment, avec toutes les voix. Et celles des femmes comptent plus que jamais.