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Démissions en cascade à la Femafoot : Le football malien en pâtira à coup sûr ! N’y a-t-il pas un risque d’effet domino pour les autres fédérations ?
Publié le samedi 17 janvier 2026  |  Aujourd`hui
Passation
© aBamako.com par AS
Passation de service à la FEMAFOOT
Le Comité de Normalisation a passé le témoin au nouveau Comité Exécutif de la FEMAFOOT dirigé par Mamoutou Touré dit Bavieux, le lundi 09 Septembre 2019.
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Mardi 13 janvier 2025, dix (10) membres du comité exécutif de la Fédération malienne de football ont simultanément rendu leur tablier, s’il vous plaît. Et cela pour un motif lapidaire commun : "pour convenances personnelles".

Du coup, le Comex, composé de dix-neuf (19) membres, ne peut plus délibérer valablement. Autrement dit, plus de bureau fédéral légitime. Ce scénario, inattendu, plonge dans l’impasse le football malien à la recherche de ses repères d’antan depuis quelques années. Il freine la dynamique ascendante enclenchée ces six dernières années dans le cadre du développement de la discipline en termes de financement, d’équipements, d’infrastructures, de conditions de travail, de motivation. Aussi, ne va-t-il pas créer un précédent fâcheux et une sorte de contamination au niveau des autres fédérations ? Enfin, le football malien a-t-il besoin d’une telle crise aujourd’hui quand on sait que le comité exécutif est élu pour un mandat de 4 ans.

Ils ont pour noms : Général Bréhima Diabaté (Commission centrale en charge des ligues), Colonel Séga Sissoko (Commission centrale d’organisation), commissaire de police Amadou Oubanga Cissé (Commission centrale sécurité), Sékou Massiré Sylla (Commission centrale des jeunes), Ichaka Diakité (Commission centrale sponsoring, marketing et télévision), Dramane Danté (Commission centrale des arbitres), Mme Djilla Aïssata Diallo (Commission technique et développement), Abdoulaye Konaté (Commission centrale des médias), Lassana Kouma (Commission centrale Futsal et Beach Soccer) et Mohamed Séga Sissoko (Commission centrale des finances). Ils ont démissionné du bureau de la Fémafoot le même jour et dans les mêmes formes comme dans un formulaire à remplir. Grosso-modo, on peut lire : "J’ai l’honneur, par la présente, de déposer ma démission de membre du Comité exécutif de la Fédération malienne de football pour convenances personnelles".

Quelles sont les implications d’un tel acte ?

Ipso facto, le Comex ne peut plus siéger valablement sur la base des textes de la Fédération, la majorité absolue des membres ayant démissionné, soit 10 membres sur 19. Dans ce cas de figure, il est prévu que le secrétaire général de la Fémafoot convoque une assemblée générale extraordinaire. Mais, pour quel ordre du jour ? Ceci n’étant pas précisé, le secrétaire général se tourne vers la Fifa. Le patron de l’administration fédérale saisit, en effet, la Fédération internationale de football avec un compte-rendu détaillé de la situation qui prévaut.

L’instance dirigeante du football mondial statue alors sur l’avenir du football malien. Elle pourrait instruire l’application stricte de ce que les textes de la Fémafoot prévoient en pareille circonstance ou tout simplement la mise en place d’un Comité de normalisation (CoNor).

Pourquoi transporter nos problèmes internes hors
de nos frontières ?

Le football malien a-t-il besoin d’une telle crise aujourd’hui ? Une crise, à tous points de vue, savamment préméditée au vu de la cascade de démissions, du caractère quasi ridicule du motif (commun à tous ceux qui abandonnent le bateau) et de la qualité des démissionnaires (fonctionnaires, militaires, transitaire etc.).

Si c’est la prestation de l’équipe nationale qui a déclenché un tel complot contre la Fémafoot, pourquoi les mêmes causes ne produiraient-elles pas les mêmes effets, car, aussi bien à la Can-2023 en Côte d’Ivoire qu’à celle du Maroc en cours, les Aigles du Mali sont sortis en quarts de finale. Point de bruits assourdissants à l’endroit de la Fédération il y a deux ans. Alors, pourquoi deux poids, deux mesures ?

Quelle est la responsabilité de la Fédération par rapport à l’échec des Aigles du Mali à la Can ? Si c’est un échec sportif, c’est également un échec politique. Alors, les responsabilités doivent être situées plus haut. Au Burkina voisin, le ministre en charge des Sports a été limogé de ses fonctions et remplacé après l’élimination des Etalons. Et la mission du sélectionneur Bréma Traoré a été aussi remerciée.

De la même manière que l’instabilité politique est dommageable pour un pays (le Mali en sait assez, les Maliens aussi), l’instabilité sportive est nuisible pour une nation. Le Mali pourrait faire des années avant de se relever d’un éventuel bouleversement total au sein de son football.

Au-delà des résultats sportifs qui pourraient dégringoler à cause de cette crise, celle-ci peut tout aussi ternir les acquis et mettre un coup d’arrêt aux nombreux projets et chantiers du président Mamoutou Touré dit Bavieux depuis qu’il est à la tête du Comex de la Fémafoot.

Les clubs, toutes divisions confondues, les ligues, les joueurs, les supporters, les hommes de médias, le pays, tous bénéficient aujourd’hui des retombées du bilan de l’équipe de Bavieux Touré. Mais, hélas ! La convoitise et la méchanceté humaines sont en passe de réduire au néant toute cette embellie.

Que dire de l’effet boomerang sur les autres fédérations si quelqu’un peut se lever un jour et faire démissionner la majorité des membres d’une instance ?

C’est dire que les conséquences de la vague de démissions orchestrée à la Femafoot sont très graves pour l’avenir du football malien.

El Hadj A.B. HAIDARA
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