Le 14 janvier 2022, le Boulevard de l’Indépendance avait refusé du monde. Des milliers de Maliens y avaient pris part à un meeting géant en soutien aux autorités de la transition, alors confrontées aux sanctions de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao).
Un an plus tard, sous l’impulsion du Premier ministre d’alors, Choguel Kokalla Maïga, la date du 14 janvier est instituée Journée nationale de la Souveraineté retrouvée. Une date symbolique censée célébrer un Mali libre dans ses choix et affranchi de toute influence extérieure. Mais, au fil des années, cette journée ne perd-elle pas de son éclat ?
Avant-hier mercredi, le Mali a de nouveau célébré le 14 janvier. Une commémoration marquant, selon les autorités, l’affirmation d’une souveraineté pleinement assumée, loin de l’impérialisme, de l’Occident, de la France et surtout de la Cédéao. À ses débuts, cette date avait même été comparée, par certains, à celle du 22 septembre, fête de l’Indépendance.
Cette année toutefois, la célébration s’est déroulée dans une atmosphère jugée plus discrète. Contrairement aux années précédentes, où des manifestations étaient organisées dans plusieurs localités du pays et au sein de la diaspora, les activités se sont essentiellement limitées à un meeting au Stade Mamadou Konaté.
En parallèle, des leçons modèles sur la Journée de la Souveraineté retrouvée ont été dispensées dans les établissements scolaires à travers les différentes académies du pays. L’objectif, selon les responsables éducatifs, est d’expliquer le sens de cette journée aux élèves et de renforcer leur esprit patriotique.
Si certains jeunes estiment qu’il reste important de continuer à célébrer cette date, d’autres se montrent plus sceptiques. « Je ne sais pas comment parler de souveraineté alors que nous avons des difficultés dans presque tous les domaines : emploi, électricité, carburant, sécurité », confie un jeune leader ayant requis l’anonymat. Pour lui, « la vraie souveraineté commence par l’autosuffisance dans des secteurs clés ».
Autant de questionnements qui interrogent le sens et la portée réelle de cette journée. La souveraineté retrouvée, au-delà des symboles et des discours, peut-elle se mesurer à l’aune des réalités quotidiennes des Maliens ?