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Fédération Malienne de football : La saignée continue
Publié le dimanche 18 janvier 2026  |  Mali Tribune
Football:
© aBamako.com par mouhamar
Football: Premier point  de presse de Henry Kasperczak
Bamako, le 30 décembre 2013 (FEMAFOOT). Le nouvel entraîneur des Aigles, Henry Kasperczak, animera son premier point de presse ce lundi au siège de la Fédération malienne de football à partir de 12 h 00. En marge de cette cérémonie, se déroulera la remise d’équipements sportifs aux clubs de football féminin.
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La Fédération malienne de football traverse l’une des périodes les plus troubles de son histoire récente.
À la croisée des chemins, l’institution, censée incarner la stabilité, la performance et l’exemplarité dans la gestion du sport roi, semble aujourd’hui minée de l’intérieur, au point de compromettre durablement la crédibilité du football malien. Les signaux d’alerte sont désormais trop nombreux pour être ignorés.



Dès l’origine, le malaise était perceptible. Un président élu alors qu’il demeurait sous le coup de procédures judiciaires. Ce fait, à lui seul, a installé une zone grise institutionnelle. Non pas tant sur le plan juridique, mais sur le plan éthique et symbolique. Une fédération sportive nationale peut-elle se permettre de fonctionner durablement avec une direction fragilisée, contestée, et en permanence sur la défensive ?

Les audits internes, dont certaines conclusions ont fuité, n’ont fait qu’aggraver les inquiétudes. Failles dans la gestion, zones d’ombre dans les procédures financières, manque de traçabilité : autant d’éléments qui, sans même préjuger de responsabilités pénales, posent une question centrale de bonne gouvernance.

Pendant ce temps, sur le terrain, les Aigles du Mali paient le prix de cette instabilité chronique. Leur élimination lors de la dernière campagne continentale, quel qu’en soit le stade, a agi comme un révélateur brutal : une sélection nationale ne peut durablement performer lorsque l’institution faîtière est en crise permanente.

Le football de haut niveau exige sérénité, vision, cohérence technique et administrative. Or, l’environnement actuel est tout sauf propice à ces exigences. Les joueurs changent, les sélectionneurs passent, mais le mal est structurel.

L’annonce de démissions successives d’élus fédéraux vient confirmer que la rupture interne est consommée. Lorsqu’une équipe dirigeante commence à se déliter de l’intérieur, ce n’est plus un simple désaccord de personnes ; c’est un aveu d’échec collectif. Ces départs traduisent une perte de confiance, sinon dans l’homme, du moins dans la capacité du système actuel à se réformer de lui-même.

La Fédération malienne de football n’a plus le luxe du déni. Soit elle engage une refondation profonde de sa gouvernance, de sa crédibilité morale, soit elle continuera de s’enfoncer, entraînant avec elle tout un écosystème : clubs, arbitres, techniciens, joueurs, supporters.

Le football malien a trop donné à la fierté nationale pour être pris en otage par des querelles de leadership, des soupçons persistants et une gestion contestée. Il est temps de rappeler que la Fédération n’appartient ni à un homme, ni à un clan, mais à la nation sportive malienne.

La saignée continue, certes, mais elle peut encore être stoppée à condition que le courage politique et institutionnel prenne enfin le pas sur les intérêts personnels.


Alexis Kalambry

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