Accueil    MonKiosk.com    Sports    Business    News    Annonces    Femmes    Nécrologie    Publicité
NEWS
Comment

Accueil
News
Politique
Article
Politique

Ibrahim Boubacar Keïta : « L’histoire du Mali t’absoudra »
Publié le dimanche 18 janvier 2026  |  Mali Tribune
Condoléances
© aBamako.com par A.S
Condoléances du Président Ibrahim Boubacar KEITA à l’Ambassade de la République de Côte d’Ivoire au Mali
Bamako, le 13 mars 2016 Son Excellence Monsieur Ibrahim Boubacar KEITA, écrit dans le livre de condoléances ouvert à l’Ambassade de la République de Côte d’Ivoire au Mali, suite à l’attaque terroriste du 13 mars 2016 à Grand
Comment



« L’histoire m’absoudra. » La formule est entrée dans la postérité par la voix de Fidel Castro, au terme d’un plaidoyer devenu manifeste politique. Elle résonne aujourd’hui avec une singulière acuité lorsqu’il s’agit d’Ibrahim Boubacar Kéïta, ancien Président de la République du Mali, disparu le 16 janvier 2022, dans le silence et la dignité.


IBK n’a jamais plaidé sa cause. Il n’a ni écrit ses mémoires pour se justifier, ni multiplié les tribunes pour répondre à ses détracteurs. Jugé, condamné dans l’opinion, parfois sans nuance et souvent sans procès équitable, il a choisi le silence. Un silence lourd de sens, presque ascétique, résumé par une conviction qu’il n’a jamais reniée : « Seul le Mali compte. »

Qu’on l’ait aimé ou combattu, IBK a toujours incarné l’État. Dans sa posture, dans son langage, dans son rapport aux institutions, il se voulait dépositaire d’une certaine idée de la République. Il l’assumait, parfois jusqu’à l’excès, avec cette verticalité qui lui valut autant d’admirateurs que d’adversaires. IBK voulait un Mali debout, respecté, souverain dans ses choix et fier de son histoire. Il l’a dit. Il l’a revendiqué. Il l’a voulu grand.

Cette volonté, mal comprise à certains moments, est devenue l’un des paradoxes de son héritage : l’homme fut perçu comme distant alors qu’il se pensait au service d’un idéal supérieur. Il fut accusé d’arrogance quand il se voulait garant de la dignité de l’État.

IBK a gouverné dans un contexte d’une extrême complexité : crise sécuritaire profonde, pressions internationales, fractures sociales, attentes populaires immenses. Il a payé, souvent seul, le prix de cette équation impossible. L’homme a été attaqué, caricaturé, parfois réduit à des symboles qui ne rendaient pas justice à la profondeur de son parcours politique et intellectuel.

Et pourtant, jamais il ne s’est abaissé à régler des comptes. Jamais il n’a opposé la haine à la critique. Jamais il n’a placé son sort personnel au-dessus de celui du Mali.

Le legs d’un homme

À sa mort, le Mali ne perdait pas seulement un ancien président. Il perdait un symbole : celui d’une génération de dirigeants pour qui l’État n’était pas un slogan, mais une mission quasi sacrée. Comme dans ces vers de Rudyard Kipling, qu’IBK semblait incarner dans l’épreuve : « Si l’ami ni l’ennemi ne peuvent te corrompre ;

Si tout homme pour toi compte, mais nul par trop ;

Alors les Rois, les Dieux, la Chance et la Victoire

Seront à tout jamais tes esclaves soumis,

Et, ce qui vaut bien mieux que les Rois et la Gloire,

Tu seras un homme, mon fils ! »

L’histoire n’est ni indulgente ni cruelle : elle est patiente. Elle trie, elle décante, elle remet chaque homme à sa juste place. Les passions s’éteignent, les slogans se dissipent, et ne restent que les faits, les intentions et les actes.

IBK a servi le Mali à sa manière, avec ses forces et ses limites, mais avec une constance rare : placer la nation au-dessus de lui-même. C’est peut-être là, au-delà des polémiques et des rancœurs, que réside sa véritable absolution.

Oui, l’histoire du Mali finira par parler. Et peut-être dira-t-elle, simplement : Il fut un homme d’État. Il fut un serviteur du Mali.


Alexis Kalambry
Commentaires

Sondage
Nous suivre
Nos réseaux sociaux

Comment