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Journée de la souveraineté nationale : Quel sens pour les Maliens ?
Publié le dimanche 18 janvier 2026  |  Mali Tribune
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Le Mali a célébré, ce mercredi 14 janvier 2026, la 4ᵉ édition de la Journée nationale de la souveraineté retrouvée. Instituée pour marquer la volonté des autorités de réaffirmer l’indépendance du pays dans ses choix politiques, économiques et stratégiques, cette journée suscite des perceptions diverses au sein de l’opinion. Nous avons recueilli les réactions de citoyens et d’acteurs de la société sur la portée réelle de cette initiative.

Pour le Révérend Père Ivonick Dakoury Zoni, président de l’Université catholique de l’Afrique de l’Ouest – Unité universitaire à Bamako, la souveraineté n’est pas une notion nouvelle. « Tous les États sont, en principe, souverains ou devraient l’être. Cependant, l’Afrique reste fortement marquée par le néocolonialisme », analyse-t-il. À ses yeux, le Mali, à l’instar des autres pays de l’AÉS, cherche aujourd’hui à assumer pleinement cette souveraineté.

Selon lui, l’instauration d’une journée dédiée vise avant tout à clarifier l’idéal politique que l’État entend promouvoir : « Il s’agit de faire comprendre la vision selon laquelle le pays souhaite être gouverné, en toute indépendance. » Il voit dans cette commémoration un outil pédagogique, destiné à « éduquer les Maliens et tous ceux qui vivent sur le territoire au respect de la souveraineté de l’État », dans une dynamique collective orientée vers le développement national.

Sur le terrain, cette perception trouve un certain écho. Sékou Traoré, conducteur de moto, reconnaît des avancées, malgré un contexte encore difficile. « Tout n’est pas rose, mais aujourd’hui, les décisions ne sont plus dictées à nos autorités », estime-t-il, évoquant un regain d’autonomie dans la conduite des affaires publiques.

Un point de vue partagé par Kalifa Emmanuel Keïta, étudiant chercheur. Pour lui, la Journée de la souveraineté nationale est un rappel salutaire : « Il est grand temps que les Maliens comprennent que personne ne construira notre Maliba à notre place. »

Pour Matthieu Denou, instructeur de la jeunesse et des sports, la souveraineté ne saurait toutefois se limiter à un discours politique. Elle doit s’appuyer sur une autonomie réelle dans les secteurs stratégiques. « On ne peut pas parler de souveraineté tant que nous restons dépendants, notamment dans la défense, l’éducation et l’industrie », soutient-il. Il plaide pour la mise en place de systèmes nationaux solides, fondés sur la production locale d’armes, de médicaments, de véhicules, de vêtements et de chaussures. « La véritable souveraineté commence par ce que nous sommes capables de produire nous-mêmes », insiste-t-il.

Au regard de l’importance de cette journée, le Révérend Père Ivonick Dakoury Zoni appelle néanmoins à renforcer la communication institutionnelle. « Tout le monde ne connaît pas encore le contenu ni la finalité de cette journée », regrette-t-il, exhortant l’État et les structures concernées à mieux informer afin que le message atteigne l’ensemble de la population.

À travers ces témoignages, la Journée de la souveraineté nationale retrouvée apparaît comme un symbole fort pour une frange significative des Maliens. Si certains soulignent la nécessité d’une communication plus inclusive, d’autres insistent sur l’urgence de l’autonomie économique et industrielle. Tous convergent toutefois vers une même conviction : la souveraineté repose avant tout sur la conscience collective, l’engagement citoyen et la volonté commune de bâtir un Mali autonome, responsable et maître de son destin.



Souaré Coulibaly

(stagiaire)
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