Ce 17 janvier 2026 sera marqué en lettres d’or dans les annales de l’histoire récente de la Guinée Conakry. Cette date est sans nul doute le début d’une nouvelle ère et la fin de l’isolement diplomatique dont faisait l’objet le pays de Sékou Touré. En effet, après plus de quatre ans de transition consécutive à la rupture constitutionnelle, la Guinée vient d’intégrer ce samedi 17 janvier 2026 le cercle vertueux des Etats démocratiques avec l’investiture du ¨Président démocratiquement élu par le peuple guinéen, à savoir Mamadi Doumbouya. Rien qu’à en juger par la présence des chefs d’Etats de l’Afrique et des personnalités venues un peu partout à travers le monde, l’on pourrait affirmer sans risque de se tromper que la Guinée est de retour dans le large cercle des Etats fréquentables. Ils étaient là, ceux qui par leur présence donnent une seconde légitimité internationale à un Président élu par son peuple : Paul Kagamé Président du Rwanda, Bassirou Diomaye Faye, Président de la République du Sénégal, Assimi Goita, Président de la Transition du Mali, Adama Barrow, Président de la Gambie, Mohamed Ould Ghazouani, Président de la Mauritanie, Brice Oligui Nguema, Président du Gabon, Julius Maada Bio, Président de la Sierra Leone, Joseph Boakai, Président du Liberia. A ces chefs d’Etats il faudrait ajouter les vice-présidents de la Chine, du Nigéria, de la Guinée Equatoriale et du Ghana. En plus de ces personnalités il faut noter la Présence de la Présidente du Senat de la Côte d’Ivoire, du Président de la Chambre des représentants du Maroc, du Président de l’Assemblée nationale du Togo, et des premiers ministres de la Guinée Bissau et de l’union des Comores. La France était représentée par la Ministre déléguée à la Francophonie, les Etats Unis par le sous-secrétaire d’Etat chargé de l’Afrique, le Benin et le Burkina Faso par leurs ministres des Affaires étrangères, l’Egypte par son vice-ministre des Affaires Etrangères et le Portugal par son envoyée spéciale pour l’Afrique.
Avec cette pléiade des personnalités venues du monde entier l’on peut affirmer que Guinea is back on the international political scene. Ces belles images ne doivent-elles pas inspirer les trois chefs d’Etat de l’AES ? Elles sont un message fort adressé à tous ceux qui veulent gouverner par la force des armes en lieu et place de la volonté du peuple. Ces images prouvent à suffisance qu’il n y a pas d’alternative crédible et pérenne à la démocratie, qui est l’expression de la volonté populaire, en d’autres termes c’est le pouvoir du peuple, par le peuple et pour le peuple. Si le Burkina Faso et le Niger ont été représentés à la cérémonie d’investiture par leurs ministres, le Mali, par contre était représenté par son Président de la transition, le Général Assimi Goita. La présence du numéro 1 malien pourrait- il s’expliquer par les relations de bon voisinage ou une certaine prise de conscience ? Certainement les deux, car la Guinée et le Mali ont des liens séculaires profonds. Les deux pays partagent un pan important de l’histoire du manding et de l’empire du Mali, Ils partagent également la même culture et des intérêts réciproques. La présence du Président de la Transition du Mali pourrait également être interprétée comme une certaine prise de conscience en se rendant à l’évidence que le Mali ne pourrait pas rester dans cette situation d’exception, d’isolement diplomatique et des fragilités institutionnelles et qu’il aura besoin d’un nouveau souffle. C’est pourquoi il est allé s’inspirer de l’exemple guinéen d’une transition réussie et d’un retour à l’ordre constitutionnel normal. Ainsi s’inspirant de l’exemple guinéen, le Général Assimi Goita doit convaincre ses pairs de l’AES de la nécessité de sortir de cet état de fait pour revenir dans le giron de la République, celle qui marche sur la base des principes édictés par la Constitution, elle-même émanation du peuple souverain. La Guinée redevient fréquentable et attire déjà les gros investisseurs.
En somme, l’investiture du nouveau Président démocratiquement élu de la Guinée, en l’occurrence Mamadi Doumbouya, ouvre des nouvelles perspectives pour ce pays considéré comme un scandale géologique.
Youssouf Sissoko
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